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Coronavirus : "Le retour à l’économie normale ne sera pas si simple", dit Lenglet

ÉDITO - Ce mardi marque la deuxième étape du déconfinement français et tous les espoirs de fortifier la reprise économique reposent sur la consommation des ménages.

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Coronavirus : "Le retour à l'économie normale ne sera pas si simple", selon François Lenglet Crédit Image : PHILIPPE HUGUEN / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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François Lenglet édité par William Vuillez

La consommation des ménages pèse pour plus de la moitié de l’activité, autant dire qu’il est vital que les français retrouvent le chemin des magasins, masqués ou non. Conscient de cette nécessité, l’État multiplie les primes, les chèques, les incitations. Prime automobile bien sûr, annoncée la semaine dernière. Mais aussi, plus saugrenue, relève le Figaro, une prime à la réparation d’un vélo, de 50 euros, qui a déclenché immédiatement une revendication des réparateurs automobiles pour obtenir le même dispositif.

Ou encore un projet de chèque de déconfinement, pour le député de la majorité Stanislas Guérini. Ou encore un chèque écologique, pour Geoffroy Roux de Bézieux, patron du Medef. Pour ne pas parler des projets des émetteurs de chèque restaurant, qui aimeraient bien qu’on étende et utilise leur production, financée par l’État, aux 67 millions de Français. Une sorte de fureur de la subvention, dissimulée sous les dehors flatteurs du patriotisme économique, ou plutôt consommateur.
Concernant le redémarrage de l'activité, les Français ont accumulé, par la contrainte, plus de 55 milliards d’euros d’épargne supplémentaires, parce qu’ils n’ont pas pu dépenser beaucoup pendant le confinement. De l’argent, il y en a. Pas partout, il faut certainement aider les ménages modestes. Mais au-delà, ça se discute. Après avoir soutenu massivement les entreprises, les producteurs de biens et de services, l’État s’installe désormais du côté des consommateurs. Il subventionne à la fois la production et la demande, il est devenu l’acteur économique non plus seulement principal, mais unique, avec son carnet de chèque qui est assorti d’une autorisation de découvert qui s’évalue en centaines de milliards d’euros.

Des dispositifs propres à la France ?

La France raffine, avec des dispositifs complexes, toujours assortis d’exceptions. La prime à la pompe à vélo, il fallait y penser. Mais le mécanisme de transfert d’argent est utilisé ailleurs. Aux États-Unis, le gouvernement vient d’envoyer un chèque de 1.200 dollars aux contribuables, avec le même objectif. Et c’est pareil au Japon. Partout dans le monde, les États sont devenus les succursales de la banque centrale, pour distribuer aux entreprises et aux citoyens l’argent qu’elle fabrique. Et les États dévorent peu à peu l’ensemble de l’économie, en se substituant à tous les acteurs.


Ne nous trompons pas, le retour à l’économie normale ne sera pas si simple. C’est le problème de tous ces mécanismes : on s’y habitue. Et dès lors qu’ils disparaissent, l’économie retombe. On est donc contraint de les relancer et de les développer. Ce qui condamne l’économie à vivre de façon artificielle, avec l’aide de la pompe à finances de la banque centrale. Voilà déjà plus de dix ans que c’est ainsi, à cause des effets de la crise de 2009. Au point que selon deux chercheurs économistes, il y aurait dans nos pays près de 20% d’entreprises "zombies", des mort-vivantes, qui ne subsisteraient pas sans les politiques de soutien exceptionnelles.

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L’épidémie nous fait franchir une nouvelle étape sur cette route sans retour. À terme, c’est toujours plus de dettes et toujours moins de croissance, comme au Japon, qui a aujourd’hui une dette de 250% du PIB, deux fois la nôtre. Pour connaître le futur économique de l’Europe, il faut traverser l’océan et de se rendre dans l’Archipel nippon.

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