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Coronavirus : quel avenir pour La Poste ?

ÉDITO - Alors que le prix du timbre augmente encore, le volume des courriers chute et le nombre de colis progresse, la Poste va devoir accélérer sa transformation pour s’adapter.

La Poste : une boîte aux lettres
La Poste : une boîte aux lettres
Crédit : AFP
Coronavirus : quel avenir pour La Poste ?
03:59
Coronavirus : quel avenir pour La Poste ?
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Anaïs Bouissou - édité par Sylvain Zimmermann

Dès ce vendredi 1er janvier, envoyer une lettre va vous couter plus cher. Le prix d'un timbre vert franchit la barre de l'euro symbolique : 1,08 euros. Est-ce qu’un courrier ne serait pas en train de devenir un produit de luxe ? Si ! Figurez-vous qu'un carnet de 10 timbres, c’est le prix d’une douzaine d'huitres ! C'est plus cher qu’une tranche de foie gras. Effectivement, à ce prix-là, envoyer une carte postale va commencer à devenir un événement.

Va-t-on envoyer de moins en moins de courrier ? Les tarifs n'arrangent rien. La baisse de l'envoi de courriers, c’était déjà une tendance ces dernières années, ce n’est pas nouveau. En 10 ans, le nombre de lettres envoyées a déjà été divisé par 2. Mais l'année 2020 a encore accéléré les choses. Rien que pour cette année, la Poste s'attend à une baisse monumentale : - 2 milliards de courriers envoyés. C'est quasiment 20% de lettres en moins. 

Et en plus de prix prohibitif, c’est l’effet Covid. Les entreprises à l’arrêt n'ont quasiment pas échangé de courriers. Les envois papier, à l'administration, ont été encore moins fréquents, avec les déclarations d'impôts numériques et les mails à la sécu. Pour ce qui est de la carte postale aux petits enfants ou aux grands parents, les envois entre particuliers représentent seulement 3% des courriers transmis. En réalité, quand vous prenez l'habitude d'envoyer des mails, vous ne revenez plus à la case courrier. La Covid a amplifié le phénomène.

La Poste est-elle en danger ?

La chute des envois postaux pourrait s’accélérer encore dans les 5 ans qui viennent. Est-ce que ça veut dire que la Poste est en danger ? En danger non. Ça veut dire que la Poste va être dans le rouge cette année, ça c’est sûr. C’est une première. Ça veut dire aussi que d'ici 10 ans, les plus jeunes ne vont peut-être même plus savoir comment écrire une adresse sur une enveloppe. L'envoi de courrier sera sûrement résiduel.

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En revanche, le groupe La Poste en tant que tel, n’est pas en danger de mort. Il va devoir, tout simplement, s'adapter. C’est ce que le PDG Philippe Wahl dit dans une interview aux Échos : "Quand un service public perd d'un coup 1 milliard d’euros, - c'est la situation de 2020 -, il faut en redessiner les contours".

L'avenir de la Poste passe par la diversification

Alors quel est l'avenir de la Poste ? Déjà il y a l'envoi des colis et le développement du e-commerce. C’est moins rentable que le courrier, il y a plus de concurrence, mais ça reste une activité en progression. La semaine dernière au moment de Noël, la Poste a quand même traité jusqu'à 4 millions de colis par jour. Ensuite, la Poste compte sur son activité de banque et d'assurance.

Troisièmement, on le sait peu, mais le groupe français s’est largement développé au niveau international. La Poste a racheté des filiales de livraisons de colis, en Italie, en Espagne, un peu partout dans le monde. Ça fonctionne plutôt bien. Et enfin, il y a ce qu'on appelle la diversification, c'est-à-dire, utiliser la tournée du facteur pour proposer tout un tas d’autres services. Des paniers repas, des livraisons de médicaments, de l'aide aux personnes âgées par exemple.

Le métier de postier se restructure

Alors se diversifier, c’est intéressant, ça permet à la Poste d’évoluer, à condition, de ne pas s’y perdre en proposant tout et n’importe quoi. Mais toutes ces transformations, est-ce qu’elles ne risquent pas de se faire au détriment des bureaux de poste ? Au détriment des salariés ?

Il est certain que tous les départs à la retraite ne sont pas remplacés. Chaque année c’est 2 à 3.000 postiers en moins. Les non remplacements vont encore s’accélérer cette année, au vu des résultats financiers. Et le nombre de bureaux de postes classiques, historiques, va encore diminuer, en partie transformés en points de contacts en mairie.

Côté direction, on explique qu'il n'y aura pas de licenciements, que les conditions de travail ne seront pas dégradées, mais évidemment les syndicats s’en inquiètent. C'est en fait, là aussi une tendance qui s’accélère, un métier de postier qui se restructure, des services numériques, moins de contacts physiques. Est-ce qu’on a tous à y gagner, comme le dit la formule, oui certainement, car cette transformation du service public, l'adaptation aux nouveaux usages, semble être la seule solution pour que La Poste s'assure vraiment un avenir à long terme.

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