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Coronavirus : "Désormais, le risque économique est pris en compte", selon Lenglet

ÉDITO - La date du 11 mai fixée par Emmanuel Macron pour débuter un déconfinement signe désormais un basculement vers la prise en compte de la catastrophe économique qu'engendre la situation actuelle.

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Coronavirus : "Désormais, le risque économique est pris en compte", selon Lenglet Crédit Image : AFP / FRED DUFOUR | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Ryad Ouslimani

La stratégie de reprise de l'activité présentée par le chef de l'État lundi 13 avril est-elle convaincante ? On a au moins une date, le 11 mai. C'est une date conditionnelle bien sûr, il faut que l'épidémie se soit camée. C'est une date de reprise partielle bien sûr, puisque les lieux qui accueillent du public, les restaurants, les cinémas, les salles de concert et les manifestations sportives ne reprendront pas à cette date. 

Mais c'est une date-cible quand même, un point d'appui qui va permettre aux entreprises de s'organiser. Elles auront d'autant plus de latitude pour le faire que les écoles reprennent aussi à cette date, ce qui limite les absences de parents.

Et c'est un élément-clé. Sans reprise à l'école, il y a au moins 15% d'absentéisme dans le monde du travail, parce qu'il faut évidemment garder les enfants, et qu'on ne peut pas les confier aux grands-parents, qui sont plus exposés à la maladie. Bien sûr, ça représente un risque de contamination, puisque les enfants sont par définition en groupe. 

Dans quelles conditions le travail va-t-il reprendre ?

Mais c'était la condition de la reprise. C'est peut-être le signe d'un basculement. Jusqu'ici prévalait le risque sanitaire, au point qu'on a délibérément provoqué un effondrement économique avec le confinement. Désormais, le risque économique est pris en compte par nos gouvernants à sa juste mesure, qui est considérable.

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Quant aux conditions sanitaires de la reprise du travail, on ne peut ici que prendre acte des annonces qu'a faites le Président lundi soir : des tests en nombre suffisant pour les personnes qui montrent des symptômes, les soignants et les personnes âgées. Il devrait y avoir un masque pour chacun, réutilisable, on l'imagine, dont le port sera recommandé, mais pas obligatoire. Pour le reste, ce sera aux entreprises de s'organiser.

Les conséquences du confinement sur la croissance

 D'ici le 11 mai, l'économie va se maintenir dans les conditions actuelles, c'est-à-dire au ralenti. En gros, dix jours de confinement, c'est un point de PIB en moins sur l'année. Deux mois, c'est ce que nous allons connaître au total, c'est 6 points de croissance en moins. À la mi-mai, nous  partirons donc avec un acquis de croissance à -6. Les mois d'après permettront de corriger un peu ce chiffre, ou au contraire de l'aggraver, suivant la vigueur de la reprise.

Vers un nouveau modèle économique

Pendant cette période, les aides gouvernementales seront maintenues. Elles vont même être complétées par des aides sectorielles, pour les activités les plus exposées, en gros celles qui ne retrouveront pas la normale pas le 11 mai : la restauration, le tourisme, l'aérien. Et les familles en difficulté recevront une allocation exceptionnelle. Le chef de l'État a aussi évoqué, pour le futur, un nouveau modèle économique.

On a eu droit à une envolée sur l'indépendance nationale française à conquérir en matière agricole, industrielle, scientifique et sanitaire, le tout dans une Europe autonome au plan stratégique. Avec un singulier plaidoyer pour l'État, de la part d'un esprit plutôt libéral. Et d'autant plus dépaysant qu'Emmanuel Macron l'a assorti d'un instrument qui n'était pas jusqu'ici dans sa panoplie : la planification. 

Ça fleure bon les années 1960, les centrales nucléaires et le minitel. Seul problème, il n'a bien sûr pas évoqué la situation budgétaire, et l'essorage de nos finances publiques par la crise actuelle, qui limite quelque peu nos manœuvres pour un bon siècle. Le chef de l'État, tout occupé à épousseter le gaullisme industriel qu'il a fait descendre de l'étagère, est resté sur le registre du "quoi qu'il en coûte". L'intendance suivra, comme disait le général.

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