2 min de lecture

"On passe notre temps à leur dire qu’ils sont fainéants" : une enquête d’opinion démonte les idées reçues sur le rapport des Français au travail

Selon une enquête de Nicolas Prissette et Emmanuel Rivière, les Français restent profondément attachés au travail et au mérite. Les deux auteurs, invités sur RTL, contestent l’idée d’un pays à "réconcilier avec le travail" et dénoncent une image injuste de Français prétendument fainéants.

Une salariée travaillant dans un open space à Cologne, en Allemagne (image d'illustration)

Crédit : OLIVER BERG / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

Stéphane Carpentier & Eléonore Aparicio

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

"Il faut réconcilier les Français avec le travail", exhortait François Bayrou le 15 juillet 2025 en présentant son plan pour réduire le déficit de la France. Les Français sont-ils vraiment brouillés avec le travail ? L’enquête de Nicolas Prissette et Emmanuel Rivière, publiée dans l’ouvrage Immigration, insécurité, "wokisme" : la France est-elle vraiment au bord de la guerre civile ?, montre au contraire un attachement fort au travail et au mérite.

Invités sur RTL, les deux auteurs estiment que la majorité des Français n’a pas à être "réconciliée" avec le travail. "En France, les Français considèrent que le travail et le mérite sont des valeurs importantes. Simplement, on passe notre temps à leur dire qu’ils sont fainéants", souligne le politologue Emmanuel Rivière. Ce dernier juge la formule de François Bayrou à la fois "dévalorisante" et "un peu méprisante", puisqu’elle laisse entendre que les Français se seraient massivement détournés de l’effort.

Des idées reçues qui entraînent une forme de découragement

Selon cette enquête, les Français sont même "plus persuadés que les Allemands" qu’il est important de travailler dur pour réussir dans la vie. Autrement dit, le travail, le mérite et l’effort continuent de structurer largement les représentations collectives.

Pour Emmanuel Rivière, ce décalage entre le discours public et la réalité mesurée par les enquêtes n’est pas sans conséquence. À force de répéter aux Français que le travail ne compterait plus pour eux, on finit, selon lui, par produire une forme de découragement collectif. "Si vous dites à ces gens qui nous écoutent que tous les autres ne pensent pas comme eux, c'est extrêmement déprimant, c'est même dévitalisant", insiste Emmanuel Rivière.

Les jeunes toujours engagés dans le travail

S'il est "très compliqué de penser qu'on peut rentrer aujourd'hui dans le monde du travail avec le même état d'esprit, les mêmes aspirations, les mêmes attentes qu'il y a 30 ans ou 60 ans", Emmanuel Rivière assure que les jeunes demeurent engagés dans le travail. "Les jeunes qu'on interroge aujourd'hui, quand on leur demande ce que c'est réussir dans la vie, c'est d'abord et avant tout trouver un travail, faire quelque chose d'utile, subvenir aux besoins de ses proches, pouvoir avoir les situations matérielles de s'entraider les uns les autres", explique-t-il. 

À lire aussi

De la même manière, le mythe de la "grande démission" a été "inventé". Selon Emmanuel Rivière, cette thèse "ne tient pas la route statistiquement". Au moment même où elle s’imposait dans le débat public, la France connaissait au contraire un pic du travail salarié.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info