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Hong Kong : "La Chine rompt ses promesses", selon François Lenglet

ÉDITO - La protestation à Hong Kong est à nouveau intense pour lutter contre la volonté de la Chine de prendre des mesures strictes, voire autoritaires.

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Hong Kong : "La Chine rompt ses promesses", selon François Lenglet Crédit Image : Anthony WALLACE / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Jérémy Billault

La crise à Hong Kong s'envenime, et menace le statut économique exceptionnel de la presqu'île. Jeudi 28 mai, quatre gouvernements (le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et les Etats-Unis) ont pris une initiative tout à fait inhabituelle en publiant une déclaration commune pour critiquer le passage en force de mesures de contrôles à Hong Kong par la Chine. 

Le gouvernement britannique a même décidé d'accorder une sorte d'asile aux 300.000 hongkongais qui disposent d'un passeport britannique, alors que Donald Trump, le président américain, menace de supprimer le régime commercial favorable dont bénéficie le petit territoire de Chine du Sud

Car Pékin compte désormais punir le "séparatisme, le terrorisme et l'ingérence étrangère", noms de code utilisés par la propagande chinoise pour désigner les récentes manifestations pro-démocratie. L'insulte à l'hymne national chinois serait aussi punie de trois ans de prison. Et la police secrète de Pékin pourrait opérer librement.

Le projet de loi devrait être voté la semaine prochaine, en contradiction totale avec les engagements que Pékin avait pris en 1997, lorsque le Royaume-Uni lui a rétrocédé ce qui était alors une colonie britannique. À l'époque, Pékin avait promis de ne pas toucher au système politique et judiciaire pendant cinquante ans, donc jusqu'en 2047, de façon à préserver le dynamisme de ce centre financier et commercial de premier plan en Asie. 

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Les Chinois décident de rompre avec cet engagement pour deux raisons. D'abord, Hong Kong ne représente plus le même intérêt stratégique qu'en 1997. À l'époque, l'ex-colonie britannique comptait pour 15% du PIB chinois. Ça n'est que 3% aujourd'hui et l'expertise financière de Shanghai a largement rattrapé celle de Hong Kong. 

La désinhibition du nationalisme chinois

Ensuite, et c'est beaucoup plus inquiétant, la Chine ne cherche plus à se présenter comme un pays paisible, depuis l'épidémie de Covid qui a envenimé ses relations avec l'Occident, et en particulier avec les Etats-Unis. La guerre froide est déclarée, donc Pékin montre son vrai visage, celui d'une dictature sans scrupules. 

La désinhibition du nationalisme chinois est le phénomène géopolitique clé des prochaines années. Il faut s'attendre à des actes de guerre dans la zone d'influence chinoise, la mer de Chine et bien sûr à Taiwan, la petite île nationaliste que Pékin veut annexer et qui est aujourd'hui protégée par les États-Unis

Face cette menace croissante, heureusement qu'il y a Trump et les Britanniques. Car l'Europe, comme d'habitude, est mutique et divisée. Les Allemands ne veulent pas critiquer la Chine, par peur de ne plus vendre de voitures là-bas. Quant aux Français, spécialistes mondiaux de la leçon sur les droits de l'homme, pas un mot.

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