2 min de lecture Société

Violences conjugales : "La perversité ne dépend pas du sexe", affirme Polony

BILLET - Au terme du Grenelle des violences conjugales, Natacha Polony revient sur les mesures annoncées par le Premier ministre et tente de nuancer les faits relayés par les médias.

oeil monde - L'oeil de... Natacha Polony & Andréa Bescond & Philippe Caverivière & Olivier Mazerolle iTunes RSS
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L'oeil de... du 25 novembre 2019 Crédit Média : RTL | Date :
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Natacha Polony édité par Louis Rigaudière

Parmi les mesures annoncées par le Premier Ministre à l’issue du Grenelle des violences conjugales, il y en a une qui vous semble moins pertinente que les autres. C’est la qualification du "suicide forcé". Pourquoi ?

D’abord, on va tout de même saluer le travail de Marlène Schiappa et de tous les intervenants de ce Grenelle. Parce qu’il y a des avancées qui étaient nécessaires, et qui relèvent des éléments très concrets qui peuvent changer la vie de certaines femmes, et pour certaines leur sauver la vie.

Ça ne réglera pas tout. Il faut aussi le rappeler alors qu’on voit des manifestations féministes réclamant "un milliard pour en finir avec les féminicides". Non, un milliard ne permettrait pas d’"en finir". Les violences conjugales relèvent de l’intime, de la fragilité des individus, de ce qu’ils ont en eux de brutalité, ou de souffrance, ou de perversité. Il faut arrêter de faire croire qu’on peut faire disparaître cela par miracle.

Les hommes également victimes

Et c’est justement pour ça que la question du suicide forcé est problématique. Mais la notion d’emprise, qui entre dans le code pénal et civil, est bien documentée par les spécialistes. Et l’idée, c’est de faire du suicide forcé une circonstance aggravante du harcèlement moral. Parce qu’il n’y a pas que les violences physiques.

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Sauf que le discours des associations et des médias est très malsain là-dessus. Le texte du gouvernement parle de "conjoint" ou de "partenaire". Quel qu’il soit. Et comment le présente le journal le Monde, par exemple ? En écrivant qu’en 2018, 217 femmes se seraient suicidées en raison de violences conjugales.

Pourtant, des hommes se suicident aussi. Et même trois fois plus que les femmes, même si elles sont plus nombreuses à faire des tentatives. Mais les associations féministes, et le Monde qui leur emboîte le pas, laissent entendre qu’il n’y aurait que les femmes qui se suicideraient du fait de la perversité d’un conjoint. Une fois de plus, les hommes seraient les bourreaux et les femmes les victimes.

"20% des meurtres conjugaux sont le fait d'une femme"

Mais de fait, les femmes sont beaucoup plus victimes de violences. De violence physique, oui. Même si 20% des meurtres conjugaux sont le fait d’une femme contre un homme. Mais pour la violence psychologique ? Croyons-nous vraiment que les femmes n’exercent aucune violence ? Aucune emprise ? Qu’elles ne peuvent pas dévaloriser et humilier l’autre ?
Le législateur fait bien les choses. Il ne reconnaît aucune différence de sexe. Il protège les individus les plus fragiles, quels qu’ils soient. Et cela passe par l’éloignement du conjoint violent et la formation des professionnels.

Mais cela passe aussi par l’émancipation économique et psychologique des femmes. Une question d’éducation et de formation. Mais rappelons une chose : la perversité est hélas universelle, elle ne dépend pas du sexe. Autant, les hommes et les femmes ne sont pas égaux pour la force physique, autant, pour le reste, ils le sont. Dans le bien et dans le mal.

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