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Législatives en Allemagne : qui sont les favoris pour succéder à Angela Merkel ?

ÉCLAIRAGE - Le social-démocrate Olaf Scholz et le conservateur Armin Laschet sont donnés favoris à la succession d'Angela Merkel.

Affiches de campagne du vice-chancelier Olaf Scholz (à gauche), candidat du Parti social-démocrate (SPD) et d’Armin Laschet, candidat l'Union chrétienne-démocrate conservatrice (CDU).
Affiches de campagne du vice-chancelier Olaf Scholz (à gauche), candidat du Parti social-démocrate (SPD) et d’Armin Laschet, candidat l'Union chrétienne-démocrate conservatrice (CDU).
Crédit : THOMAS KIENZLE / AFP
Thomas Pierre & AFP

Qui pour succéder à Angela Merkel ? À moins d'une semaine des législatives allemandes (26 septembre), deux hommes font la course en tête. À gauche, l'expérimenté mais peu charismatique ministre des Finances Olaf Scholz, à droite, l'impopulaire conservateur Armin Laschet. Sauf coup de théâtre, l'un des deux dirigera très prochainement l'Allemagne. 

Les deux hommes ont toutefois un point commun : apparaître comme l'héritier d'Angela Merkel qui se retirera après 16 ans de règne. Le premier car il s'efforce, un peu en trompe l'œil, de reprendre à son compte l'image de fiabilité et de modération de la chancelière. Le second, car il dirige son parti conservateur. 

Dimanche, lors du dernier grand débat télévisé des trois principaux candidats, c'est Olaf Scholz qui s'est affirmé comme le favori dans cette succession. Le ministre des Finances et vice-chancelier social-démocrate a été désigné par 42% vainqueur de cette joute l'opposant à Armin Laschet, et l'écologiste Annalena Baerbock, selon un sondage. 

Olaf Scholz, austère grand argentier

Sans grand charisme mais rassurant, Olaf Scholz avait déjà remporté les deux précédents débats télévisés, se posant en gestionnaire expérimenté et posé. Qualifié d'incarnation de "l'ennui en politique" par le Spiegel, celui qu'on a surnommé "scholzomat" pour ses phrases débitées d'une voix de robot, a toutefois ressuscité en quelques mois un parti social-démocrate (SPD) donné moribond. 

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Également vice-chancelier du gouvernement de coalition d'Angela Merkel, cet homme de 63 ans, réfléchi et pointilleux, a fait un parcours presque sans faute, cultivant habilement ses similarités (sobriété, compétence technique) avec la toujours très populaire Angela Merkel. Comme elle, le natif d'Osnabrück, au nord-ouest de l'Allemagne, goûte peu les grands discours et les visions politiques, si chères au SPD.

Comme elle également, il est un pragmatique, qui depuis 2018 a veillé au strict maintien d'une gestion financière rigoureuse en Allemagne en tant que ministre des Finances, conformément à son crédo "on ne dépense que ce que l'on a". Entré au SPD à l'âge de 17 ans, il a flirté au début avec les idéaux de gauche avant d'emprunter une voix plus centriste, ce qui l'a un temps marginalisé dans sa formation.

Seules ombres au tableau, les affaires. Olaf Scholz a été éclaboussé par le scandale Cum-ex, une fraude sur les dividendes de plusieurs milliards d'euros du temps où il dirigeait Hambourg de 2011 à 2018, sans que son implication n'ait toutefois pu être établie. Lundi, le favori s'est ainsi présenté à une audition parlementaire à haut risque politique pour lui. Il a du se justifier sur la non-transmission à la justice, par des fonctionnaires de son ministère, d'éléments concernant une opération présumée de blanchiment d'argent.

Armin Laschet, l'héritier mal-aimé

Face à lui, Armin Laschet est auteur d'une performance dont il se serait bien passé:  faire dégringoler l'Union chrétienne-démocrate (CDU) et son parti frère bavarois CSU à un niveau historiquement bas de 20% des intentions de vote dans les sondages à quelques semaines d'un scrutin national.

Ce dirigeant de la Rhénanie du Nord-Westphalie, région la plus peuplée d'Allemagne, n'a jamais été très aimé. Cela ne s'est pas arrangé pendant la campagne, où il a de accumulé les bévues, dont un embarrassant fou rire filmé lors d'une cérémonie d'hommage aux victimes des crues meurtrières de juillet. De surcroît dans son propre Land.

Fervent catholique, il est issu d'une famille modeste. Mineur à l'origine, son père a réussi à se reconvertir dans l'enseignement. Celui qui aime à souligner son admiration pour l'empereur Charlemagne s'illustre néanmoins par des louvoiements dans ses prises de position ou un manque de détermination en temps de crise, qui font régulièrement douter de sa capacité à devenir chancelier.

Souvent donné battu, l'ancien journaliste a néanmoins surpris par son âpreté dans le combat, parvenant à décrocher la présidence de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), puis à arracher la candidature de droite à la chancellerie. En juillet, il avait invité ses rivaux à ne pas le sous-testimer: "beaucoup se sont en tous les cas trompés".

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