4 min de lecture Santé

Sénat : que contient exactement le plan "Ma Santé 2022 ?

ÉCLAIRAGE - Le Sénat doit adopter mardi 11 juin le projet de loi Santé porté par Agnès Buzyn, sur fond de crise des urgences saturées.

Que révèle notre rapport aux médecins ?
Que révèle notre rapport aux médecins ?
Thomas Pierre
Thomas Pierre et Anaïs Bouissou

"Ma Santé 2022" devrait être adopté, après l'Assemblée nationale, par les Sénateurs ce mardi 11 juin. Le même jour, une journée d'action est prévue dans les hôpitaux publics pour demander plus de moyens humains et financiers, sur fond de crise dans des urgences saturées. 

Dans un entretien à Libération mardi, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a assuré qu'améliorer "l'accueil en ville en amont des urgences" était justement l'un des objectifs de sa réforme. Présenté en septembre 2018 par Emmanuel Macron, ce projet de loi relatif à "l'organisation et à la transformation du système de santé" prévoit en effet de pallier le manque de médecins ou encore la labellisation de 500 à 600 "hôpitaux de proximité". 

Des modifications ont été apportées par le Sénat, mais sans remettre en cause ses grands axes. Alors que contient concrètement "Ma Santé 2022" ?

Les "urgences de ville"

Pour éviter la saturation des urgences de l’hôpital, les patients seront davantage incités à consulter des médecins libéraux - ce qu’on appelle la médecine de ville. L’organisation de ces médecins devra être parfaitement coordonnée, car à chaque fois qu’un patient aura besoin d’une consultation en urgence, il devra avoir une réponse, une visite en moins d’une journée.

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Ce sera un peu le principe d’un "SOS médecins" présent aujourd’hui dans les grandes villes, mais partout sur le territoire et pour des médecins qui consultent par ailleurs de façon classique dans leur cabinet. Les médecins auront une incitation financière pour mieux s’organiser. D’après l’Elysée, "l’objectif est de tellement les inciter qu’ils n’auront plus le choix".

Mieux articuler "la ville" et "l'hôpital"

Le plan "Ma Santé 2022" prévoit aussi des hôpitaux dits "communautaires", de taille intermédiaire, qui seraient en fait des centres où les patients pourraient avoir dans un même lieu, des consultations hospitalières, des radios ou des interventions chirurgicales simples, mais également des médecins généralistes, des consultations de kinésithérapeutes, des infirmiers, etc...

Des centres, ni tout à fait des petites maisons de santé, ni tout à fait des gros hôpitaux, où seraient présentes la médecine de ville et la médecine d’hôpital. Un autre dispositif viendrait compléter les hôpitaux de taille intermédiaire, il s’agirait des CPTS, des "communautés professionnelles territoriales de santé". 

Lutter contre les déserts médicaux

Dans un département, dans une région, les généralistes, ophtalmologistes, gynécologues, infirmiers, etc. seraient inciter à travailler en commun partout sur le territoire. Le but serait de tisser une sorte de maillage de santé, pour qu’à chaque fois qu’un patient le demande, un professionnel soit disponible plus rapidement, grâce à une meilleure coordination. Ce système mettrait fin, à terme, à la pratique solitaire de certains médecins généralistes. Le but affiché est toujours de lutter contre les déserts médicaux.

4.000 assistants médicaux pour libérer les médecins

Le travail d’assistant médical consisterait à effectuer des tâches simples : peser les patients, prendre la tension en début de consultation ou encore expliquer une prescription en fin de consultation et/ou prendre rendez-vous avec un spécialiste pour une meilleure prise en charge du patient.

Le but serait de décharger le médecin de ces tâches répétitives, qui lui font perdre du temps de consultation. Avec davantage de patients pris en charge dans les cabinets de ville, l’ambition est de permettre aux gens de se soigner plus rapidement, notamment dans les déserts médicaux, et de désengorger les urgence et hôpitaux saturés.

Un assistant pour trois médecins

Interrogé en septembre dernier au sujet des assistants médicaux, le directeur de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie, Nicolas Revel, s’y montrait "favorable, à condition et à condition seulement d’avoir des contreparties". En échange d’assistants, les médecins pourraient donc se voir imposer un quota de patients supplémentaires. De même, un médecin seul n’aurait pas droit à un assistant ; il faudrait un groupement de médecins. Plusieurs sources évoquent le chiffre d’un assistant pour trois médecins au moins.

Ce nouveau métier, qui pourrait être en partie pris en charge par l’assurance maladie aura un coût. Avec les charges, 50.000 euros par an et par assistant, selon Jacques Battistoni, le président de MG France. D’ici 2022, 4.000 postes d’assistants médicaux devraient être créés selon l’Élysée.

Réformer les études de médecine

La réforme de la fin des études de médecine a déjà été actée en juillet avec une refonte des épreuves classantes juste avant l’internat. Ce sera fait en mettant un terme au concours de fin de première année et au numerus clausus, ce système qui sélectionne depuis 45 ans les étudiants. En 2017, avec ce procédé, 85% des étudiants de première année ont échoué.

À l’avenir, le passage en deuxième année se fera de manière plus classique, avec l’équivalent de partiels comme en fac de droit par exemple.Un projet de loi sera proposé dans quelques mois, début 2019 et une réflexion plus large sur la transformation des études de santé sera menée. 

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