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Coronavirus : le point sur l'activité économique deux mois après le déconfinement

ÉDITO - La crise économique devrait entraîner une chute de 9% de la croissance économique en 2020 : contre-coup du confinement qui a fragilisé bon nombre de secteurs, notamment dans le tourisme, l'aérien ou la restauration.

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Coronavirus : le point sur l'activité économique deux mois après le déconfinement Crédit Image : CLEMENT MAHOUDEAU / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Martial You édité par Florise Vaubien

L'Insee vient de publier son point de conjoncture sur l'activité économique à la fin du deuxième trimestre qui donne une idée de notre santé économique à l'issue du confinement. C'est l'encéphalogramme du coronavirus et de ses conséquences puisque ce chiffre couvre l'ensemble de la période de confinement et les premières semaines de reprise d'activité.

Initialement, on attendait une chute de 15% de la croissance sur le deuxième trimestre, et de 11% ou 12% sur l'ensemble de l'année. Mais l'Insee nous annonce que cette chute de croissance sera de 9% seulement sur 2020. Vous savez qu'on aime bien en économie utiliser des images pour décrire la façon dont on sort d'une crise et la façon dont on rebondit. Je dirais qu'il faut s'attendre à une courbe en forme de "racine carré". Le gouverneur de la Banque de France est plus poétique que moi, il parle d'une courbe en forme d'aile d'oiseau.
 
Autrement dit, une très forte chute : -9% sur l'année 2020 de notre croissance, puis un fort rebond : +7% environ et ensuite un plateau, long, avec une croissance molle un peu comme celle qu'on connaissait depuis 2012.

Des secteurs de l'économie qui repartent plus vite que prévu ?

Mais il faut bien distinguer ce qui est de l'ordre du rattrapage de ce qui ne s'est pas passé pendant trois mois et ce qui est de l'ordre du redémarrage pur et dur. L'automobile est repartie sur des niveaux supérieurs en juin par rapport à l'an dernier : +1,2% sur le neuf et +27,6% sur l'occasion.

Là, c'est un rattrapage et un effet d'aubaine car il y a des promotions et des primes pour vider les 400.000 véhicules en stock chez les constructeurs. L'épargne (près de 100 milliards en 3 mois) accumulée par les Français pendant le confinement est utilisée sur ce type d'achat. Mais, on achète un véhicule neuf ou récent pour plusieurs années et on aura sans doute un contre-coup d'ici deux ans

Le bâtiment est reparti très vite

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Plus de neuf chantiers sur dix qui ont repris depuis la fin des mesures de confinement. Mais là aussi, il s'agit d'un rattrapage de commandes qui ont été mises sur pause pendant le confinement. Les professionnels expliquent que les mesures sanitaires leur coûtent cher et qu'ils peinent à signer de nouveaux devis.
 
Il y a aussi sans doute une petite posture stratégique dans le discours des chefs d'entreprises et des responsables de branches professionnels : ils ont besoin des prêts garantis de l'État et des allègements de charges. Il ne faut donc pas dire que l'économie repart trop vite et qu'on est en bonne santé. 

En revanche, on sait quand même que l'activité va repartir très lentement dans le tourisme, l'aérien, la restauration, surtout si on commence à reparler de deuxième vague, de reconfinement. On sait que la deuxième vague de l'épidémie en économie, ce sera sur le front de l'emploi. Et là, les prochains mois risquent d'être très difficiles.

Il y a encore de gros plans sociaux à craindre ?

Il s'agira plutôt des plans de départs volontaires : on les appelle comme on veut mais cette stratégie implique une réduction des effectifs qui risque de tomber après la parenthèse estivale, au moment où les feuilles d'automne et le moral chuteront. Parenthèse estivale et parenthèse confinement qui nous ont un peu protégés pendant trois mois.
 
Par ailleurs, le cabinet Altares publie ce mercredi 8 juillet son baromètre sur les faillites au deuxième trimestre. On a enregistré 10.000 défaillances de moins que l'an dernier. En d'autres termes, notre économie était cryogénisée et vitrifiée pendant le confinement.
 
Mais quand on regarde de plus près les chiffres, on constate que les faillites ont bondi de 33% pour les entreprises de plus de 100 salariés. Ce ne sont pas les plus nombreuses en France mais ces grosses PME vont aussi fragiliser des plus petites entreprises sous-traitantes. 100.000 entreprises ont moins d'un mois de trésorerie devant elles aujourd'hui : elles sont donc fragiles.

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