4 min de lecture Coronavirus France

Complotisme, 3e vague, violences faites aux femmes… Ces autres sujets abordés par Macron

DÉCRYPTAGE - Au-delà du calendrier de sortie du confinement, Emmanuel Macron a évoqué plusieurs sujets de société en filigrane de son allocution et cela n'a rien d'anodin.

Emmanuel Macron, le 21 novembre 2020
Emmanuel Macron, le 21 novembre 2020 Crédit : Ludovic MARIN / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Trois étapes avant le retour des jours heureux ? Emmanuel Macron a détaillé son plan de sortie progressive du confinement, lors d'une allocution télévisée. Ce dernier se découpe en trois phases : le 28 novembre, avec la réouverture des commerces et la reprise des déplacements sous attestation ; le 15 décembre avec la levée du confinement et le 20 janvier avec la réouverture des lycées et des restaurants. 

Mais le président de la République a aussi mis en garde les Français sur l'évolution de l'épidémie de coronavirus. "Le retour à la normale ne sera pour demain", a prévenu Emmanuel Macron. Dans son intervention, il a aussi souhaité que "le gouvernement et le Parlement prévoient les conditions pour s'assurer de l'isolement des personnes contaminées, y compris de manière plus contraignante", sans évoquer d'éventuelles sanctions ou amendes ou un isolement obligatoire.  

Le chef de l'État a évoqué d'autres sujets qui minent notre société, esquissant ainsi mais sans entrer dans les détails, des projets politiques à venir. 

Troisième vague et "difficultés psychologiques"

Toujours dans l'optique de préparer les esprits et d'appeler à la responsabilité, Emmanuel Macron a appelé à "tout faire pour éviter une troisième vague" d'épidémie de coronavirus. "Si nous ne voulons pas subir demain un troisième confinement, nous devons redoubler de vigilance : protégeons nos proches, en particulier les plus vulnérables, en portant le masque, y compris à la maison lorsque nous sommes avec des amis ou avec des parents qui n'habitent pas au quotidien avec nous", a-t-il exhorté. 

À lire aussi
Coronavirus : les démarches à suivre pour se faire vacciner Coronavirus France
Vaccin contre le coronavirus : près de 500.000 Français ont pris rendez-vous vendredi

La notion de troisième vague avait déjà été abordée par Olivier Véran le 18 novembre dernier, lors d'une visite à Paris sur une plateforme d'écoute destinée aux jeunes de 12 à 25 ans. Mais le ministre de la Santé a surtout mis le doigt sur une conséquence du confinement. Il est important d'"éviter une troisième vague, qui serait une vague de la santé mentale pour les jeunes et pour les moins jeunes". Plusieurs experts ont alerté à de multiples reprises des risques de dépressions et de solitude qui pourraient toucher une partie de la population française. 

Je demande au gouvernement de préparer une stratégie pour prendre en compte les difficultés psychologiques

Emmanuel Macron
Partager la citation

"Il faut être extrêmement attentif, a-t-il ajouté. Nous devons plus que jamais venir en aide à celles et ceux qui ressentent le poids de la solitude. Ils ne sont pas seuls, il existe des structures pour les aider, les écouter. Il n'y a jamais rien de bénin quand on ressent de la souffrance".

Pour la première fois lors d'une allocution, Emmanuel Macron a abordé ce sujet. "Je demande au gouvernement de préparer une stratégie pour prendre en compte les difficultés psychologiques, après les confinements", a déclaré le chef de l'Etat..

Lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants

Lors de son allocution, Emmanuel Macron a aussi abordé le sujet des violences faites aux femmes et aux enfants. "Il nous faut redoubler de vigilance pour prévenir les violences faites aux femmes et aux enfants", a-t-il déclaré. 

Une déclaration à la veille de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes qui se tient ce mercredi 25 novembre. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le président de la République a rappelé les dispositifs d'alerte ou d'hébergements mis en place. "L'essentiel, c'est que vous ne restiez pas seules", a-t-il indiqué, rappelant que la lutte contre les violences faites aux femmes est "la grande cause de (son) quinquennat". "Nous ne lâcherons rien, je vous le promets", a-t-il ajouté, avant un Conseil des ministres consacré à ces violences.

Le confinement de mars dernier a entraîné une importante hausse des signalements de violences subies par les femmes et les enfants à leur domicile. Les interventions de police ont augmenté de 42% pendant cette période, le nombre d'appels au 3919 a très fortement augmenté et les signalements à la plateforme gouvernementale arretonslesviolences.gouv.fr, ont été multipliés par quatre. 

La Fondation des femmes qualifie l'année 2020 "en demi-teinte". D'un côté la France "a été un pays exemplaire" en matière de lutte contre le phénomène pendant le premier confinement, de l'autre "cette mobilisation exceptionnelle est malheureusement retombée dès les lendemains" de cette période particulière, explique l'association à l'AFP. Chaque année, quelque 220.000 femmes subissent des violences conjugales et 93.000 sont victimes de viol ou tentative de viol. Paroxysme de ces violences, 146 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex en 2019, soit 25 de plus que l'année précédente.  

Un combat contre le complotisme

Partie centrale de son allocution, Emmanuel Macron est revenu sur les vaccins contre le coronavirus. Le président de la République a d'emblée balayé l'option de le rendre obligatoire. Face à la montée des discours complotistes qui construisent leurs nids dans les réseaux sociaux, le chef de l'État a déclaré : "Nous avons été solidaires comme jamais. Nous avons aussi identifié certaines de nos faiblesses (...) Dans les prochains mois, il nous faudra consolider ces forces, que parfois nous ne soupçonnions pas et corriger ces vulnérabilités que parfois, nous ne voulions pas voir". 

Et d'ajouter : "Pour ce faire, nous devrions nous en remettre au savoir et à la science. Ne jamais céder au complotisme, à l'obscurantisme et au relativisme. Nous devrons continuer à innover (...) C'est la force de l'esprit français".

La prise de parole d'Emmanuel Macron intervient dans un contexte anxiogène avec l'enracinement des "anti-masques" en Allemagne. Un rassemblement de près de 10.000 opposants aux mesures restrictives imposées par la pandémie s'est encore déroulé cette semaine à Berlin, réunissant des participants qui avaient peu de choses en commun - hormis leur défiance envers les institutions. 

Autant de sujets abordés en filigrane de son allocution, mais qui dessinent les enjeux politiques des prochains mois pour Emmanuel Macron.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Coronavirus France Coronavirus Confinement
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants