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Nîmes : la cellule anti-islamiste enquête sur une association douteuse

REPORTAGE - Les cellules de lutte contre l'islamisme et le repli communautaire (CLIR) traquent les associations susceptibles d'endoctriner les jeunes musulmans, comme récemment à Nîmes.

La ville de Nîmes dans le Gard (30).
La ville de Nîmes dans le Gard (30).
Crédit : RTL
Nîmes : la cellule anti-islamiste enquête sur une association douteuse
07:55
Nîmes : la cellule anti-islamiste enquête sur une association douteuse
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Alice Moreno - édité par Gaétan Trillat

Le projet de loi confortant les principes républicains prévoit de lutter contre toute forme d'éducation séparatiste islamiste, ramener ces "petits fantômes de la République" dans le giron de l'école et éviter qu'ils ne grandissent sous emprise idéologique.

Depuis deux ans déjà, le gouvernement a installé des Cellules de Lutte contre l'islamisme et le repli communautaire, des CLIR. Elles réunissent des représentants de l'État et des enquêteurs avec l’objectif de contrôler des structures soupçonnées de promouvoir l'islam politique, en les coinçant sur le non-respect des règles administratives.

Exemple à Nîmes, où une intervention a eu lieu récemment dans un centre d'accueil périscolaire pour enfants musulmans. Tout commence par une réunion confidentielle à la préfecture du Gard, la veille du contrôle de l'établissement. Autour de la table, une quinzaine d'intervenants, parmi lesquels le préfet, la police, le procureur, les services financiers et un responsable jeunesse et sports.

La patronne d’un service d'enquête spécialisé fait un dernier point. "Il y a eu des témoignages selon lesquels les enfants apprennent qu’il ne faut pas fréquenter des non-musulmans ni écouter de la musique autre que des chants musulmans", dit-elle. Le préfet Didier Lauga émet de sérieux doutes sur les activités proposées par cette association, "officiellement, des cours d’arabe, mais il n’y a aucun contrat passé avec l’État."

Fermeture administrative dans les 48h

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Une dizaine de personnes se retrouvent le lendemain au sud de la ville, pour procéder à l'opération. Les enquêteurs se retrouvent à une centaine de mètres du lieu d’intervention. Les grilles sont ouvertes, l’équipe entre sans difficulté. À l'intérieur, des dizaines de garçons et de fillettes, répartis sur 300m². Une animatrice se plie au contrôle administratif. 
Pas de déclaration d'accueil de mineurs, pas de diplômes d'animateurs… En retrait, des agents photocopient des documents, photographient des noms de responsables, en communiquant le moins possible pour ne pas éveiller de soupçons.

L’opération de contrôle dure plusieurs heures, à l’issue desquelles Yves Cabon, le délégué jeunesse et sports, dresse un constat sans appel : "Je vais proposer un arrêté d’interruption en urgence au vu de la non-déclaration et des conditions de sécurité", résume-t-il. Deux jours plus tard, le préfet ordonne la fermeture de la structure.
 
Ce centre d'accueil périscolaire était donc totalement hors des radars de l'État. Mais l'équipe dirigeante de l'association se défend de tout enseignement islamiste, qui serait contraire aux valeurs républicaines. Officiellement, l’association prône un accompagnement éducatif et social.

Une responsable reconnaît que la religion est abordée avec les enfants mais sous le prisme culturel. "Nous sommes là pour répondre à des questions, faire la différence entre les traditions marocaines, algériennes, du Proche-Orient", assure-t-elle. Quant à l'aspect administratif, elle jure avoir sollicité la préfecture du Gard, qui n'aurait pas retenu la qualité d'accueil de mineurs de son association.

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