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"J'ai besoin d'argent" : des bouchers et charcutiers dénoncent sur RTL leur exclusion de la loi sur le travail le 1er-Mai

À l’approche du 1er-Mai, les bouchers et charcutiers contestent leur exclusion des commerces autorisés à faire travailler des salariés volontaires. Ils dénoncent une différence de traitement avec les boulangers et les fleuristes, alors que les risques de perte et de gaspillage sont bien réels.

Image d'illustration. Boucherie.

Crédit : DAMIEN MEYER / AFP

Les bouchers souhaitent un assouplissement de la réglementation du travail le 1er mai

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Joanna Chabas & AFP - édité par Athénaïs Cornette de Saint Cyr

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Les bouchers et charcutiers dénoncent une inégalité de traitement. Ils ne font pas partie des commerces autorisés à ouvrir le 1er mai, contrairement à ce qu'avait demandé leur confédération. Vendredi 17 avril, Sébastien Lecornu a confirmé que l'assouplissement permettant de faire travailler des salariés sur la base du volontariat lors de cette journée chômée ne s'appliquera qu'aux boulangeries artisanales et aux fleuristes.  

Dans une charcuterie parisienne, Caroline, apprentie, exprime sa déception. Elle espérait travailler ce jour-là et bénéficier d’une rémunération doublée, soit environ 50 euros. "Je suis jeune, j’ai besoin d’argent. À la fin du mois, ça fait une vraie différence. Rien que pour les courses, c’est déjà un petit pactole", confie-t-elle.

Des pertes et du gaspillage

Alexis, directeur de la boucherie, admet ne pas comprendre cette distinction entre métiers. "Je me sens lésé pour ne pas dire trahi. Les boulangers font clairement partie de notre famille. On fait partie des métiers de l'alimentation et de détail", explique ce dernier.  S'il veut ouvrir le 1er mai, il devra le faire seul avec sa femme. Une option difficilement viable. "On n'emballe pas de la viande comme on emballe une vieille paire de chaussures. Ce service prend du temps. Donc ouvrir seul avec mon épouse, c'est très compliqué. Et si je ferme, c'est du gaspillage, c'est de la perte", poursuit-il.

Du côté des clients, l'incompréhension domine même si certains relativisent. "J'irai plus chez un boulanger acheter du pain que chez le boucher. Le boucher, on peut y aller la veille", explique Patrick. 

Le 1er-Mai est un jour férié obligatoirement chômé. Selon la loi, seuls "les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail" ont le droit d'employer des salariés, payés double.

Le gouvernement a toutefois annoncé l'arrivée d'un projet de loi "avant ce 1er-Mai", avec "des critères assez simples permettant aux boulangeries et fleuristes indépendants et artisanaux de faire travailler leurs salariés, sur la base du volontariat et en les payant double", avant d’ajouter que "d’autres discussions auront lieu pour les différentes branches". "ll appartiendra ensuite au Parlement de voter ce projet de loi qui sécurisera définitivement ces accords. Sous réserve de son adoption, cette mesure entrerait donc en vigueur à compter du 1er mai 2027", a précisé le Premier ministre dans un communiqué.

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