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Vaccin contre la Covid : "Il va falloir patienter", tempère Michel Cymes

Si le laboratoire Pfizer a annoncé l'entrée en phase 3 des essais d'un vaccin contre le coronavirus, celle-ci dure habituellement 3 à 5 ans.

Une personne se fait vacciner (illustration)
Une personne se fait vacciner (illustration)
Crédit : EVA HAMBACH / AFP
Coronavirus : "La mise sur le marché du vaccin n'est pas pour la semaine prochaine", tempère Cymes
03:06
Vaccin contre la Covid : "Il va falloir patienter", tempère Michel Cymes
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Michel Cymes - édité par Ryad Ouslimani

Le laboratoire Pfizer a annoncé lundi 9 novembre que son candidat vaccin entrait dans la phase 3 des essais et c’est, d’un coup, l’euphorie dans les bourses du monde entier. Mais est-ce bien raisonnable ? Que nous soyons tous impatients qu’un vaccin vienne sauver la santé et l’économie mondiale, c’est un fait, mais que ce soit ce vaccin ou un autre, il va falloir éviter de tomber dans l’euphorie. Car même s'il est efficace à 90% comme le précise le laboratoire, sa mise sur le marché ce n’est pas pour la semaine prochaine.

Parce que la phase 3 peut durer des années entre 3 et 5 ans habituellement. Cette phase, c’est non seulement celle qui va évaluer l’efficacité réelle mais aussi et surtout celle qui va permettre d’évaluer ce qu’on appelle la balance bénéfices risques.

Autrement dit ce vaccin sera-t-il assez efficace pour être capable d’arrêter l’épidémie en protégeant suffisamment de personnes, et sera-t-il assez sûr pour ne pas entrainer d’effets secondaires ?

Utilisation de l'ARN messager

Et vous imaginez bien que dans le pays le plus vaccino-sceptique du monde, ce n’est pas un détail. Donc il va falloir patienter même si on imagine que, vu les moyens mis en œuvre pour trouver le vaccin, il va y avoir accélération du processus, mais une accélération qui doit impérativement respecter les étapes, sinon il ne sera pas accepté par la population.

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Il pourrait y avoir aussi une autre inquiétude, c’est que la technique employée est très originale, c’est même la première fois qu’on l’utilise. C’est celle de l’ARN messager, je vais essayer de vous l’expliquer simplement mais, j’ai envie de vous dire qu’elle tombe bien cette technique. Parce que quand je parle du vaccin autour de moi, j’entends des gens dire : "Ouh la la, je ne vais sûrement pas me faire injecter le virus pour éviter d’attraper la maladie". Ce n’est bien sûr pas du tout le concept de cette vaccination.

Tout le monde connait l’ADN, le support de notre matériel génétique, l’ARNm se trouve aussi dans le noyau des cellules mais son rôle, comme son nom l’indique, est en quelque sorte de transmettre des messages pour la fabrication de ce qui fait ce que nous sommes : les protéines.

Pas d'injection du virus

Et là vous allez voir qu’il y a de la créativité dans les labos. Faisons d’abord dans la métaphore, vous comprendrez mieux la suite. Imaginons que nous soyons en guerre contre l’armée d’un autre pays. Vous prenez un casque d’un soldat ennemi, juste le casque, sans personne dedans, vous le faites fabriquer à grande échelle, vous en donnez un exemplaire à chacun de vos soldats et vous leur dites "à chaque fois que vous voyez ce casque sur une tête, vous ne cherchez pas à comprendre, vous l’empêchez de rentrer".

Jusque là vous me suivez ? Eh bien c’est exactement ce qu’on fait avec ce vaccin et l’ARNm. Vous prenez cet ARN messager et vous lui demandez de fabriquer, non pas le coronavirus entier mais les petites pointes qui sont à sa surface. Ces pointes qui lui permettent de se fixer sur nos cellules.

Une fois que c’est fait, les soldats de notre système immunitaire vont photographier ces petites pointes totalement inoffensives et le jour où le vrai virus tente d’entrer dans l’organisme le système immunitaire reconnait ses petites pointes, le casque de notre exemple, et le vire larga manu.

Ce qui est intéressant finalement c’est que, dit comme ça, ça parait complètement sans risques. En tous cas on n'injecte pas le virus ni une partie du virus dans l’organisme, et ça ça peut rassurer beaucoup de gens. Maintenant rien n’est totalement sans risque en médecine, d’où l’importance de ne pas se précipiter et d’être patient.

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