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Grand Oral du bac : non, les élèves ne seront pas évalués sur leur humour et leur accent

Une grille d'évaluation aux critères douteux a circulé sur Twitter, semant le trouble parmi les professeurs. Il s'agit en fait d'un document québécois de 2007.

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Oral du bac : non, les élèves ne seront pas évalués sur leur humour et leur accent Crédit Image : MARTIN BUREAU / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Jean-Mathieu Pernin édité par Gaétan Trillat

Mercredi 2 décembre, un professeur de philosophie a diffusé un étrange document qui a beaucoup fait parler dans la communauté éducative. Il s’agirait, nous dit-il, de la grille d’évaluation pour noter les élèves à l’épreuve du Grand Oral au bac, en juin prochain. C’est l’une des épreuves phares de la réforme du bac et si l’on en croit ce document, on trouve dans les points positifs , “le fait d’être socialement acceptable, avoir de l’humour et sourire”,  et dans les points négatifs, “le manque de spontanéité, le balancement du corps ou une voix trop aiguë”... Des critères qui n’ont pas grand chose à voir avec la qualité du propos sur lequel sera jugé l’élève.

Étonnement sur les réseaux sociaux : on se plaint de vouloir transformer les bacheliers en représentants de commerce et l’on accuse le gouvernement de racisme anti-accent. Sauf que ce professeur de philosophie s’est un peu emballé, car selon le ministère de l’Éducation nationale, il ne s’agit en rien de la grille d’évaluation proposée pour noter les élèves lors du futur Grand Oral, c’est en réalité un peu plus complexe.

Avant tout, il faut savoir que cette grille d’évaluation est réelle. Elle est issue d’un ouvrage universitaire québécois datant de 2007. Ce document a bien été communiqué à 200 enseignants de lettres et de philosophie lors d’une formation à distance au Grand Oral, "sa nature, sa préparation et son évaluation", pendant laquelle les participants étaient invités à naviguer en autonomie - et donc sans contextualisation - d’une ressource à l’autre. "Une personne a tweeté en temps réel pendant toute une formation à distance et n’a vu qu’en fin de formation qu’il s’agissait d’une grille venue du Québec et utilisée à titre d’exemple” a expliqué le ministère de l’Éducation nationale au HuffPost.

Ce professeur de philosophie a reconnu tardivement son erreur mais la crainte avec l’intox, c’est l’effet poupées russes. Une question amène une autre question. Une fausse grille d’évaluation, d’accord, mais pourquoi l’Éducation nationale l’a-t-elle exposée sur un site de formation au Grand Oral ? Dans L’Obs, le rectorat de Bordeaux auquel appartient ce professeur répond que c’était pour faire un pas de côté, voir ce qu’il se passe ailleurs.

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Il existe bien une autre grille d’évaluation sur le site du ministère. Le document expurge toutes les mentions à l’humour, l’hygiène de la tenue ou la tonalité de la voix et se borne bien davantage aux habituels “discours fluide, efficace” ou “connaissances précises, capacité à les mobiliser.” Un Grand Oral de 20 minutes pour juger la prise de parole en public qui pose encore beaucoup de questions.

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