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Carburants : pourquoi les prix à la pompe n'augmentent que de 10 centimes malgré la suppression de la ristourne

ÉDITO - Pourquoi, une semaine après la baisse de la remise sur les carburants du gouvernement, les prix à la pompe n'augmentent-ils que légèrement ? Grâce à un concours de circonstances économiques qui profitent aux Français.

Des pompes à carburants (illustration)
Des pompes à carburants (illustration)
Crédit : AFP / Philippe Huguen
L'ÉCO & YOU - Pourquoi le sans-plomb 95 s'affiche à la pompe au même niveau qu'avant l'invasion russe en Ukraine ?
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Martial You - édité par Joanna Wadel

Pourquoi les prix à la pompe n'ont-ils augmenté que de 10 centimes pour le Diesel et de 13 centimes pour l'essence, alors que l'on a perdu entre 20 et 30 centimes de remise ? La question se pose en effet, car la semaine dernière - celle du 15 novembre - la ristourne de l'État sur les carburants à la pompe est passée de 30 à 10 centimes, et le coup de pouce de TotalEnergies, de 20 à 10 centimes. 

Le litre de carburant aurait donc dû repasser au-dessus de 2 euros. Or, ce n'est pas le cas. Si l'on regarde le prix à la pompe, on est aujourd'hui à 1,78 euros le litre de Sans Plomb 95, c'est exactement le prix qui s'affichait à la pompe le 21 février dernier, 3 jours avant l'invasion russe en Ukraine. Cette baisse des prix s'explique en réalité par la chute du prix du baril. Il s'affiche ce vendredi matin à 85,12 dollars. 

Un comble, alors qu'il dépassait les 100 dollars à la fin du mois d'août. En 3 mois, le baril a donc perdu 16% de sa valeur. Et on s'en aperçoit plus facilement aujourd'hui, car l'euro s'est renforcé face au dollar. Et comme nous payons notre pétrole en dollars, s'il est un peu moins fort face à l'euro, cela arrange nos bidons… d'essence.

Une baisse due au ralentissement économique

Pourquoi le cours du pétrole est-il en train de baisser ? Première raison, le ralentissement économique. Car le pétrole, c'est le thermomètre de l'économie. OCDE, BCE, agences de notations… la plupart des experts économiques disent qu'il y aura une légère récession en 2023. Ce qui veut dire moins de production, moins d'usines qui tournent et donc : moins besoin de pétrole, car l'économie mondiale tourne encore aux hydrocarbures.

Le boycott du pétrole russe et le confinement de la Chine dans la balance

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De plus, plusieurs décisions peuvent encore peser dans la balance. Les membres du G7 veulent notamment plafonner le prix du baril de pétrole russe. Ce qui risque d'influer sur le porte-monnaie des consommateurs. Car bien que les états membres ont du mal à s'entendre, l'idée, c'est de ne plus acheter du pétrole russe à plus de 65 ou 70 dollars le baril. Il devient un support technique. La logique voudrait que le prix de marché du Brent se rapproche de ce tarif plafonné imposé à la Russie.

Le reconfinement de la Chine est également à prendre en compte. Comme on l'a vu chez Foxconn, le fabricant des IPhone d'Apple, avec la fronde des salariés qui n'en peuvent plus des tests COVID et des isolements : la Chine se replie sur elle-même. Des usines se vident. Des productions sont à l'arrêt. Le pays n'arrive pas à sortir du virus. Or, la Chine est le 1er importateur de pétrole au monde.

C'est donc la loi de l'offre et la demande : moins de demande, c'est moins d'offre et comme le pétrole se stocke peu, on baisse les prix pour écouler la marchandise. Souvenez-vous de 2020, en plein covid, les compagnies pétrolières vendaient leur pétrole à perte car elles n'avaient plus de containers disponibles et ne pouvaient pas stocker l'or noir.

Des prix bas jusqu'à Noël ?

Cette baisse va-t-elle durer jusqu'à Noël ? Difficile à dire à un mois des fêtes. Mais oui, la baisse des prix à la pompe devrait se poursuivre. Nous sommes actuellement à 85 dollars le baril. Entre 65 et 85 dollars, le prix du pétrole est correct, soit à mi-chemin entre mars 2020, en plein confinement, où le baril s'échangeait à 21,80 dollars, et les 129.47 dollars du 6 mars 2022, 15 jours après l'offensive de la Russie sur l'Ukraine.

Les prix à la pompe peuvent encore continuer à baisser un peu. Or, un dollar de moins sur le prix du baril, c'est environ 1 centime à la pompe au bout de quelques jours. Ce qui peut aider le gouvernement dans sa communication en janvier prochain, lorsqu'il va supprimer la ristourne à la pompe pour tous. Si les prix continuent de baisser, une aide gouvernementale en plus ne sera pas nécessaire. Mais il va falloir l'expliquer aux Français.

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