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Loi antigaspillage : ce qu'il faut savoir sur l'étiquetage des vêtements

ÉCLAIRAGE - La loi antigaspillage, promulguée mardi 11 février, prévoit d'instaurer la mise en place d'un étiquetage environnemental sur les vêtements. Le but étant d'informer les consommateurs de l'impact du textile sur la planète.

Vêtements pour hommes (illustration)
Vêtements pour hommes (illustration) Crédit : AFP / Archives, Pierre Verdy
Marie Gingault et AFP

L'industrie du textile est l'une des plus polluantes et nos vêtements sont un véritable fardeau pour l'environnement. Afin d'aider les consommateurs à identifier les pièces les plus "vertes", le gouvernement a lancé une concertation pour élaborer, d'ici 18 mois, un "affichage" environnemental dans le secteur du textile. 

La loi antigaspillage, promulguée mardi 11 février, prévoit la mise en place d'un étiquetage des vêtements dans le but d'informer le consommateur sur les caractéristiques environnementales de certains produits. Les prochaines étiquettes porteront donc une petite planète bleue et à l'image du NutriScore pour les aliments, ces étiquettes auront des notes comprises entre A et E et permettront ainsi aux consommateurs, de faire des choix "éclairés". 

Le secteur du textile sera le premier, avant l'alimentation, à expérimenter ce nouvel étiquetage. Une industrie "plus polluante que le secteur des transports aérien et maritime réunis, juste après les hydrocarbures", a souligné la secrétaire d'État à la Transition écologique, Brune Poirson. 

Le calcul de la note englobe tout le cycle de vie du produit, des matières premières à la fin de vie, en passant par la distribution. Il prend également en compte les divers impacts comme les émissions de CO2, l'épuisement des ressources ou encore la pollution de l'air ou de l'eau.

Décathlon, Okaïdi... Ils l'ont déjà adopté

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Cet étiquetage est en réflexion depuis un moment par l'Ademe (l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), non seulement pour le textile mais aussi pour les appareils électroniques, l'ameublement, l'alimentation et l'hôtellerie.

Dans l'habillement, quelques enseignes se sont déjà essayées à ce système, comme Okaïdi et Décathlon. Et comme en témoigne Raffaele Duby, responsable développement durable chez Décathlon, cette démarche n'est pas toujours évidente : "Quand vous dites à un chef de produit que vous allez noter ses produits et qu'ils seront peut-être notés E, imaginez la tête qu'il fait au début". Chez Décathlon, 60% des produits de la marque sont étiquetés de la sorte.

Quand le dispositif sera mis en place ?

Sans donner de date, le gouvernement aimerait déployer ce système à grande échelle, et qu'à terme la mesure soit obligatoire. "Nous allons travailler avec les équipes du ministère et les entreprises privées pour asseoir une méthodologie solide qui permettra de donner une note environnementale à chaque vêtement", a précisé Brune Poirson.

On achète de plus en plus de vêtements

En moyenne, une personne achète 60% de vêtements de plus qu'il y a quinze ans, mais les conserve moitié moins longtemps. Selon l'Ademe c'est pas moins de 624.000 tonnes de textile qui sont chaque année, mises sur le marché français, soit environ 9.5 kg par habitant.

"Ceux qui s'engagent aujourd'hui auront demain un avantage majeur quand l'UE rendra obligatoire cet affichage", a assuré la secrétaire d'État à la Transition écologique qui est prête à défendre à Bruxelles le système qui sera développé en France.

Combien ça va coûter ?

Seul ombre au tableau, le facteur prix. Comme l'indique Alma Dufour, de l'ONG Les Amis de la Terre, "le prix du vêtement est toujours ultra important pour les consommateurs", effectivement, un vêtement fabriqué en France, dans des conditions sociales et environnementales optimales, aura un coût majoré.

Et contrairement à l'achat d'un frigo A+, où le prix d'achat plus élevé sera compensé par une facture d'électricité moindre, le vêtement noté A restera un vêtement et aucune compensation ne sera possible. Pour Alma Dufour il faudrait donc que le gouvernement impose de nouvelles règles aux grands groupes, notamment l'obligation du recyclage ou la baisse de production de neuf, même si elle admet que "politiquement c'est difficile". 

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