2 min de lecture Coronavirus

Déconfinement : "Nous sommes encore en liberté surveillée", estime Natacha Polony

ÉDITO - Pour Natacha Polony, la crise du coronavirus aura "eu le mérite de nous obliger à réfléchir sur une notion qui nous semblait aller de soi : la liberté".

micro generique L'oeil de... Natacha Polony & Valérie Trierweiler & Philippe Caverivière iTunes RSS
>
Déconfinement : "Nous sommes encore en liberté surveillée", estime Natacha Polony Crédit Image : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
La page de l'émission
micro générique
Natacha Polony Journaliste

Vous vous souvenez, au début du confinement, les gens racontaient ce qu’ils feraient ce jour-là, une grande fête entre amis, un week-end en amoureux, tout simplement embrasser leurs parents. Et puis non. En fait, nous sommes dehors mais nous sommes encore en liberté surveillée. Extrêmement surveillée, en Île-de-France.

Certes, les vidéos de la ligne 13 ou du RER D bondés ont circulé sur les réseaux sociaux, mais quand le métro a 40 minutes de retard, c’est fatal. Pour le reste, une queue de 200 mètre devant la FNAC, des gens entrant un par un dans les boutiques, et 90 % des passants masqués, même si certains continuent à croire qu’un masque se met sur le menton…

Si l'on n’a plus besoin d’autorisation pour sortir, cette crise aura au moins eu le mérite de nous obliger à réfléchir sur une notion qui nous semblait aller de soi, parce que nous étions persuadés d’en jouir : la liberté. Nous nous sommes aperçus que la puissance publique pouvait décider d’un coup de nous priver de notre liberté d’aller et venir. Qu’il fallait débattre pour savoir si nous allions accepter d’être tracés par nos portables, pour notre bien, cela va sans dire…

La liberté, ce n’est pas seulement le droit de dire et faire ce qu’on veut. Surtout pas en démocratie, et encore moins dans une République qui a inscrit au fronton de ses édifices un triptyque qui engage plus que toute autre devise. La liberté, c’est la possibilité d’arbitrer pour soi-même, par exemple entre sécurité et nécessité de sortir, de travailler, de vivre. C’est ce que font tous ceux qui se sont procuré des masques vaille que vaille, qui se retroussent les manches et qui se débrouillent.

La liberté et la démocratie, il va falloir les réinventer après cette crise

Natacha Polony
Partager la citation
À lire aussi
Le Premier ministre Grec, Kyriakos Mitsotakis, le 15 octobre 2020 à Bruxelles. coronavirus
Coronavirus en Grèce : couvre-feu à Athènes et Thessalonique dès samedi

Sauf que nous ne ne pouvons pas toujours nous débrouiller. Et c’est là que la liberté prend tout son sens. La puissance publique doit nous permettre d’être libres, et pour cela aider ceux qui n’en ont pas les moyens. Pas de liberté sans égalité, ni sans cette fraternité qui a surgi partout pendant ce confinement. Mais pas de démocratie sans citoyens doués de libre-arbitre, et ça, c’est exactement ce qu’ont oublié les gouvernants qui nous prennent pour des enfants, nous donnent des ordres et nous cachent des informations parce que nous ne serions pas capables d’en faire bon usage. La liberté, et la démocratie, il va falloir les réinventer après cette crise.

Et puis, peut-être qu’aujourd’hui, ce lundi 11 mai, nous marchons dans la rue un peu différemment, nous regardons le ciel, la nature, avec une sensation nouvelle. Ce n’est plus l’indifférence béate, l’inconscience de ceux qui vivent dans le présent perpétuel. La liberté, c’est aussi de savoir qu’on est vivant, qu’on est libre, et que ça pourrait s’arrêter. La vraie liberté, c’est la conscience de ce qui est précieux. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Coronavirus Confinement Société
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants