2 min de lecture Crise économique

Crise économique : 700.000 emplois détruits à partir du mois d'octobre ?

ÉDITO - Ce week-end se tenaient les rencontres du Cercle des économistes à Aix-en-Provence. Les experts s'y sont montrés inquiets quant aux conséquences sociales et politiques de la crise actuelle.

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Crise économique : les experts font part de leurs inquiétudes Crédit Image : AFP / JOEL SAGET | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Valentin Deleforterie

La France est inflammable, déclarait dimanche matin un expert renommé des questions sociales. Elle est inquiète, défiante et fracturée, relevait un autre orateur, analyste politique. Ce dernier redoute que l'élection présidentielle de 2022 soit dominée par la méfiance à l'endroit des politiques, qui atteint un point jamais observé dans notre pays avec la crise sanitaire. Les résultats sont imprévisibles.
 
Les conséquences sur le chômage inquiètent particulièrement les économistes, qui pointent la perspective de voir 700.000 emplois détruits à partir du mois d'octobre, lorsque les aides gouvernementales aux entreprises vont diminuer. Alors que plusieurs centaines de milliers de jeunes arrivent sur le marché du travail, beaucoup d'entreprises ont des emplois en surnombre. Soit elles n'ont pas assez d'activité, soit elles se sont rendu compte, pendant le confinement, que tel ou tel poste, tel ou tel service, n'était pas indispensable.

Le plan de relance bien accueilli

Les économistes présents ce week-end jugent le plan de relance bien conçu, et estiment qu'il répond bien aux faiblesses de notre économie. Ils insistent cependant sur trois points. Premièrement, il sera long à mettre en oeuvre. Deuxièmement, ses effets ne seront que progressifs, car il vise à renforcer le niveau technologique des entreprises et à moderniser les infrastructures. Enfin, le fait de miser sur la formation est une bonne chose, mais notre système de formation risque de se trouver vite saturé par une demande forte.
 
En ce qui concerne d'éventuelles contreparties en termes d'emploi pour les entreprises aidées, les économistes estiment qu'il serait absurde de définir une règle universelle, valant pour tous les secteurs. Cela ne peut se faire que dans des accords de branche ou d'entreprise, au plus près du terrain, avec les syndicats. Un participant, chef d'entreprise éminent, a retourné la question, estimant qu'il fallait également demander des contreparties aux secteurs publics qui sont massivement aidés par le contribuable, comme la SNCF par exemple, en termes de productivité et d'efficacité pour l'usager. Ce n'est pas si bête.

Tout n'est pas négatif

Il y a tout de même un peu d'optimisme, d'abord sur la puissance de la transformation numérique que le confinement à imposée, en particulier pour les petites entreprises. Un expert a indiqué que sur trois mois, la progression du numérique avait été aussi importante que sur les 7 à 8 années précédentes, ce qui est considérable. Sur la question de la dette, l'opinion générale est que son extraordinaire accroissement n'est pas si grave pour le moment car elle pourra être financée par la banque centrale.

La priorité, c'est l'emploi. Cette insouciance de la part des spécialistes qui nous ont alerté pendant des années sur les dangers de la dette paraît étonnante. Il s'agit d'un retournement complet. "Tout ce que j'ai enseigné à mes élèves pendant vingt ans a été pris en défaut par la réalité", a confié un professeur. Le virus a non seulement chamboulé l'économie, mais aussi les économistes

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