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Victimes de violences conjugales : que faire pendant le confinement ?

Les violences conjugales ont augmenté de 30% sur tout le territoire depuis le début du confinement. Si vous êtes vous-même victime ou simple témoin, des dispositifs d'aide sont disponibles.

Un manifestant brandit une pancarte "Stop Féminicides" à la marche contre les violences faites aux femmes samedi 23 novembre.
Un manifestant brandit une pancarte "Stop Féminicides" à la marche contre les violences faites aux femmes samedi 23 novembre. Crédit : DOMINIQUE FAGET / AFP
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Camille Sarazin Journaliste

Le confinement exacerbe les violences intrafamiliales. Enfermées avec une personne violente, les victimes de violences vivent une période particulièrement difficile. Les violences conjugales ont augmenté de plus de 30% sur tout le territoire, selon la police. Alors si vous êtes victimes ou témoins de violences, comment réagir ? 

Premièrement, il faut donner l'alerte. En cas d'urgence, appelez immédiatement le 17, le numéro d'urgence de la police. Le nombre d’appels pour violences conjugales est déjà en hausse de 30% depuis le début du confinement, selon le ministère de l’Intérieur. 

Si vous pensez être témoin de violences conjugales, même en cas de doute, téléphonez immédiatement. La police ne peut pas refuser de se déplacer. "Il faut que les voisins et les proches puissent rester mobilisés et qu’ils signalent" les violences, rappelle Françoise Brié, présidente de la Fédération nationale solidarité femmes. 

Pour les victimes, il est parfois difficile de se signaler par appel téléphonique. Le 114, originellement destiné aux personnes malentendantes, est désormais disponible pour donner l'alerte. Il suffit d'envoyer un SMS à ce numéro. Plus de 300 alertes SMS aurait déjà été reçus, révèle le JDD dimanche 12 avril. 

Les pharmacies, nouveau lieu pour alerter

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Enfin, dernière mesure pour faire connaître votre situation : les pharmacies. Le gouvernement a annoncé, jeudi 26 mars, la mise en place de ce nouveau dispositif pour alerter les forces de l'ordre. "On espère réconforter les victimes et être un relais, même si on ne peut pas faire beaucoup plus car on n'est pas suffisamment formés pour apporter une aide psychologique", explique Serge Gautier, un pharmacien rennais. Les victimes peuvent utiliser le code "masque 19" pour se faire connaître. Une mesure calquée sur l'Espagne, qui s'applique également dans certains commerciaux.

Des numéros d'écoute disponibles

Les numéros d'écoute restent également en place. Le 3919, après une période d'adaptation, est de nouveau disponible avec des horaires réduits : du lundi au samedi de 9 heures à 19 heures. Pour les enfants victimes, le numéro à contacter est le 119.

L'éviction du conjoint doit être la règle

Une fois l'alerte donnée, il reste bien entendu le problème de l'hébergement pendant la crise sanitaire. La secrétaire d'État Marlène Schiappa l'a rappelé, la règle doit être l'éviction du conjoint violent

Pour cela, les femmes victimes de violences conjugales peuvent demander une ordonnance de protection. Celle-ci permet d'obliger l'agresseur à se confiner ailleurs. Il faut directement prendre contact avec le tribunal judiciaire de votre département. Il n'est pas obligatoire de porter plainte pour la demander. Le plus simple est de demander de l'aide à une association de protection dans votre région, comme Solidarité Femmes, le CIDFF ou encore le Planning Familial. 

Mais si l'éviction de l'homme violent devrait être systématique, ce n'est pas toujours le cas. Le collectif Nous Toutes le rappelle : "Il est déconseillé de sortir, il n'est pas interdit de fuir". Pour les femmes victimes qui ont besoin d'être hébergées en urgence, d'autres mesures ont été annoncées. 

Marlène Schiappa a ainsi déclaré la création d'un fonds spécial pour venir en aide aux associations sur le terrain. Il doit permettre, selon elle, de financer "jusqu'à 20.000 nuits d'hôtel". 1.000 places d'hébergements d'urgence ont également été annoncées pour prendre en charge les femmes victimes. 

Enfin, plus informel, les collectifs féministes sont sur le pont. Depuis le début du confinement, le collectif "collage féminicide" trouve des places d'hébergement chez des particuliers aux femmes qui les contactent via leurs différents comptes Instagram. Le collectif Nous Toutes a, lui, rassemblé tous les dispositifs d'accompagnement des femmes et enfants victimes de violences dans un document public. Il détaille toutes les ressources à connaître, nationalement et localement. 

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