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Au moins une journée de télétravail par semaine : comment Bruxelles veut inciter les États membres à limiter l'impact de la crise énergétique

Selon le "Financial Times", la Commission européenne s’apprête à recommander aux États membres d’encourager, voire d’imposer, au moins une journée de télétravail par semaine. Objectif : réduire la consommation de carburants dans un contexte de flambée des prix liée à la guerre au Moyen-Orient, tout en soutenant le pouvoir d’achat et la transition énergétique.

Une étudiante en télétravail (illustration)

Crédit : Photo de Vlada Karpovich provenant de Pexels

Yasmine Boutaba & Flora Granchette & Pierre Coplo

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La Commission européenne souhaite pousser le télétravail au cœur des solutions face à la crise énergétique. D’après un document consulté par le Financial Times, elle présentera la semaine prochaine aux États membres une série de mesures destinées à réduire la demande d’énergie et à soulager immédiatement les factures.

Parmi elles, une recommandation forte : encourager les entreprises à instaurer au moins une journée de télétravail par semaine lorsque cela est possible. L’objectif est clair : limiter les déplacements domicile-travail pour réduire la consommation de carburants et atténuer l’impact du choc énergétique provoqué par la guerre au Moyen-Orient.

Ces propositions s’inscrivent dans la continuité des mesures adoptées lors de la précédente crise liée à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Elles visent à accélérer la transition vers des énergies plus propres tout en diminuant la dépendance aux combustibles fossiles.

Des recommandations non contraignantes, mais un signal fort

Bruxelles insiste : il ne s’agit pas d’imposer un mode de vie. "On ne micromanage pas la vie des gens", assure un responsable européen. Ces mesures restent des recommandations, même si elles traduisent une volonté politique claire d’orienter les comportements en cas de tensions sur l’approvisionnement énergétique.

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La Commission prévoit aussi d’accompagner les États dans la mise en place de dispositifs de soutien, comme des plafonnements de prix ou des aides directes aux ménages. En revanche, l’idée d’une taxe exceptionnelle à l’échelle européenne n’a pas été retenue à ce stade.

Le télétravail n’est qu’un volet d’un plan plus global. Bruxelles recommande aussi de subventionner davantage les transports publics et de réduire la TVA sur des équipements comme les pompes à chaleur, les chaudières ou encore les panneaux solaires.

Sur le terrain, des avis partagés mais souvent favorables

À Paris, dans une station-service du 17e arrondissement, plusieurs automobilistes interrogés par RTL voient d’un bon œil cette mesure. "Je pense que c'est une très bonne idée. Ma voiture, c'est mon outil de travail. Je m'en sers matin et soir pour déposer mes enfants à l'école, chez la nounou, pour aller au travail. Donc ce serait aussi super intéressant pour nous pour faire des économies. Donc moi je suis pour, carrément", explique une mère de famille.

Un autre partage le même avis avant de nuancer : "Si on dépense moins en sans plomb, en essence, forcément on gagne en pouvoir d'achat. Après quand on télétravaille, on dépense aussi pas mal en électricité à la maison". D’autres encore rappellent que le télétravail n’est pas applicable à tous les métiers.

Dans l’Hérault, certaines entreprises n’ont pas attendu Bruxelles. À Sète, un cabinet de conseil a déjà instauré une journée supplémentaire de télétravail depuis début mars. Pour Emma, 23 ans, alternante payée 1.300 euros par mois, la différence est tangible. En laissant sa voiture au garage deux jours par semaine, elle économise une dizaine d’euros hebdomadaires sur une dépense de près de 200 euros par mois en carburant. "Ça a vachement changé la donne, ça a été une très bonne surprise", confie-t-elle.

Son employeur, Romain Beck, assume ce choix, motivé par le mal-être de ses équipes face à la hausse des prix. Et il n’exclut pas d’aller plus loin : "Si on arrive à 3 euros le litre, je serai obligé de passer à trois jours de télétravail. Il faut trouver des solutions."

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