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Coronavirus, écoles, masques et tests : ce qu'il faut retenir de l'allocution de Macron

ÉCLAIRAGE - Le président de la République a prolongé le confinement d'un mois et a annoncé les différentes étapes de la sortie de crise.

Emmanuel Macron, le 13 avril 2020
Emmanuel Macron, le 13 avril 2020 Crédit : JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Pas de ton martial, un discours axé davantage sur l'humain et moins sur le régalien... C'est avec un ton et une impulsion différente que le président de la République s'est exprimé lors d'une allocution télévisée devant les Français, ce lundi 13 avril. Emmanuel Macron a détaillé la feuille de route des semaines à venir, afin de lutter contre l'épidémie de coronavirus. "Sachons sortir des sentiers battus, des idéologies et nous réinventer. Moi le premier", a-t-il déclaré.

Même si "l'épidémie commence à marquer le pas", (...) il y a eu "des insuffisances comme dans tous les pays du monde, nous avons manqué de blouses, de gants, de gel hydro-alcoolique, nous n'avons pas pu distribuer autant de masques que nous l'aurions voulu", a reconnu le chef de l'État qui a évoqué des "ratés".

Quelques minutes avant la prise de parole du président de la République, un nouveau bilan du nombre de décès du coronavirus a été publié par la Direction générale de la Santé. La France se rapproche du cap des 15.000 décès, avec 14.967 morts. Il y a eu 335 décès de plus en un jour dans les hôpitaux. Par ailleurs, 239 morts supplémentaires ont été signalés dans les Ehpad et autres établissements médico-sociaux

"L'espoir renaît"

Emmanuel Macron a insisté au début de son allocution sur le fait que les "résultats sont là" en matière de lutte contre le Covid-19. "L'espoir renaît", a-t-il dit à deux reprises. Dans les semaines à venir, le président de la République s'est donné pour mission de porter la voix de la France, en Europe. 

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"Les premières décisions ont été dans le bon sens et nous avons beaucoup poussé pour cela (...) Mais nous sommes à un moment de vérité qui impose plus d'ambition, plus d'audace, un moment de refondation", a-t-il poursuivi lors de cette allocution.

Un confinement strict "prolongé jusqu'au 11 mai"

Emmanuel Macron a annoncé la prolongation du confinement jusqu'au 11 mai. "Rien n'est acquis", a souligné le président de la République. Le déconfinement, déjà amorcé dans quelques pays européens, s'annonce comme une entreprise infiniment délicate.

Les lieux rassemblant du public, comme les bars, les cinémas, les restaurants resteront eux fermés. Quant aux "grands festivals et événements avec un public nombreux", ils ne pourront se tenir "au moins jusqu'à mi-juillet prochain", annonce Emmanuel Macron

Le président de la République a ajouté : "Nous demandons aux personnes les plus vulnérables de rester même après le 11 mai confiner. Je sais que c'est une contrainte forte. Il faudra essayer de s'y tenir pour votre intérêt".

Tests et masques dès le 11 mai

Lorsque le confinement destiné à lutter contre l'épidémie de coronavirus commencera à être allégé, le 11 mai, la France pourra "tester toute personne présentant des symptômes" et chaque Français devra pouvoir se procurer "un masque grand public", a annoncé le président.

"Nous n'allons pas tester toutes les Françaises et tous les Français, ça n'aurait aucun sens. Mais toute personne ayant un symptôme doit pouvoir être testée. Les personnes ayant le virus pourront ainsi être mises en quarantaine, prises en charge et suivies par un médecin", a-t-il ajouté. En outre, à partir du 11 mai, en "lien avec les maires, l'État devra permettre à chaque Français de se procurer un masque grand public" pour se protéger et protéger les autres contre le coronavirus, a poursuivi le président de la République.

"Pour les professions les plus exposées et pour certaines situations comme dans les transports en commun, son usage pourrait devenir systématique", a-t-il précisé. Il faudra bien sûr "continuer à appliquer" les "gestes barrières", a-t-il insisté.

Réouverture "progressive" des écoles, collèges et lycées

Autre annonce du président de la République : les crèches, écoles, collèges et lycées rouvriront "progressivement" à partir du 11 mai. "Trop d'enfants notamment dans les quartiers populaires, dans nos campagnes sont privés d'école sans avoir accès au numérique et ne peuvent être aidés de la même manière par les parents, c'est pourquoi nos enfants doivent pouvoir retrouver le chemin des classes", a expliqué le chef de l'État.

Il a fait valoir que "le gouvernement aura à aménager des règles particulières, organiser différemment le temps et l'espace, bien protéger nos enseignants et nos enfants avec le matériel nécessaire". Pour les étudiants de l'enseignement supérieur, "les cours ne reprendront pas physiquement, jusqu'à l'été", a ajouté le chef de l'État.

Le gouvernement précisera ultérieurement "la bonne organisation qui sera nécessaire en particulier pour les examens et les concours".

Une "aide exceptionnelle" pour les plus modestes

Emmanuel Macron a également annoncé ce lundi soir une "aide exceptionnelle aux familles les plus modestes", et pour "les étudiants les plus précaires", affectés par la crise du coronavirus.

Le président a demandé au gouvernement de "verser sans délai une aide exceptionnelle aux familles les plus modestes avec des enfants afin de leur permettre de faire face à leurs besoins essentiels", a-t-il déclaré dans son allocution télévisée. "Les étudiants les plus précaires vivant parfois loin de leur famille, en particulier lorsque celles-ci viennent d'outre-mer seront aussi aidés", a ajouté le chef de l'État.

Des visites dans les hôpitaux et les ehpad

Face à la détresse dans laquelle sont plongées des familles de personnes résidents en ehpad et atteintes du coronavirus, Emmanuel Macron a annoncé son souhait "que les hôpitaux et les maisons de retraite puissent organiser la visite pour leurs proches en fin de vie pour pouvoir leur dire adieu". 

Une réponse directe aux critiques de l'opposition. Le député LR Eric Ciotti s'est dit "en colère" qu'on ait "laissé mourir nos vieux" du Covid-19 dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes. Et Marine Le Pen a dénoncé "l'inertie d'une véritable bureaucratie qui fait que l'on a le sentiment que rien n'avance".

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