2 min de lecture Pédophilie

Matzneff "regrette" ses pratiques en Asie mais nie toujours les propos de Springora

L'écrivain Gabriel Matzneff, pris dans une enquête pour viols sur mineur, nie toujours les propos de Vanessa Springora mais dit regretter ses pratiques pédophiles lorsqu'il était aux Philippines dans un entretien à BFMTV.

Gabriel Matzneff en 2014 (illustration)
Gabriel Matzneff en 2014 (illustration) Crédit : Jacques DEMARTHON / AFP
Sarah Belien
Sarah Belien
et AFP

L'écrivain se trouve en ce moment en Italie, loin de Paris où il est accusé de viols sur mineur. Gabriel Matzneff a accepté de parler de ses pratiques pédophiles. S'il regrette certains faits lors d'un voyage aux Philippines, l'homme de 83 ans nie toujours l'accusation faite par l'écrivaine Vanessa Springora dans son livre Le Consentement.

Dans cet entretien sur BFMTV, Gabriel Matzneff évoque toujours une "durable et magnifique histoire d'amour" vécue avec Vanessa Springora, alors qu'elle n'avait que 14 ans et lui 50 ans. "Je ne dirai rien contre elle car c'est une personne lumineuse. Je n'ai pas envie de lire son livre, car je garde de merveilleux souvenir," déclare-t-il dos à la caméra, ne souhaitant pas montrer son visage.

Sur ses pratiques, l'écrivain se défend en citant d'autres auteurs : "Il faut se replacer dans l’époque. De grands écrivains comme Roland Barthes ou Michel Foucault militaient pour l’abaissement de la majorité sexuelle." Une époque pendant laquelle Gabriel Matzneff parlait de ses pratiques pédophiles ouvertement dans ses livres. 

Un étranger ne doit pas se comporter comme ça.

Gabriel Matzneff
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L'auteur est par ailleurs revenu sur un de ses voyages aux Philippines. "Je dois dire qu'à l'époque, personne ne pensait à la loi. Il n’y avait pas de loi. Vous étiez là comme voyageur et vous aviez des garçons et des filles jeunes qui vous draguaient et vous sautaient dessus, sous l’œil bienveillant de la police," se défend-il.

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"C'était tout à fait regrettable", réagit aujourd'hui l'écrivain. "Un touriste, un étranger, ne doit pas se comporter comme ça. On doit, adulte, détourner la tête, résister à la tentation. Naturellement je regrette, de même que si je fais quelque chose qui n'est pas bien, je le regrette.

Indigné par la réaction du ministre de la culture

S'il dit regretter, Gabriel Matzneff refuse de parler de crimes. "À l’époque, on parlait de détournement de mineur, d'incitation du mineur à la débauche, d'atteinte à la pudeur... Mais jamais personne ne parlait de crime," s'exclame-t-il.

L'écrivain s'emporte sur la question de la suppression de son allocation d'écrivain par ministre de la culture Franck Riester. "L'État m'enfonce la tête dans l'eau," déplore-t-il. "En quelques semaines, je me sens détruit socialement. Quand le ministre de la Culture, dont la vocation est de protéger les écrivains, les peintres, les sculpteurs, les cinéastes, demande de supprimer que la petite aide que je reçois, qui paie une partie du loyer de mon studio..."

L'écrivain garde toujours espoir que la justice soit en sa faveur. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour viol sur mineur et pour le moment, Gabriel Matzneff n'a pas encore été convoqué par les enquêteurs. L'enquête pourrait être classée sans suite étant donné qu'à ce jour, les faits dénoncés par Vanessa Springora sont prescrits, et aucune autre victime n'a porté plainte contre l'auteur.

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