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Coronavirus : la santé mentale des étudiants inquiète les universités

REPORTAGE - Le service de santé universitaire de Sorbonne Université à Paris constate une forte dégradation de la santé mentale des étudiants, avec des problèmes déjà connus qui s'amplifient et de nouveaux qui viennent s'ajouter.

Des étudiants dans un amphithéâtre de la Sorbonne (illustration)
Des étudiants dans un amphithéâtre de la Sorbonne (illustration)
Crédit : AFP
Coronavirus : la santé mentale des étudiants inquiète les universités
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Marie Guerrier - édité par Nicolas Barreiro

Les universités ont délaissé les cours en présentiel depuis la Toussaint. Le Premier ministre, Jean Castex, a reconnu que certains étudiants étaient actuellement "dans une situation sociale et psychologique extrêmement préoccupantes, qui souffrent de l’isolement, (…) il y a des suicides", a-t-il insisté. 

Jean Castex a promis que dès le début du mois de janvier, certains cours pourraient reprendre en présentiel pour des étudiants ciblés, notamment des première et deuxième année. La santé mentale des étudiants inquiète les universités, certains jeunes souffrent de troubles psychiatriques déclenchés par le confinement

Pour faire face aux appels de détresse, aux appels à l’aide, le service de santé universitaire de Sorbonne Université à Paris est passé de 160 heures de consultations à 240 heures par semaine. Psychologues, psychiatres et médecins généralistes se relaient pour recevoir les étudiants.

"Des problématiques nouvelles"

À l'accueil, sur le campus de Cordelier dans le VIe arrondissement, ils sont trois derrière les téléphones et les ordinateurs. "C’est à peu près 150 mails par jour à traiter et environ 70 à  80 appels téléphoniques", explique le docteur Christian Régnier qui dirige ce service de médecine universitaire. "Et puis il faut ensuite savoir adresser les étudiants à un psychologue, ou à un psychiatre ou un médecin généraliste".

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Un étroit couloir dessert une enfilade de petites salles, dans la première, Pedro Pereira, psychologue, reçoit des étudiants en consultation depuis 20 ans : "Il y a les mêmes problèmes que d’habitude, amplifiés. Mais il y a aussi des problématiques nouvelles. Indéniablement la solitude. Le premier confinement a souvent été pris comme un défi à relever par les étudiants, mais le deuxième est beaucoup plus difficile. Les étudiants qui viennent d’arriver à l’université n’ont pas eu le temps de créer des liens". Le psychologue redoute les effets de l'annonce du couvre-feu le 31 décembre : "ça va accentuer cette idée qu’on n’a pas le droit de s’amuser, on ne peut pas se divertir". 

Dans la pièce d'à côté, Philippe Soubrier est médecin généraliste : "Les jeunes ne savent quand ils seront 'libérés', et donc ça les met dans un état d’anxiété, certains déjà angoissés par les cours. Il y a des étudiants qui font des attaques de panique".  Il lui arrive de prescrire des anxiolytiques. Et cela peut aller parfois jusqu'à l'hospitalisation indique le psychologue Pedro Pereira, "C’est arrivé cette semaine. Des étudiants se décompensent et montrent des troubles psychiatriques. Soit des dépressions très lourdes, soit quelque chose qui est de l’ordre de la psychose". Selon lui, la pandémie fait une sorte de focus sur la population étudiante mais il ajoute : "cela fait des années qu’on se rend compte que c’est un âge de la vie très compliqué, on passe de l’enfance à l’âge adulte, une émancipation difficile pour certains, que la pandémie a accentuée".

Le président de Sorbonne Université, Jean Chambaz, estime qu’il y a beaucoup à apprendre de ce confinement et de la place à donner à l’appui psychologique aux étudiants. "On ne pourra pas revenir en arrière" dit-il. L’université parisienne promet après l'épidémie de continuer à veiller non pas au bien-être des étudiants mais au "mieux-être" à travers notamment des ateliers de prévention.  

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