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"Bridgestone a laissé vieillir son usine de Béthune", explique Lenglet

ÉDITO - La fermeture du site du Pas-de-Calais, annoncée mercredi 16 septembre par le fabricant japonais de pneus, va entraîner le licenciement des 863 salariés.

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"Bridgestone a laissé vieillir son usine de Béthune", explique Lenglet Crédit Image : DENIS CHARLET / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Venantia Petillault

Mercredi 16 septembre, le fabricant de pneus Bridgestone a annoncé la fermeture de son usine de Béthune, dans le Pas de Calais.

Près de 900 emplois vont en effet disparaître d’ici l’année prochaine, avec la fermeture de cette usine. Bridgestone, c’est un groupe japonais, l’usine de Béthune fabrique des pneus milieu de gamme, le marché le plus difficile, parce qu’il est pris sous le feu roulant de la concurrence asiatique, chinoise en particulier. Voilà déjà plusieurs années que la production diminuait, que les investissements s’étaient taris, sous l’œil inquiet des salariés et de leurs représentants syndicats qui ont alerté à de multiples reprises sur le déclin de cette unité. La direction affirme que le site français est le moins compétitif en Europe. 

La Covid est intervenue sur une situation déjà très dégradée. Il est probable que comme le redoutaient les syndicats, l’usine aurait fermé même sans épidémie. C’est le lot des plans sociaux qui sont annoncés en ce moment, ils sont le fait d’entreprises fragilisées, ou de départements dont l’activité était en difficultés, comme chez Schneider, qui a annoncé hier également la fermeture de deux sites spécialisés dans l’appareillage de moyenne tension électrique, des sites de plus petite taille que celui de Bridgestone. Dans les deux cas, les salariés devraient se voir proposer des reclassements, selon les directions. 

Les délocalisations continuent

Il faut dire que le plan ne portera ses effets que sur le moyen terme, et qu’il vise davantage à localiser des activités nouvelles qu’à rapatrier des usines déjà parties, c’est ce que disait ce week end le ministre en charge à Bercy, Agnès Pannier-Runacher. Et quand bien même on facilite la vie des usines au plan fiscal, reste une question déterminante, qui est du ressort des entreprises, et pas de l’ État : c’est la qualité et le niveau de gamme des produits. 

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Bridgestone a laissé vieillir son usine de Béthune, alors qu’elle aurait pu la moderniser, tandis que Bruxelles laissait rentrer les pneus chinois à prix cassés, qui détiennent près de 20% du marché. Michelin, producteur français de pneus a connu exactement les mêmes difficultés. Il a supprimé des emplois, par exemple en fermant la Roche-sur-Yon, l’année dernière. Continental a fait la même chose à Aix la Chapelle.

En Europe, la France a le plus délocalisé

D’après Pannier-Runacher, c’est la France qui, en Europe a le plus délocalisé. Pour partie à cause du cadre fiscal, du coût du travail, de la complexité administrative. Mais aussi parce que nous avons dans l’industrie surtout des grands groupes internationalisés, dit-elle, qui ont la possibilité de redéployer leurs productions là où c’est moins cher. 

Alors qu’en Italie du Nord ou en Allemagne, il y beaucoup d’entreprises de taille intermédiaire, davantage enracinées dans leur région et moins enclines à fabriquer ailleurs. Et c’est l’une des explications de l’asphyxie des villes moyenne en France, comme Béthune. Parce que l’industrie s’installe volontiers aux alentours de ces chefs-lieux en région, où le terrain est moins cher, les services, qui créent des emplois, sont localisés là où il y a le plus de clients, c’est-à-dire dans les métropoles. Le déclin de l’industrie explique le désarroi des villes moyennes, la montée en puissance des services explique le triomphe des métropoles.

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