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N’ayez pas peur de la ponctuation

Aujourd'hui, Muriel Gilbert tente de réconcilier les auditeurs de RTL avec la ponctuation…

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N'ayez pas peur de la ponctuation Crédit Image : Thinkstock / tonyduoduo | Crédit Média : RTL | Date :
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Muriel Gilbert
Muriel Gilbert

L’une de nos auditrices, Pierrette, se plaint d’être "fâchée avec la ponctuation". Nous allons tenter de les réconcilier. L’objectif unique de la ponctuation, de l’Antiquité jusqu’au XVIIe siècle, consistait à rythmer le texte, à faciliter sa lecture à haute voix, puisque c’est à cela qu’étaient destinés la plupart des écrits, des sermons religieux au théâtre en passant par la poésie.

Donc la ponctuation sert bien, comme on le dit parfois, à respirer… mais pas seulement. À partir du XVIIIe, sa fonction de découpage logique de la phrase apparaît. C’est pour cette raison que la plupart de nos contemporains sont un peu perdus. La ponctuation a bien ces deux fonctions, il faut apprendre à faire avec. Elle "est régie pour deux tiers par la règle et pour un tiers par le goût", affirme Gordon Vero Carey, spécialiste britannique de la question.


La ponctuation, ce sont aujourd'hui une douzaine de signes, mais la plupart ne posent guère de problèmes : tout le monde sait qu’une phrase commence par une majuscule et se termine par un point, le point d’interrogation et le point d’exclamation ont le bon goût de porter des noms qui disent bien à quoi ils servent…

Chacun sait également que le point indique une pause longue, la virgule une pause brève et le point-virgule une pause intermédiaire. Finalement, ceux qui se croient fâchés avec la ponctuation sont, la plupart du temps, simplement mal à l’aise avec le signe de ponctuation le plus fréquent et le plus délicat à manipuler… j’ai nommé : la virgule !

Comment utilise-t-on la virgule ?

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Il y a peu d’interdits en matière d’utilisation de la virgule. Certains auteurs virgulent beaucoup, d’autres virgulent peu. La vraie interdiction, le panneau de sens interdit géant, c’est entre le verbe et son sujet, ou entre le verbe et le complément d’objet : "Cet homme, achète des chaussures", "Cet homme achète, des chaussures". Pas de virgule dans ces cas-là.

Mais en dehors de cela, il existe une grande souplesse… et puis, comme tout ce qui a trait à la langue, l’usage de la ponctuation évolue. À l’époque de Mme de Sévigné, "on mettait deux points à l’endroit de la phrase où l’on met aujourd’hui un point-virgule – et inversement" (Drillon). Et, voici cent ans seulement, l’usage était également différent de ce qu’il est aujourd'hui… sans compter qu’il varie aussi d’une langue à l’autre, bien entendu.

Voyez cette jolie invention espagnole, par exemple, qui consiste à mettre des points d’exclamation et d’interrogation inversés en début de phrase, pour renseigner le lecteur sur l’intonation souhaitée dès le premier mot ! Le sujet de la ponctuation est passionnant et… sans fin ! Si vous voulez tout tout tout savoir, je vous conseille un site Internet très complet : la-ponctuation.com.

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