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À quoi va servir le nouveau porte-avion de l'armée française ?

ÉCLAIRAGE - Il remplacera le Charles-de-Gaulle comme "instrument de puissance et de souveraineté", selon Florence Parly. En pratique, qu'est-ce que cela signifie ?

Le porte-avions Charles de Gaulle à Toulon le 5 mars 2019 (illustration)
Le porte-avions Charles de Gaulle à Toulon le 5 mars 2019 (illustration)
Crédit : Christophe SIMON / AFP
Coline Daclin

La France va se doter d'un nouveau porte-avion. Emmanuel Macron a annoncé mardi 8 décembre qu'il serait, comme le Charles-de-Gaulle, à propulsion nucléaire. Le navire a pour objectif de remplacer l'actuel porte-avion français, d'ici une quinzaine d'années.

Le remplaçant n'a pas encore de nom, mais il sera encore plus gros que le Charles-de-Gaulle. Il fera 75 000 tonnes pour environ 300 mètres de long, contre 42 000 tonnes pour 261 mètres pour le Charles-de-Gaulle, selon le cabinet de la ministre des Armées Florence Parly. Il sera construit à Saint-Nazaire, et l'investissement nécessaire est de plusieurs milliards d'euros.

Pourquoi construire un tel bâtiment ? D'abord, parce qu'un porte-avion est "un instrument de puissance et de souveraineté", selon Florence Parly. Ce nouveau navire, ce sera "75 000 tonnes de diplomatie" qui se déplaceront sur les mers, ajoute-t-elle sur Franceinfo

"La diplomatie, ça va de la négociation à la menace, parfois, de la coercition", explique à RTL.fr le vice-amiral Patrick Chevallereau, chercheur à l'institut Open Diplomacy et ancien pilote de l’aéronautique navale. "Le porte-avion contribue en fait à la crédibilité de notre diplomatie", poursuit-il. 

De la projection de puissance

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Comme l'explique Le Monde, les porte-avions sont des armes de "projection de puissance" : son existence est censée rappeler aux autres États la puissance de l'armée française. D'autant plus que le Charles-de-Gaulle, et donc son successeur, peuvent embarquer à bord des armes nucléaires avec la Force d’action navale nucléaire (FANu). C'est donc directement un outil de dissuasion

"C'est un outil qui n'est pas fait pour s'en servir, mais pour être efficace si les conditions nécessitent de s'en servir", indique Patrick Chevallereau, qui a aussi exercé des fonctions auprès de l'état major des armées. 

Le porte-avion a aussi une fonction diplomatique parce qu'il est accompagné par d'autres navires d'autres pays. Selon Florence Parly, ces marines qui accompagnent le bateau vont "contribuer [...], en particulier lorsque ce sont des navires européens, à illustrer ce qu'est la souveraineté européenne", a-t-elle déclaré sur Franceinfo. D'ailleurs, la France est le seul pays avec les États-Unis à disposer d'un véritable "porte-avion", (et non pas un "porte-aéronef") avec des catapultes pour lancer les engins.

Une "base aérienne flottante"

L'intérêt d'un porte-avion, c'est aussi de gagner dans les airs, en menant rapidement des assauts avec une vingtaine d'avions. Comme le porte-avion est mobile, il peut lancer des avions là où c'est nécessaire, et les récupérer quelques heures plus tard, sans besoin d'un aérodrome au sol. "C'est une véritable base aérienne flottante", déclare Patrick Chevallereau. Le nouveau porte-avion devrait d'ailleurs compter des équipements pour lancer et récupérer des avions en même temps, selon Le Monde, ce qui n'est pas possible sur le Charles-de-Gaulle

Un porte-avion c'est aussi des ateliers, des citernes de carburant pour les avions, ou encore un véritable hôpital mobile. Autant d'équipements que la France peut "envoyer partout", mais surtout pendant longtemps, explique Patrick Chevallereau. En effet, la propulsion nucléaire permet une grande autonomie du navire. "Il faut un arrêt tous les dix ans alors qu'un porte-avions classique doit s'arrêter tous les sept ans", a soutenu la ministre des Armées Florence Parly.

Enfin, le nouveau porte-avion français aura une autre particularité par rapport au Charles-de-Gaulle : il pourra accueillir sur son pont "des avions de chasse de nouvelle génération", plus lourds, comme les nouveaux avions de combat européens du Système de combat aérien futur (Scaf), en partenariat avec l'Allemagne et l'Espagne.

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