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Coronavirus : à quel prix sont évaluées les vies humaines dans le monde ?

ÉDITO - En pleine épidémie de coronavirus et alors que de nombreux économistes craignent une forte récession, le prix des vies humaines diffère selon les pays et les mesures prises par les États pour leur population.

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Coronavirus : à quel prix sont évaluer les vies humaines dans le monde ? Crédit Image : ABDULMONAM EASSA / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Quentin Marchal

C'est un constat qui a de quoi alarmer lors de cette pandémie mondiale. En effet, les travaux des économistes sur le prix d'une vie humaine prennent un relief nouveau avec l'épidémie de Covid-19. Un peu cyniques, ils évaluent le prix d'une vie humaine à la somme d'argent qu'une collectivité est prête à dépenser pour éviter une mort. Par exemple en aménageant les routes pour les rendre plus sûres, ou bien en faisant de la prévention pour améliorer la santé des citoyens, ou encore en luttant contre la pollution. 

C'est aussi une valeur qui est utilisée par les assureurs, pour calculer les risques auxquels ils sont exposés, et donc les primes qu'ils demandent aux assurés. En France, le prix d'une vie humaine est évalué à trois millions d'euros. Autrement dit, toute dépense publique inférieure à trois millions qui permet de sauver une vie est considérée comme juste, ou même rentable, pour le pays.

Mais ce prix est loin d'être le même prix dans tous les pays. Aux États-Unis par exemple, il est plus de trois fois plus élevé que chez nous, à dix millions de dollars. Plus un pays est riche, plus le prix de la vie y est élevé. Cette somme varie aussi avec les époques, en augmentant avec le développement économique. En fait, il y a une relation entre le PIB par tête, donc le niveau de développement, et le prix de la vie retenu par les assureurs et l'État d'un pays donné.

"La santé n'a pas de prix"

Cette tendance est complètement chamboulée par l'épidémie de coronavirus. Le jeudi 12 mars dernier, lors de sa première allocution à la nation à propos du virus, Emmanuel Macron a affirmé que "la santé n'a pas de prix" et que "le gouvernement mobilisera tous les moyens nécessaires, quoi qu'il en coûte". Il a d'ailleurs utilisé ces mots, "quoi qu'il en coûte",  à quatre reprises durant son intervention.

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Cela signifie que le prix d'une vie est devenu illimité, "quoi qu'il en coûte". D'ailleurs, l'État a mobilisé dans les jours qui ont suivi des centaines de milliards d'euros, en disant qu'il irait plus loin si nécessaire. Il n'a pas hésité à provoquer délibérément une récession gigantesque, la plus importante depuis des décennies, en déclenchant le confinement, pour éviter des morts. Le prix du mort évité est donc considérable.

On a choisi la santé plutôt que l'économie, ce qui est forcément une bonne chose. Mais un esprit mal tourné objecterait qu'une récession profonde, ça tue aussi, et peut-être encore davantage qu'un virus, avec la pauvreté, la malnutrition, le mal logement, la précarité et la détérioration de la santé. Un esprit mal tourné comme Donald Trump, qui a dit exactement cela, et qui n'a pas tort, même si cela ne l'excuse pas d'avoir ignoré la menace sanitaire de façon dangereuse pour son pays. 

Si j'étais aussi cynique qu'un économiste, et ça m'arrive, je vous dirai qu'en ayant choisi la santé au détriment de la croissance, nos pays ont évité des morts chez les riches, au prix d'en faire davantage chez les pauvres. 

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