2 min de lecture Solidarité

Coronavirus : une association au secours des chefs d’entreprises en faillite

Arrêt de l’activité, confinement... Certaines PME ont subit de plein fouet la crise du coronavirus et ne s’en relèvent pas. L’association "60 000 rebonds" propose coaching et soutien psychologique aux entrepreneurs au bord de la rupture.

Julien Sellier RTL Petit Matin Julien Sellier iTunes RSS
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Coronavirus : une association au secours des chefs d'entreprises en faillite Crédit Image : Hugo Amelin | Crédit Média : RTL | Date :
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Hugo Amelin édité par Pierre Jarnoux

La Covid-19 a eu raison de ses Margherita. Après deux mois et demi de fermeture forcée, Cyril, 39 ans, va devoir placer sa pizzeria en liquidation judiciaire à la rentrée et licencier ses dix salariés. "Du jour au lendemain, on nous dit 'vous fermez'. Qu’est-ce qu’on va dire aux salariés ? Mentalement, moralement, physiquement, on n’est pas bien, on paye les frais d’une situation que l’on ne peut pas maîtriser. On a une grosse boule à l’estomac, ça joue sur la santé. Cette situation, personne ne l’avait vu venir. Certains entrepreneurs se demandent comment subvenir aux besoins de leur famille, d’autres pensent au suicide. Il faut absolument se projeter rapidement dans un autre projet, sinon les conséquences peuvent être dramatiques", témoigne-t-il.

Alors que les salariés qui perdent leur travail peuvent s’appuyer sur un conseiller pôle emploi et surtout les indemnités de salaire qui leur sont versées, il n’existe aucun dispositif similaire pour les entrepreneurs. Angoisse, isolement, honte s’ajoutent à la précarité financière. C'est le combat de l’association "60.000 rebonds" qui aide 700 chefs d’entreprise en difficulté par an

Stéphanie Dommartin est la Présidente de la section dans le Sud : "Quand ils arrivent, ils sont déjà épuisés, car ils viennent de passer des mois à tenter de relever par tous les moyens leur entreprise. Qu’est-ce que j’aurai pu faire ? Comment j’aurai pu faire différemment ? Ces questions les taraudent. Avec l’aide de coachs et de parrains dans l’économie locale, on échange, on commence par travailler le regard sur soi : rappeler les réussites passées, reconnecter l’entrepreneur à ses succès. Faire digérer la colère, puis la tristesse, car accepter de déposer le bilan, c’est difficile. Et enfin, porter le regard vers l’avenir, réfléchir à un nouveau projet professionnel, qu’il soit salarial ou indépendant". 

L’objectif est d’éviter ce que les acteurs économiques nomment "les 3 D" : dépôt de bilan, divorce, dépression. "Redonner l’envie à quelqu’un qui génère de la richesse, des emplois également", souligne Stéphanie Dommartin, elle-même coach en entreprise.

Changer le regard des banques

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En France, contrairement aux pays anglosaxons, la liquidation judiciaire reste perçue comme un échec quasi-indélébile. Notre restaurateur, pourtant combatif, abonde : "Je vais être marqué au fer rouge par la Banque de France, donc si j’arrive demain avec un nouveau projet : le banquier va regarder ma situation et ça va s’arrêter au bout de 5 minutes. Il va me dire : 'actuellement on ne peut pas vous prêter d’argent car il y a eu un échec'. Pour se relancer, ça va être très compliqué".

C’est le deuxième volet de l’activité de "60.000 rebonds" : modifier le regard des conseillers bancaires qu’ils puissent accorder une nouvelle chance à ces entrepreneursAprès la baisse des aides de l’Etat spécifiques au coronavirus dans les prochaines semaines, l’association s’attend à une augmentation très importante du nombre de liquidations judiciaires à la rentrée.

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