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Seine-et-Marne : un journaliste infiltre une salle de sport surveillée pour communautarisme

Un journaliste du "Parisien" s'est infiltré pendant plusieurs mois dans une salle de sport soupçonnée de communautarisme par les renseignements.

Isabelle Choquet La Revue de Presse Isabelle Choquet iTunes RSS
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Seine-et-Marne : un journaliste infiltre une salle de sport surveillée pour communautarisme Crédit Image : Andrew H. Walker / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Isabelle Choquet
Isabelle Choquet édité par Louis Chahuneau

Enquête édifiante à lire ce lundi 28 septembre dans Le Parisien-Aujourd'hui en France. Un journaliste du quotidien s'est infiltré pendant plusieurs mois dans les entraînements de jujitsu brésilien d'un petit club de Savigny-le-Temple en Seine-et-Marne. Une salle surveillée par les services de renseignements qui la soupçonnent de communautarisme.
 
Cette salle est surnommée la Bulle. Aux manettes, il y a Abdallah, le référent sportif, sourire perpétuel, mais qui veille au grain. Ainsi, dans les vestiaires, tout le monde se douche en caleçon, la nudité est interdite. L'infiltré s'en rend vite compte : en se rhabillant, il se dévoile quelques secondes. Et dès le lendemain, sur le groupe Whatsapp des licenciés, Abdallah rappelle la règle : "Nous demandons aux adultes de se doucher en caleçon et d’utiliser une serviette pour se changer". Officiellement, rien à voir avec la religion, c'est parce qu'il y a des enfants et des ados. Au ministère des Sports, on précise que la consigne est de ne pas mélanger les mineurs et les majeurs, mais pas d'interdire la nudité.

Pas de juif, pas de fille

 Au fil des semaines, le nouveau devient un habitué, il s'intègre, et les langues se délient. Comme ce jeune de 17 ans qui lui lance, dans le couloir qui mène au tatami: "Tu veux venir avec nous ? Tant que t'es pas juif, t'es le bienvenu". Et il se marre. Il n'y a que les quelques jeunes du club pour tenir ce genre de propos, jamais les plus âgés. Cela dit, tout le monde entend, et personne ne dit rien. Quelques semaines plus tard, un jeune oublie son sac dans le vestiaire. Le journaliste le lui signale. L'autre répond : "T’inquiète, ça ne risque rien, il n’y a aucun fils de pute de juif ici".
 
Pas de juif, pas de fille non plus. "Les femmes n’ont rien à faire avec nous, on est dans la compétition ici", dit un adhérent. Est-ce que ça veut dire que le club est interdit aux femmes ? Pour le savoir, l'infiltré envoie une de ses amies karateka. Peut-elle s'inscrire? "Non, désolé, nous ne prenons plus de licenciés en cours d’année". 

Pourtant, deux semaines plus tard, un homme est accepté. Peut-être parce qu'il est expérimenté, peut-être pas. Dans les vestiaires, ça discute. Paroles de jeunes, sans filtre : "Tu vois Ahmed ? La dernière fois, je l’ai vu faire la bise à une meuf, il est maudit."  "Lui, dit un autre, il va aller direct dans les cercles de l’enfer". Et le premier conclut : "Moi, je ne checke même pas une meuf pour lui dire bonjour". Le check, vous savez, juste le fait de se taper dans la main.

La zone grise du sport de ville

Sur le tatami, la religion n’apparaît jamais. En revanche, elle est omniprésente dans la boucle Whatsapp du club. Un message sur deux évoque Allah, directement ou indirectement. Ainsi, quand la maman d'un licencié se retrouve en réanimation, Abdallah poste ceci : "Notre frère Abdelaziz est dans une grande épreuve".

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Le frère nous demande à tous de prier pour sa maman. "Qu’Allah l'Immense, Seigneur du Trône immense la guérisse !" Abdallah, qui est aussi un peu éducateur. Quand un jeune se réjouit d'avoir gagné une compétition, il recadre : "Quand on gagne, comme quand on perd, on sait se tenir et respecter les autres, danser quand on monte sur un podium, ça n’est pas acceptable ". 

Le même Abdallah que l'infiltré découvre un matin en pleine prière au milieu du vestiaire, en présence de quelques enfants. Quand le journaliste le recontacte, à visage découvert, Abdallah parle de diffamation. Il n'y a pas de prières organisées. Et des filles, il y en a eu, elles sont juste parties. Un ancien gendarme pointe la faille : "D’un côté, dans les écoles, la neutralité religieuse est imposée et, pour le sport de ville, tout est flou. Pourtant, le sport est un outil d’éducation".

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