2 min de lecture Réforme des retraites

Retraites : la grogne sociale va bien au delà de la réforme

Selon un sondage Harris Interactive, plus des deux tiers de ceux qui prennent des transports en commun pour aller au bureau sont derrière les grévistes.

L'Eco and You - Martial You L'éco and You Martial You iTunes RSS
>
Grève : 68% des Français soutiennent toujours le mouvement Crédit Image : Sina Mir | Crédit Média : RTL | Date :
La page de l'émission
L'Eco and You - Martial You
Martial You édité par Venantia Petillault

La contestation sociale contre la réforme des retraites ne faiblit pas ce lundi 9 décembre. Alors que ce début de semaine va être beaucoup plus compliqué pour se rendre au travail, 68% des Français soutiennent toujours le mouvement de grève contre la réforme des retraites, selon un sondage Harris Interactive.

Cela traduit l'inquiétude face à une réforme floue, mais pas seulement. C'est aussi un rejet très fort du pouvoir en place et d'Emmanuel Macron. 68% d'opposant au système de retraites par points, c'est à peu de choses près le même niveau d'adhésion que l'année dernière quand on demandait aux français s'ils soutenaient les manifestations de gilets jaunes.

Il y a une grogne sociale qui s'exprime bien au delà de la réforme. Une inquiétude face à l'avenir et le sentiment chez beaucoup de Français que le gouvernement d'Emmanuel Macron détricote petit à petit les acquis sociaux des classes moyennes.

Une opposition sociale et politique

On voit d'ailleurs que 80% des électeurs de Marine Le Pen ou de Jean-Luc Mélenchon sont opposés à la réforme et sont opposés au pouvoir en place plus globalement.

Mais ce n'est pas que politique. C'est aussi une opposition "sociale" au sens beaucoup plus large, au sens noble du terme. Une partie de ceux qui soutiennent le mouvement sans faire grève sont attachés à une certaine idée de la France.

À lire aussi
La maire de Lille, Martine Aubry (archives) réforme des retraites
Retraites : Aubry estime que le recours au 49.3 serait "un scandale démocratique"

Ne nous trompons pas : on râle contre la SNCF ou contre la Poste en France mais on aime nos monopoles publics et notre service public. Quand on voit le succès de la privatisation de la Française des Jeux dernièrement, c'est la preuve que ces monopoles publics nous rassurent.

Le soutien, parfois silencieux des français à la grève, est aussi une façon de dire qu'on est attaché aux acquis sociaux de 1945. Face à cela, le gouvernement doit retrouver la cohérence de son discours du début.

Par exemple, lors du discours d'Edouard Philippe devant le Conseil économique social et environnemental où il avait présenté sa réforme en septembre 2019, il évoquait déjà la possibilité de reculer l'entrée en application de la réforme. 

Il expliquait aussi clairement que ceux qui sont à quelques années de la retraite auraient l'essentiel de leur pension calculée sur le système actuel et effleurait déjà ce qu'on a appelé la "clause du grand-père".

Il disait aussi qu'on prendrait en compte les risques des policiers ou des militaires pour adapter l'âge de départ. Autrement dit, tout ce qu'on présente comme des concessions possibles du gouvernement étaient déjà présentes au départ mais le gouvernement a perdu le fil de sa démonstration.

Mais le seul qui pourra siffler la fin du match, c'est sans doute (une fois de plus), Emmanuel Macron, quand il s'adressera aux Français. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Réforme des retraites Grève SNCF
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants