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Coronavirus : "Ce que nous sommes en train de devenir est assez effrayant", dit Polony

ÉDITO - Natacha Polony réagit après les nombreuses fêtes clandestines qui risquent de se multiplier le 31 décembre. Deux camps se sont formés face à ce phénomène, d'un côté les indulgents et de l'autre les plus sévères.

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Coronavirus : "Ce que nous sommes en train de devenir est assez effrayant", dit Polony Crédit Image : iStock / Getty Images Plus | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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Natacha Polony édité par Nicolas Barreiro

Ce week-end, la police est intervenue pour mettre fin à plusieurs fêtes clandestines à Marseille, Strasbourg et Nantes. Peut-on dire qu'il s'agit de la nouvelle dissidence ? On nous aurait expliqué le 1er janvier 2020, que l’année se terminerait avec, en tête des journaux télévisés, la traque des fêtes clandestines, la chasse aux restaurants pirates, la mise à l’index des teuffeurs irréductibles, personne ne l’aurait cru. 

Et j’imagine que nous sommes tous partagés quand nous entendons ce genre d’informations. Une part de nous-mêmes trouve pathétique et dérisoire cette mise en scène collective d’une lutte contre le mal en la personne de ces jeunes gens entassés dans des hangars pour se distraire à coup d’alcool et de drogues, mais une autre part pense soudain à tous ces sacrifiés, le monde de la culture, les restaurateurs, les précaires… qui sombrent pour certains dans la misère parce que des abrutis répandent cette épidémie.

Est-ce qu’on est obligé de se ranger dans un camp, celui de l'indulgence ou de la sévérité ? En fait, c’est cela qui est le plus gênant : dans cette période étouffante, se met en place un contrôle social qui exige de nous que nous jouions au bon citoyen. On se refait une vertu en condamnant les fauteurs d’épidémie, les égoïstes qui ne se feront pas vacciner, les irresponsables qui violent le couvre-feu.

Un contrôle angoissant des libertés individuelles

Honnêtement, n’ayant jamais vu l’intérêt qu’il y avait à se retrouver agglutiné dans une salle, collé aux autres sans pouvoir se parler parce que la musique écrase tout, et sans pouvoir danser autrement qu’en sautant sur place, je suis mal placée pour évaluer la souffrance qu’il y a à être privé de fêtes. Et je pense qu’il ne faut pas être Nobel de Médecine pour comprendre que c’est là qu’on se contamine le plus efficacement. Mais tout de même, ce que nous sommes en train de devenir est assez effrayant.

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En gros, pour les fêtes, on a le choix entre des fêtards qui vont essayer d’organiser des beuveries clandestines le 31 décembre au soir et un gouvernement qui nous explique quasiment quel est le menu autorisé pour les fêtes de Noël. Un tel degré d’intrusion dans la vie privée, un tel degré de contrôle des libertés individuelles, c’est angoissant.

Une société libre, c’est une société où des citoyens adultes se comportent raisonnablement et choisissent ensemble les règles qu’ils s’appliquent. Là, on a exactement l’inverse. Des gens immatures et irresponsables et un État qui étend son emprise pour tenter de se faire croire qu’il contrôle encore quelque chose. Allez, on a droit au repas de Noël, et on sait qui seront les dindons de la farce.

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