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La faute numéro un… ou numéro une ?

Ce samedi 24 novembre, Muriel Gilbert revient sur l’accord du mot "un" qui peut poser de nombreux soucis.

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Un bonbon sur la langue du 24 novembre 2018 Crédit Image : Julien Knaub / SIPA / RTL | Crédit Média : RTL | Date :
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Muriel Gilbert
Muriel Gilbert

Ça commence à se savoir, je suis un chouïa allergique aux fautes. Pourtant, j’ai une grande tolérance pour celles qui sont commises en amateur, et notamment à l’oral. On ne peut pas sans cesse se surveiller quand on discute entre amis autour d’une raclette - attention, ça n’empêche pas de faire un minimum d’efforts.

Les fautes que vous pardonnez plus difficilement, ce sont celles qui sont faites comme "avec préméditation". Par exemple, à la radio, ce sont celles que j’entends dans les annonces publicitaires. Les textes sont écrits par un rédacteur, puis validés par plusieurs personnes, enfin elles sont enregistrées puis diffusées des dizaines de fois. Entendons-nous bien, il n’y a pas beaucoup de fautes, dans les pubs, mais comme elles passent plusieurs fois par jour, elles se multiplient comme des petits pains - ou des petits lapins.

L'accord abusif de "un"

Il y en a deux qui reviennent sans cesse : d’abord, l’absence de liaison avec l’euro, dont nous parlions la semaine dernière (je le rereredis, on dit bien dix Z’euro et 100 t’euros, pas dix Heuros et cent Heuros !).

Et ensuite il y a l’accord abusif de "un" dans des formules telles que "des poires de catégorie une", "la voiture numéro une de sa catégorie", etc.

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La bonne formule est : des "poires catégorie un", "la voiture numéro un"… Cette erreur me donne des démangeaisons. Parce que "un", ici, n’est pas l’article indéfini dont le féminin est "une" (un garçon, une fille), il est ce qu’on appelle un "adjectif numéral cardinal", comme "deux", "vingt" ou "cent".

Les locutions ellipses

Ce qui me fait plaisir, c’est que je ne suis pas la seule aliénée de la langue que cette féminisation à mauvais escient expédie chez le dermatologue. Il y a Martine, par exemple, qui m’écrit pour me dire que ce qui la "hérisse, c’est d’entendre dans les jeux télévisés Question numéro une". Pour ce qui est de "équipe une", "catégorie une" ou "question une", elle est moins sûre d’elle, "mais j’aurais envie de dire équipe un, catégorie un question un", dit-elle.

Et Martine a raison. Ce sont des locutions qu’on peut comprendre comme des ellipses : "l’équipe numéro 1", "la question numéro 1", etc. On dit donc "une question", mais "la question un", "une catégorie", mais "la catégorie un", "une page", mais "la page un", "une ligne de métro" mais "la ligne un du métro", etc. C’est tout simple, finalement !

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