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La Poste : et si l'État reprenait la main sur le courrier ?

La distribution du courrier par La Poste s'est effondrée de 18% en 2020. Le patron du groupe demande à l'État de compenser les pertes.

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Crise économique à La Poste : si l'État reprenait la main sur le courrier ? Crédit Image : PHILIPPE HUGUEN / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Martial You édité par Gaétan Trillat

2020, année noire pour la Poste : le groupe a vu son activité de distribution du courrier perdre 18% en un an et s’adresse désormais à l’État. Voulez-vous que La Poste devienne la SNCF ? Voilà en substance ce que dit la direction du groupe. Autrement dit, une société qui perd de l'argent tous les ans et qu'il faut renflouer massivement un beau jour à grand coup de milliards. Le courrier représente moins de 20% de l'activité de La Poste aujourd'hui, c'était 70% il y a 30 ans.
  
La Poste est un drôle d'animal économique. C'est une entreprise privée mais avec des missions de service public qui lui sont imposées par l'État. Elles sont quatre : la distribution de la presse sur tout le territoire, la présence sur l'ensemble du territoire avec 17.000 bureaux de poste, l'accessibilité bancaire qui permet à tous les Français, même les plus modestes, d'avoir un compte bancaire et enfin le service universel du courrier : le facteur qui passe 6 jours sur 7 devant chaque boîte aux lettres. Or ces "4 fantastiques" de La Poste perdent tous de l'argent et le patron du groupe dit aujourd'hui à l'État : si vous voulez qu'on continue, il va falloir compenser et financer ces activités. 

Un milliard de pertes par an ?

 Car le déclin du courrier est irrémédiable. Avant 2008, il perdait 1% par an. En 2008, crise des subprimes oblige, les entreprises ont fait des économies et l'activité courrier (qui est à 85% portée par les entreprises) a chuté de 6%. Elle est restée sur ce rythme ensuite, tout simplement parce que les entreprises ont développé les mails. L'an dernier, nouvelle crise, nouvelles habitudes aussi des entreprises et la chute a été de 18%, du jamais vu. Personne ne sait si on reviendra en arrière. À La Poste, on s'attend à perdre un milliard par an sur le courrier désormais. On demande donc un soutien public pour passer six jours sur sept, sachant qu'avec la population qui augmente et les divorces, il y a chaque année 300.000 à 400.000 boîtes aux lettres de plus. Dans ces conditions, difficile de faire des économies. 

En bonne logique libérale et face au conglomérat que représente La Poste, on pourrait se dire que si elle perd sur une activité, elle a les moyens de gagner de l'argent ailleurs et d'équilibrer ses comptes, notamment grâce au boom du e-commerce. Sauf que sur l'activité "courrier", on est face à un marché qui meurt. La question de fond est : faut-il que l'État renfloue d'un côté tout en digitalisant notre économie de l'autre ? La Poste deviendrait alors les charbonnages de France.

Le "quoi qu'il en coûte" doit-il servir à payer des activités qui ne se relèveront jamais ? Ou bien faut-il accepter la fin de la distribution du courrier 6 jours sur 7 en moins de 48 heures ? En réalité, c'est de la politique. Mais quand on touche à La Poste, on touche au patrimoine, à une certaine idée de la France éternelle, du lien social aussi. Il ne faut pas que la fin de la fourgonnette jaune ne réveille la France des gilets jaunes.

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