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Retraites : l'Opéra obtient "un système universel adapté", relève François Lenglet

ÉDITO - Après une grève de 7 semaines, les danseurs de l'Opéra ont repris le travail en ayant l'assurance que la réforme des retraites ne s'appliquera pour eux qu'à partir de 2022, et que la pénibilité spécifique à leur métier sera bien prise en compte.

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Retraites : l'Opéra obtient "un système universel adapté", relève François Lenglet Crédit Image : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Benoît Collet

Samedi 25 janvier, les salariés de l'Opéra de Paris ont annoncé la fin de leurs sept semaines de grève contre la réforme des retraites. Pour les salariés de l'institution, il s'agissait de défendre leur régime spécial de retraites, créé en 1698 par Louis XIV, et qui garantit la retraite à 42 ans pour les danseurs, 55 ans pour les techniciens et 60 ans pour les musiciens. 

Ce régime est spécifique aux 1.900 salariés de l'Opéra de Paris. Ailleurs en France, des milliers d'autres danseurs du public ou du privé n'ont pas ces avantages, pas plus que les salariés du Bolchoï ou de la Scala de Milan. Ce régime coûte 14 millions d'euros par an au contribuable français, soit la moitié de son coût total.  

À l'origine, le personnel de l'Opéra revendiquait le retrait de la réforme des retraites, qu'il n'a évidemment pas obtenu. Mais il reprend le travail avec l'assurance que son régime spécial ne sera pas réformé pour les professionnels en exercice. L'alignement sur le régime général n'aura lieu que pour les danseurs recrutés à partir de 2022.

Système universel adapté

Quant aux autres salariés : techniciens, costumiers, musiciens, ils migreront aussi vers le système universel, mais seulement pour ceux nés après 1980, et avec des règles de pénibilité adaptées aux métiers de l'Opéra a annoncé le gouvernement. Ces dispositifs d'exception seront donc reconduits en étant dissimulés sous le manteau du "système universel adapté".

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Pourquoi une grève donc? les salariés de l'Opéra disaient vouloir défendre la culture. En réalité c'était un peu la grève des enfants gâtés, déjà mis en cause par la Cour des comptes, qui soulignait il y quelques années un nombre de jours travaillés inférieur à celui prévu par la convention collective ainsi qu'un absentéisme élevé.

Au total, cette grève aura coûté une bonne quinzaine de millions d'euros à cause des billets non vendus. Une grosse moitié des ressources de l'Opéra de Paris vient de la vente des billets, ainsi que d'opérations de mécénat de la part des entreprises. Le reste vient de subventions de l'État correspondant à une centaine de millions d'euros par an.

À l'Opéra, il y a 10 catégories de prix, de 10 euros pour les places debout à 280 pour les fauteuils les mieux placés, dans le parterre et aux premiers rangs du premier balcon. Le prix moyen du billet est de 130 euros. Une subvention du même ordre, par billet, permet de couvrir les coûts de production. Une situation tout à fait normale, qui permet de faire vivre cette institution culturelle d'exception. Ce qui l'est moins, c'est le maintien d'avantages de retraites fort contestables

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