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Allemagne : 4 questions pour comprendre les résultats des législatives

DÉCRYPTAGE - Quelle alliance pour diriger l'Allemagne ? Qui sera le prochain chancelier ? Comment sera formé le nouveau gouvernement ? Quand Merkel quittera-t-elle le pouvoir ? RTL vous aide à comprendre la situation politique en Allemagne, au lendemain des législatives.

Le Bundestag, à Berlin, le 27 septembre 2021
Le Bundestag, à Berlin, le 27 septembre 2021
Crédit : Tobias Schwarz / AFP
Thomas Pierre

En Allemagne, au lendemain des législatives serrées, on ne sait toujours pas qui succèdera à Angela Merkel. Certes, les socio-démocrates du SPD sont arrivés légèrement en tête, mais le jeu des coalitions pourraient permettre aux conservateurs de la CDU de gouverner. Les négociations entre les parties ont commencé, et elles pourraient prendre des semaines. 


Berlin, qui entre ainsi dans une phase d'incertitude, pourrait donc s'inscrire aux abonnés absents sur la scène internationale pendant de longs mois. Une telle période d'immobilisme inquiète déjà des partenaires européens qui craignent que le Vieux continent se marginalise un peu plus sur le plan géopolitique face aux rivalités entre États-Unis, Chine et Russie.


Lundi, le chef de file des sociaux-démocrates, Olaf Scholz, a ainsi tenu a rassurer sur le fait que l'Allemagne était politiquement "stable", malgré les négociations qui qui s'annoncent délicates. "Vous devriez savoir que l'Allemagne a toujours eu des coalitions et a toujours été stable", a dit le ministre des Finances sortant. 

Quelle alliance pour diriger l'Allemagne ?

Les tractations entre les partis politiques allemands pour mettre sur pied un exécutif ont débuté dès lundi. Un gouvernement à trois mené soit par les sociaux démocrates (SPD) arrivés en tête, soit par les chrétiens démocrates (CDU), en partenariat avec les Verts et les libéraux du FDP, est l'option la plus probable.

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Mais il y a dans chaque parti "des enjeux programmatiques assez forts, qui vont poser problème", commente Paul Maurice, chercheur au Comité d'études franco-allemandes de l'IFRI. "Le plus gros point de blocage, ce sera l'incompatibilité des programmes" entre Verts et FDP, prédit-il. 

La question budgétaire, la hausse du salaire minimum, la transition énergétique, ou la politique étrangère, devraient constituer les principaux points d'achoppement. Les Verts se sont par exemple clairement prononcés contre le gazoduc Nord Stream, reliant l'Allemagne et la Russie, alors que le SPD l'a soutenu.

Qui sera le prochain chancelier ?

Les sociaux démocrates du SPD ont remporté les législatives avec 25.7% des suffrages, contre 24.1% aux conservateurs de la CDU. Mais le résultat est tellement serré que les deux candidats Olaf Scholz (SPD) et Armin Laschet (CDU) revendiquent tous les deux le droit de former le nouveau gouvernement. Les Verts arrivés troisième, détiennent sans doute la clé.

Le mieux placé pour diriger l'Allemagne semble à l'heure actuelle Olaf Scholz. Vice-chancelier et grand argentier du gouvernement, le très modéré social-démocrate s'est présenté comme le "prochain chancelier" dès les premières estimations. Si le succès du SDP se confirme, Olaf Scholz aura adopté une stratégie gagnante: se présenter, avec une image de compétence, comme le véritable héritier d'Angela Merkel. 

De son côté, le parti chrétien-démocrate CDU, tombé à son plus bas historique, a "besoin de renouveau", a admis lundi son candidat, Armin Laschet. Le parti d'Angela Merkel est toutefois prêt à entamer des négociations avec les libéraux du FDP et les Verts pour tenter de former le prochain gouvernement, a ajouté ce potentiel futur chancelier, estimant même qu'"aucun parti", pas même le SPD, n'avait obtenu de mandat clair "pour gouverner".

Comment sera formé le nouveau gouvernement ?

Mais résultats peuvent être trompeurs pour savoir qui sera le futur chancelier allemand, car ce dernier est choisi par les députés du Bundestag. Pour élire leur assemblée parlementaire, les Allemands votent deux fois. Une fois pour un représentant local, qui siégera d'office au Bundestag. 299 sièges sont octroyés de droit selon ces résultats au niveau des circonscriptions. 

Le deuxième vote ne concerne pas un candidat en particulier, mais un parti. Le reste des 299 places est octroyé proportionnellement, selon les résultats obtenus sur ce deuxième scrutin. Si un parti n'atteint pas la barre de 5%, il ne peut pas accéder à la représentation nationale. En principe, le Bundestag comporte donc 598 sièges. Mais si les résultats locaux ne reflètent pas le vote national, des élus sont rajoutés aux partis sous-représentés pour compenser ce déséquilibre.

Cette compensation pourrait donc être décisive dans la formation à venir d'une coalition. La représentation étant proportionnelle, il n'est jamais arrivé qu'un parti parvienne, seul, à obtenir la majorité des sièges au Bundestag. Pour gouverner, il faut donc former une coalition. 

Quand Merkel quittera-t-elle le pouvoir ?

Au regard de ces éléments, les négociations en Allemagne peuvent durer pendant des semaines avant de pouvoir dégager une coalition. En attendant la chancelière annoncée sur le départ après 16 ans au pouvoir devra assurer l'intérim. 

En 2005, trois semaines de négociations avaient été nécessaires pour voir le social-démocrate Gerhard Schröder démissionner de son poste et permettre à Angela Merkel de devenir la première femme chancelière. Jusqu'à l'entrée en fonction de son successeur qui sera élu par les députés du Bundestag, Angela Merkel devra donc expédier les affaires courantes, peut-être jusqu'à Noël. 

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