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Apologie du terrorisme : l'interpellation de quatre élèves de CM2 fait polémique

Les quatre enfants scolarisés à Albertville (Savoie) étaient suspectés d'avoir menacé de mort leur professeur qui donnait un cours sur la liberté d'expression. Le ministère de l'Intérieur a défendu leur interpellation.

Des élèves dans une salle de classe (illustration).
Des élèves dans une salle de classe (illustration).
Crédit : Unsplash/Taylor Wilcox
Louis Chahuneau & AFP

Les menaces et apologies du terrorisme se multiplient depuis l'attentat à Conflans-Sainte-Honorine. À Albertville (Savoie), quatre élèves de CM2 âgés de 10 ans, trois garçons et une fille, ont été arrêtés par la police jeudi 5 novembre 2020, suspectés d'apologie du terrorisme. 

Les quatre enfants ont été placés en retenue judiciaire et auditionnés par les enquêteurs pour avoir tenu des propos "violents et inquiétants" en classe. Selon le procureur de Chambéry, Pierre-Yves Michau, "Ils ont dit que le terroriste avait bien fait" d'assassiner l'enseignant Samuel Paty. 

Dans une vidéo publiée sur son compte Twitter, le ministère de l'Intérieur détaille l'opération en expliquant qu'"Ils ont justifié l'assassinat du professeur, arguant qu'il était interdit d'offenser le prophète et ajoutant qu'ils tueraient leur professeur s'il caricaturait le prophète". Le professeur qui donnait le cours a aussi découvert une menace de mort anonyme dans sa boîte aux lettres le 3 novembre dernier : un bout de papier avec écrit dessus " T mort".

À la suite du signalement de la direction académique, le Parquet a ouvert une enquête. Les quatre élèves ont été auditionnés plusieurs heures au commissariat d'Albertville. La jeune fille a finalement été mis hors de cause. De leur côté, les trois garçons ont reconnu avoir tenu ces propos et se sont excusés, selon France bleu.

Les parents "choqués" par l'intervention de la police

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Pour autant, l'affaire n'est pas sans polémique. Des parents interrogés par le quotidien régional Le Dauphiné Libéré se sont dits choqués par cette l'intervention de la police qu'ils jugent disproportionnée. "Vers 7h15, c'est notre fille de 13 ans qui a ouvert aux policiers. Certains étaient armés et cagoulés. Notre fils dormait encore. Ils sont alors entrés dans sa chambre", a témoigné l'une des mères. "On a été traité comme si on était des terroristes", a déploré son mari. 

Une des mères de famille déplore l'emballement judiciaire et rapporte les propos de sa fille : "Je suis déçue pour le professeur (en parlant de Samuel Paty), mais ça aurait été bien qu'il ne montre pas les caricatures."

De son côté, le procureur de Chambéry se justifie : "Vu l'âge des élèves, il fallait enquêter sur le milieu familial. On ne pouvait pas seulement les convoquer, il fallait aussi perquisitionner le domicile et on ne savait pas à qui l'on avait affaire". Le ministère de l'intérieur a aussi rappelé vouloir détecter "des signaux faibles de radicalisation".

Près de 200 enquêtes ouvertes depuis l'attentat

Le mot retrouvé dans la boîte aux lettres n'a pas été imputé aux enfants, ni aux parents qui étaient faisaient l'objet d'auditions libres. Un suivi éducatif est prévu et les services de la Protection judiciaire de la jeunesse devraient décider d'une "mesure de réparation à finalité pédagogique", selon le magistrat.

Près de 200 enquêtes ont été ouvertes au cours de la dernière semaine d'octobre pour apologie du terrorisme, menaces de mort, injures ou provocations à la haine en lien avec l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine.

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