3 min de lecture Remaniement ministériel

Remaniement : qui est Alain Griset, syndicaliste devenu ministre des PME ?

ÉDITO - Dans les nouvelles têtes entrées au gouvernement, Alain Griset a hérité du ministère des PME. Un domaine que connaît bien ce désormais ex-syndicaliste qui était jusqu'alors à la tête d'un syndicat patronal regroupant artisans et indépendants.l'angle

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Remaniement : qui est Alain Griset, syndicaliste devenu ministre des PME ? Crédit Image : LUDOVIC MARIN / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Martial You édité par Sarah Rozenbaum

Un des nouveaux visages du gouvernement, à Bercy est Alain Griset qui hérite des PME. Il présidait jusqu'ici l'U2P, le syndicat patronal qui regroupe les artisans et les indépendants. Ce n'est pas si fréquent sous la Ve République qu'un syndicaliste en poste, qui participe aux négociations sociales, devienne ministre.Ce n'est pas anodin non plus que ce soit un représentant patronal à Bercy qui s'occupe des PME.
 
C'est arrivé trois fois qu'un patron de centrale prenne un maroquin ministériel. Et ces individus n'ont pas vraiment marqué l'histoire. André Henry dirigeait la FEN, la Fédération des instituteurs et il est devenu en 1981, dans le gouvernement Mauroy, le seul et unique "Ministre du Temps Libre" de l'histoire de la Ve. Il avait peu de moyens et pas vraiment de compétence mais on lui doit quand même les "chèques vacances".

En 1986, dans le gouvernement Chirac, François Guillaume passe directement de la tête de la FNSEA au ministère de l'Agriculture. Cette nomination est moins surprenante car même si le syndicat agricole n'aime pas qu'on dise ça, cette nomination a, au moins le mérite de la transparence, puisqu'en général le ministre de l'Agriculture est adoubé par la FNSEA. Le vrai ministre de l'Agriculture de cette époque reste pourtant Chirac dans les faits et on gardera de François Guillaume l'annonce que la France est épargnée par le nuage de Tchernobyl.

Finalement, le seul qui a réussi à marquer un peu plus son ministère, c'est Jacques Chérèque qui a travaillé sur la reconversion du bassin minier en Lorraine après avoir été numéro 2 de la CFDT. Mais il s'est passé 10 ans entre sa sortie de la CFDT et son entrée dans le gouvernement Rocard en 1988.

Devenir ministre est risqué pour un syndicaliste

Alain Griset avait une liberté de parole, il exigeait des moyens pour les petites entreprises ou pour l'artisanat. Il va maintenant être noyé dans la machine de Bercy avec des arbitrages budgétaires qui n'iront pas forcément vers les PME ou les TPE quand il va falloir sauver des géants comme Airbus, Air France, Renault, Nokia à grands coups de milliards. Le principal risque, c'est que les plus déçus soient justement les anciens compagnons de lutte.

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Maintenant, le bilan des ministres des PME dans le passé n'est pas mauvais : Madelin et la retraite des indépendants, Novelli et les auto-entrepreneurs, Dutreil et l'investissement dans les PME. On peut critiquer les mesures mais elles ont le mérite de faire bouger les lignes.
 
Alain Griset comme ministre délégué aux PME, est un message fort en direction des partenaires sociaux. Le "nouveau chemin" dessiné par Emmanuel Macron avec ce gouvernement place aux responsabilités des spécialistes du dialogue social : Castex, son directeur de cabinet Revel et maintenant l'ancien président d'un syndicat patronal avec Griset. 

Le message est limpide : on remet les territoires et les corps intermédiaires au cœur de la machine gouvernementale. D'ailleurs, hier soir, les autres patrons de syndicats réservaient plutôt un accueil bienveillant à Alain Griset.

Les PME essentielles à l'économie française

Un ministère pour les PME va être décisif dans les prochains mois. Alain Griset, est l'homme des artisans taxis, des indépendants, des petits commerçants et les prochains mois seront très durs pour eux.
 
Les PME, c'est plus de 9 entreprises sur 10 en France. La majorité de ces entreprises comptent moins de 20 salariés. Les faillites, ce sont des morts en silence.
Mais souvenons-nous qu'en 2012 après la dernière crise, la CAPEB, qui représente les petits patrons du bâtiment, avait calculé que 40.000 emplois avaient été détruits. L'équivalent de 4 usines PSA d'Aulnay dont la fermeture faisait la Une à l'époque. Mais on ne s'en rendait pas compte. Alain Griset va devoir faire entendre leurs voix.
 
Et finalement, il est aussi un peu le symbole d'une Macronie qui évolue... Un peu moins "startup nation" et un peu plus "économie réelle".

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