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La menace d'une nouvelle crise financière plane sur l'Italie

ÉDITO - Le budget pour l'Italie en 2019 affiche un déficit de 2,4% du PIB, au mépris des engagements du précédent gouvernement.

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La menace d'une nouvelle crise financière plane sur l'Italie Crédit Image : AFP / TIZIANA FABI | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet et Camille Schmitt

La crise financière semble menacer à nouveau l'Italie, après une journée tourmentée vendredi 28 septembre à la bourse de Milan, qui a perdu 4%. 

Les élections récentes ont porté au gouvernement deux partis dits populistes, la Ligue et le mouvement Cinq Étoiles. Ces deux-là sont anti-Europe et anti-euro. Ils viennent de présenter leur budget pour l'Italie en 2019, qui affiche un déficit de 2,4% du PIB, au mépris des engagements du précédent gouvernement. Celui-ci ambitionnait de faire seulement 0,8% de déficit. C'est donc trois fois plus. Parce que les nouveaux arrivants veulent financer leurs promesses électorales, et en particulier ce qu'ils appellent un revenu citoyen, une allocation qui ressemble au revenu universel. Ils prévoient donc 2,4% de déficit pour les trois années qui viennent.
 
Ce déficit entre encore dans les limites fixées à 3% par le traité de Maastricht. Et c'est même en dessous de ce que Macron a annoncé pour la France en 2019 ! Le problème est pourtant double. D’une part, on a peur que cette bataille du budget ne présage d'une vraie confrontation des dirigeants italiens avec Bruxelles, qui mettrait en péril l'appartenance de l'Italie à la zone euro. 

D’autre part, le pays est surendetté, et avec un déficit comme celui-là, il est illusoire de penser qu'il va réduire sa dette. Dette qui est la plus importante de la zone euro, 2.350 milliards, un cheveu devant la nôtre, et la seconde en points de PIB, derrière la Grèce. Du coup, Bruxelles fronce les sourcils et les investisseurs vendent leurs actions et leurs obligations italiennes, ce qui fait chuter les cours. 

L'Italie n'a plus le choix de sa politique

Les électeurs italiens ont pourtant voté pour un programme. Mais pour un pays endetté, les marges de manœuvre sont très faibles, et plus encore au sein de la zone euro. En fait, l'Italie n'a plus guère le choix de sa politique, sauf à sortir de l'union monétaire. Exactement comme la Grèce lorsque Tsipras est arrivé comme un matamore en contestant ce qu'il appelait le diktat de Bruxelles, pour finalement se transformer en traducteur des directives définies par les Européens. 

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Désormais, les deux parties, Rome et Bruxelles, ont chacune le doigt sur le bouton nucléaire. Que l'une ou l'autre rompe le dialogue, et c'est la tempête financière gravissime qui s'abattrait sur la zone euro, avec l'envolée des taux d'intérêt, comme celle qu'on avait connue en 2011 2012 et qui a failli emporter l'euro. On va donc chercher un compromis dans les jours qui viennent, en attendant le détail du projet de budget, à la mi-octobre. 

Deux scénarios possibles pour la suite

Il n'y a que deux scénarios pour la suite des événements. Le premier, c'est Tsipras à l'italienne, c'est à dire qu'au fil des mois, le gouvernement italien se coucherait gentiment et finirait par faire la politique économique qu'il a tant critiquée quand il était dans l'opposition, des coupes budgétaires en attendant que la croissance revienne par miracle. 

Le second, ce serait des frictions croissantes entre l'Italie et Bruxelles qui finiraient par faire monter encore l'inquiétude des prêteurs, et donc les taux d'intérêt qu'ils demandent à Rome. C'est potentiellement dévastateur pour l'euro. Car cela pourrait conduire à l'émission d'une monnaie parallèle en Italie - c'était d'ailleurs dans les plans des deux partis qui gouvernent, avant leur arrivée au pouvoir -  et à la sortie de l'euro. L'Union européenne est née à Rome, avec le fameux traité qui porte son nom, elle finirait alors dans la capitale italienne, avec un feu d'artifice financier.

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