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Aviation : 2021, une nouvelle année catastrophique pour le secteur aérien ?

Non seulement, la pandémie continue à clouer le secteur aérien au sol, mais surtout la course à la vaccination est en train de créer un monde du voyage à deux vitesses.

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Le secteur aérien peine a décoller sauf pour les vaccinés Crédit Image : Cole Burston / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Martial You édité par Thomas Pierre

Les professionnels de l'aérien espéraient redécoller en 2021. Finalement, ils ont revu leurs ambitions à la baisse mercredi. On est en train de passer de "PNC aux portes" qu'on entend avant le décollage ("PNC, c'est le Personnel Navigant") à PVC aux portes de l'avion : "Passeport, Vaccin et Certificat".

Non seulement, le virus continue à clouer le secteur aérien au sol comme un malade à son lit d'hôpital mais surtout la course à la vaccination est en train de créer un monde du voyage à deux vitesses, entre ceux qui sont vaccinés et qui voyagent et les autres. Le problème, c'est que les Français pour l'instant sont dans le groupe "des autres".

Alors c'est vrai qu'on avait l'impression que les voyages étaient un peu repartis au moment des vacances de Noël. C'est ce qui rendait les professionnels un peu plus optimistes, surtout avec le début des campagnes vaccinales un peu partout.

Mais, finalement, l'émergence des variants anglais, sud-africains et autres a douché cet enthousiasme car les réservations depuis janvier sont en baisse et les professionnels misent tout maintenant sur les vacances d'été. Ils ont déjà fait une croix sur les congés de printemps.

Une nouvelle année morose

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Cela veut-il dire qu'on pourrait avoir une activité dans l'aérien au même niveau que l'an dernier ? Dans les chiffres oui, dans la physionomie de la courbe, non. Et c'est très important, vous allez le voir. Il faut savoir d'où on vient : 60% à 70% de trafic en moins en 2020 par rapport à 2019, 120 milliards de dollars de pertes pour le secteur.

L'activité a chuté sur toute l'année 2020. L'espoir, c'est que l'avion redécolle mais très doucement sur 2021 pour retrouver un rythme de croisière en 2019. Mais, à la fin 2021, on pourrait encore être à 30-40% du niveau normal. Difficile pour les compagnies de tenir encore une année de plus comme ça. 

L'Etat négocie en ce moment un nouveau montant d'aides pour Air France par exemple. On ne sait pas non plus comment repartira la "classe affaires" car les entreprises vont faire des économies sur les transports en avion. Le modèle économique va devoir être revu : la "Business" c'est 5,4% des sièges d'un avion, un tiers du chiffre d'affaires des compagnies et jusqu'à 80% de la marge.

Le monde des vaccinés

Mais surtout, on est en train de voir apparaitre le monde des vaccinés qui peut voyager et celui des non vaccinés qui regarde les avions passer. En Angleterre, EasyJet annonce une explosion des réservations de vols depuis quelques jours par exemple. C'est bien simple, parti comme c'est : cet été, on risque d'avoir des Israéliens ou des Anglais en vacances aux quatre coins du monde et les pays vont se battre pour les accueillir tandis que les Français devront réserver dans l'Hexagone.

Boris Johnson a commencé à vacciner sa population avant les autres. Aujourd'hui, il y a cinq fois plus de personnes qui ont reçu la première injection en Grande-Bretagne qu'en France et le Premier ministre a indiqué qu'on pourrait voyager à partir du 17 mai. Dans la foulée, Easyjet a enregistré un bond de 630% des réservations de vols avec hébergement. Des pays très touristiques comme l'Espagne, l'Italie, la Grèce se battent maintenant pour qu'il y ait un passeport vaccinal.

En bref, l'énorme trou de l'assurance-chomage

Le gouvernement va recevoir les syndicats la semaine prochaine pour parler de la réforme de l'UNEDIC l'assurance-chômage... Ils sont tous opposés à un changement où les allocations baisseraient plus vite pour les demandeurs d'emploi. En tout cas, la facture Covid-19 est salée : on évalue l'impact à 39 milliards d'ici 2022.

La note : 10/20 à la SNCF

Le montant des pertes en 2020 s'élève à 3 milliards d'euros, plombé par la vache à lait TGV. La SNCF décroche quand même la moyenne car c'est finalement un peu moins que ce qu'on craignait mais ça va obliger l'Etat à renflouer. C'est quand même difficile pour la compagnie de s'extraire de la tutelle de l'Etat.

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Aviation Compagnie aérienne Année 2021
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