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Italie : le nouveau gouvernement en 5 questions

ÉCLAIRAGE - Giuseppe Conte a été proposé pour diriger le gouvernement d'alliance entre le Mouvement 5 étoiles et la Ligue (extrême droite).

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Italie : le nouveau gouvernement en 5 questions Crédit Image : ANDREAS SOLARO / AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Martin Planques
Martin Planques et AFP

Le Mouvement 5 étoiles (antisystème) et la Ligue (extrême droite) ont proposé lundi 21 mai au président italien le nom de Giuseppe Conte, un juriste de 54 ans, inconnu du grand public, pour diriger gouvernement d'Italie.

Les chefs de file des deux formations ont été reçus l'un après l'autre au Quirinal, le siège de la présidence, pour rendre compte de l'avancée de leurs tractations. Le président Sergio Mattarella a convoqué les présidents des deux chambres pour de nouvelles consultations mardi à 11h. 

Mais cet accord inédit entre les deux mouvements pose question dans le pays et en Europe. Comment l'Italie va réagir à ce nouveau gouvernement ?

L'Italie va-t-elle sortir de l'euro ?

Les deux partis ont violemment critiqué l'euro et même affirmé vouloir une éventuelle sortie de la zone monétaire dans les ébauches de leur programme commun. Mais ni la Ligue ni le M5S ne prônent une sortie unilatérale. 

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En revanche, la Ligue estime que l'euro est "une expérience économique et sociale erronée". Elle prône une série de réformes et, à terme, une sortie coordonnée avec d'autres pays. Et le programme commun, résolument anti-austérité, risque de faire des étincelles avec les partenaires de l'eurozone.  

Les marchés financiers vont-ils s'affoler ?

Depuis le rejet de la réforme constitutionnelle de Matteo Renzi en décembre 2016, l'incertitude est de mise en Italie et les marchés financiers s'y étaient préparés. Les remous de la campagne électorale puis la perspective d'un retour aux urnes en l'absence de majorité ont provoqué quelques tensions. 

Dans ce contexte, la perspective d'un accord entre la Ligue et le M5S a été accueillie avec un certain soulagement, mais leur programme commun a provoqué une poussée de fièvre. Le spread, l'écart entre les taux d'emprunt italien et allemand à dix ans, a dépassé les 170 points, contre 131 il y a une semaine. En 2011, il avait frôlé les 600 points, poussant Silvio Berlusconi vers la sortie. 

Cette alliance peut-elle tenir longtemps ?

Les deux chefs de file, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, martèlent qu'ils comptent gouverner pendant cinq ans. Cependant, la majorité du M5S et de la Ligue est étroite : 32 voix à la Chambre des députés et six au Sénat, alors que les deux chambres ont les mêmes pouvoirs. Il leur faudra bien tenir l'ensemble de leurs élus, même ceux qui ne voient pas l'alliance d'un bon oeil. 

Qui est réellement aux commandes ?

Luigi Di Maio peut s'appuyer sur les plus de 32% obtenus par son parti, contre 17% pour la Ligue. Mais Matteo Salvini assure représenter les 37% de la coalition de droite, même si ses anciens alliés ne l'ont pas suivi. Et son autorité au sein de son parti est bien plus affirmée que celle de Di Maio au M5S, dont Beppe Grillo reste le leader charismatique. De plus, la Ligue est en pleine ascension dans les sondages, tandis que le M5S stagne. 

L'influence de Silvio Berlusconi, l'allié de Matteo Salvini avec lequel Luigi Di Maio ne voulait même pas parler, reste aussi une inconnue. Après deux mois de blocage, le milliardaire a donné son feu vert à l'alliance. Mais redevenu éligible juste après et furieux des mesures judiciaires du programme commun, il a promis "une opposition raisonnable et critique".

Quel sera le rôle du président ?

Le président Sergio Mattarella, élu par un Parlement majoritairement de centre gauche, a discrètement rappelé qu'il avait son mot à dire sur le choix des ministres et qu'il pouvait renvoyer au Parlement toute loi dont le coût pour le budget ne serait pas compensé. Garant des engagements internationaux de l'Italie, le chef de l'État sera aussi vigilant sur le respect des traités, en particulier européens, ainsi que sur l'ancrage historique de l'Italie au sein de l'Otan. 

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