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Coronavirus : pourquoi l’Europe pourrait avoir le vaccin Moderna plus tard que les autres

ÉCLAIRAGE - Alors que l’Union européenne n’a pas encore conclu d’accord avec la société Moderna, le patron du laboratoire américain prévient que cela risque de "ralentir la livraison". D'autant que des accords ont été signés avec plusieurs autres pays.

Une personne se fait vacciner (illustration)
Une personne se fait vacciner (illustration) Crédit : EVA HAMBACH / AFP
Photo Quentin Marchal
Quentin Marchal
et AFP

Les négociations entre l'Europe et Moderna pourraient s'accélérer. Le patron de la société américaine de biotechnologie a prévenu, ce mardi 17 novembre, les Européens que le prolongement des négociations pour acheter des doses de son vaccin contre la Covid-19 risquait de ralentir les livraisons. D'autres pays étant prioritaires car ils ont signé depuis des mois.

"On a des discussions, mais on n'a pas de contrat", a dit Stéphane Bancel à l'AFP depuis Cambridge, dans le Massachusetts, où ce Français de 48 ans, ancien du laboratoire bioMérieux, dirige depuis 2011 Moderna, petite société détenant l'un des vaccins les plus prometteurs de la pandémie.

La société, fondée en 2010, a annoncé lundi que son projet de vaccin contre la Covid-19 avait montré une haute efficacité dans des essais cliniques, de près de 95%, comparable à ce que le géant pharmaceutique américain Pfizer allié à la société allemande BioNTech a annoncé la semaine dernière. Ces deux vaccins devraient demander aux autorités américaines, européennes et autres des autorisations de commercialisation dans les prochaines semaines. 

Des "discussions avancées" ont bien été annoncées avec la Commission européenne le lundi 24 août pour l'achat de 80 millions de doses du vaccin, mais aucun engagement ferme n'a été signé depuis. Entre temps, Moderna a signé avec le Canada, le Japon, Israël, le Qatar, le Royaume-Uni, sans compter les 100 millions de doses promises début août aux États-Unis.

"Plus ils attendent, plus ce sera décalé dans le temps"

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"C'est clair que d'avoir pris du retard, ça ne va pas limiter la quantité totale, ça va ralentir la livraison", estime Stéphane Bancel. Pour tous les pays hors États-Unis, la production se fera en Suisse, dans les usines du groupe Lonza, et la mise en flacons à Madrid, chez le groupe Rovi.

Si jamais le vaccin était autorisé par l'Agence européenne du médicament avant la fin de l'année, mais qu'aucun contrat n'était encore signé, "les allocations des premières livraisons ne comprendraient pas d'Europe. Donc, ça partirait en Suisse, ça partirait un petit peu au Japon, en Israël, au Canada, donc aux pays qui en ont commandées. Mais ceux qui n'ont pas commandé, je ne vais pas leur envoyer des produits" a assuré le dirigeant de Moderna.

"Plus ils attendent, plus ce sera décalé dans le temps", insiste Stéphane Bancel. Selon lui, les discussions ne bloquent pas sur le prix, mais il refuse d'en dire davantage publiquement. La Commission européenne, qui a par ailleurs signé avec Pfizer et d'autres fabricants, a insisté mardi sur la complexité des négociations. "Allons-nous conclure des contrats car, tout d'un coup, il y a de beaux articles de presse sur le statut d'un vaccin? Ce n'est pas le cas", a dit le porte-parole Stefan de Keersmaecker.

Moderna salue l'anticipation américaine

Stéphane Bancel compare également les tergiversations européennes à l'anticipation américaine. Dès le lundi 2 mars, lui-même et les patrons de grands laboratoires étaient à la Maison Blanche autour de Donald Trump. Les États-Unis ont accordé un demi-milliard de dollars à Moderna dès avril, pour financer les essais cliniques. 

"On a commencé à discuter avec plusieurs pays européens au mois de mai. On n'a eu aucune aide pour payer aucune étude clinique. Tout a été pris par le gouvernement américain et heureusement qu'ils l'ont fait, sinon on n'aurait pas pu développer le vaccin à ces vitesses-là, comme vous le savez on est une société qui n'a jamais fait un euro de profit,  et l'étude clinique a coûté 1 milliard de dollars", poursuit-il.

Résultat, les premiers Américains seront sans doute vaccinés avant le Nouvel an : "On a déjà plusieurs millions de doses en magasin" aux États-Unis, confirme Stéphane Bancel. Dix millions de doses devraient être en stock avant la fin novembre, et "on aura d'ici la fin de l'année les 20 millions de doses".

Ces 20 millions de doses seront exclusivement destinées aux Etats-UnisModerna prépare depuis des mois la chaîne logistique avec le gouvernement pour être prêt dès que l'Agence américaine des médicaments (FDA) aura autorisé le vaccin, une décision attendue en décembre.

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