6 min de lecture Présidentielle 2017

Nicolas Dupont-Aignan, indépendant et convaincu d'être la "surprise" de 2017

PORTRAITS (7/11) - Le candidat Debout la France à l'élection présidentielle flirte sur une ligne à cheval entre celle des Républicains et celle du Front national.

Nicolas Dupont-Aignan, le 21 février 2017
Nicolas Dupont-Aignan, le 21 février 2017 Crédit : Lionel BONAVENTURE / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Peut-il faire du faire du tort à François Fillon ? C'est en tout cas ce en quoi Nicolas Dupont-Aignan croit. Le candidat Debout la France à l'élection présidentielle s'attaque directement au candidat de la droite et du centre. Il a affirmé vendredi 14 avril, avoir reçu des demandes de la part du camp de François Fillon pour qu'il retire sa candidature. "Ils me connaissent mal, ils croient qu'ils peuvent acheter les gens. Mais moi, on ne m'achète pas", explique-t-il lors d'un déplacement dans l'Essonne. 

Du côté du candidat de la droite et du centre l'information est démentie. Mais Nicolas Dupont-Aignan assure : "J'ai un parcours indépendant et j'aurai la bonne correction de ne pas publier les SMS que j'ai reçus. Mais un jour, je les publierai et ils valent leur pesant d'or. Tout n'est pas permis dans la vie politique". 

Yerres, la vitrine du candidat

"Ce que j'ai fait comme maire, je le ferai comme président". Voici la ligne de Nicolas Dupont-Aignan, comme le rapporte Le Figaro. Le candidat est avant tout maire d'Yerres, dans l'Essonne, depuis 1995. "Il y jouit d'une popularité qui, aux municipales, le propulse à des scores faramineux : 76% en 2001, 80% en 2008 et 77% en 2014", rappelle le journal. Lorsque le Rassemblement pour la République (RPR) décide "de le parachuter" dans cette ville, "cela ressemble quelque peu à un cadeau empoisonné : la ville est surendettée, gauche et droite s'y déchirent (...) Contrairement à toute attente, il remporte la mairie dès le premier tour. Deux ans plus tard, il conforte sa victoire aux élections législatives et devient député de l'Essonne", explique TV5Monde

À lire aussi
Martine Aubry, la maire (PS) de Lille (Nord). le journal
Le journal de 12h30 : le silence de Martine Aubry sur Macron fait grincer des dents


Nicole Lamoth, deuxième adjointe du maire-candidat raconte dans les colonnes du Parisien, "c’est moi qui suis allée le chercher pour le RPR. Je l’ai rencontré et je me suis dit qu’on pouvait faire de grandes choses. Personne ne misait un kopeck sur lui. À Yerres, il y avait eu une alternance droite/gauche et la ville était sinistrée. Personne ne voulait venir vivre ici alors qu’aujourd’hui, tout le monde aimerait y habiter...(...) Il ferait un bon président. Ce qu’il a réalisé à Yerres démontre qu’il a des capacités pour y arriver". Son secret ? "La sécurité", avance Le Parisien. "Yerres a l’un des taux de criminalité les plus bas de l’Essonne. Pour y arriver, 140 caméras scrutent les rues", ajoute le journal.

Le 12 avril dernier, il affirme que quand il a été élu pour la première fois, "la ville était ruinée, endettée. On a été des fourmis dans la gestion quotidienne, on s’est aperçu qu’on pouvait faire plus avec un peu moins et qu’on pouvait dégager des marges d’investissement. Preuve que quand on est de bonne volonté on peut changer les choses (...) Nous n'avons plus le taux d'imposition le plus élevé de l'Essonne". Le journal nuance alors et rappelle que Yerres était au bord du gouffre financier, à la suite de la construction d'un centre aquatique dans les années 80. "Quand Nicolas Dupont-Aignan l’a reprise au maire socialiste sortant, Marc Lucas, il a imposé une cure d’austérité dont il se vante moins. Les impôts locaux ont grimpé jusqu’à déclencher des manifestations, suivis par les tarifs des services municipaux. Il a aussi supprimé la patinoire et réduit le personnel communal", raconte le quotidien. 

La "surprise de l'élection" ?

En parallèle, Nicolas Dupont-Aignan adhère à l'UMP en 2000. Sept ans plus tard, il décide de quitter le parti après un désaccord avec Nicolas Sarkozy. "Le plus beau jour de ma vie", confie-t-il. En mars dernier, le candidat a sorti un livre, Mon agenda de Président, dans lequel il détaille les 100 premiers jours de son mandat s'il est élu à la tête de la présidence de la République. La première journée passe par sa prise de marques. Dans des extraits détaillés par Les Inrocks, il indique : "Je regagne mon nouveau bureau, contemple le parc et pense à l’histoire chargée de ce palais, à mes prédécesseurs, à responsabilité. Je pose ici et là sur les meubles les objets qui ne me quittent jamais, les photos de ma famille, une petite statuette en fil de fer réalisée par un enfant handicapé, une pièce mécanique d’une usine aujourd’hui délocalisée que m’a confié un ouvrier et deux portraits, celui du général de Gaulle scrutant les plaines d’Irlande et celui de Clemenceau humant une rose".

Le candidat à l'élection présidentielle va même jusqu'à imaginer sa rencontre avec Donald Trump, le président des États-Unis. Il imagine ainsi leur rendez-vous le 4 juillet, jour de la fête de l'indépendance du pays. "Après avoir narré son passé de vendeur de vin français au porte-à-porte dans le quartier de Brooklyn, Nicolas Dupont-Aignan clôt le récit de son séjour américain par la citation d’un tweet (imaginé bien sûr) de Donald Trump le félicitant", raconte le magazine.

Et si Nicolas Dupont-Aignan se projette ainsi, c'est parce qu'il est certain d'une chose : il sera la "surprise de cette élection". Dans un entretien à La Dépêche le 17 mars dernier, il confie : "Il y a un an quand j'ai été candidat en Île-de-France aux régionales, j'ai réalisé 7 % des voix. Énormément de Républicains nous rejoignent, ce n'est pas par hasard si je suis quatrième au niveau des parrainages. Je suis convaincu que les Français n'ont pas encore fait leur choix. Je serai la surprise de cette élection car les Français vont comprendre que je suis un homme différent et que je propose une autre politique. L'exemple des pays étrangers a montré qu'il ne fallait prêter attention aux sondages".

Une prise de distance avec le Front national ?

Dans un entretien à Libération, le candidat confie que "l’histoire est en marche et personne ne comprend rien. J’ai fait le plus dur. Le jour où on sera à 8% ou 10%, on emportera tout. Je corresponds exactement à ce qu’attendent les Français : ordre et justice sociale". Concernant sa ligne politique, il se défend d'être proche du Front national. "C'est un parti très multiforme, alors que ma ligne est claire. On veut protester avec le Front national, on voudra gouverner avec Debout la France".

"Le député propose un 'délai de carence de cinq à dix ans' avant que les étrangers ne puissent bénéficier des prestations sociales françaises, version édulcorée de la 'préférence nationale' frontiste. 'Avec Les Républicains, j’ai une différence de programme ; avec le Front national, une différence d’être, tente encore Dupont-Aignan. Le Front ne met Philippot en vitrine que pour faire oublier l’arrière-boutique. Et puis, il y a cinq partis européistes, il peut bien y en avoir deux alternatifs, non ?', note Libération. 'Il y a des gens qui reçoivent le programme du FN, mais ne le lisent même pas du moment qu’ils voient le nom du parti', déplorait récemment Florian Philippot".

Mon programme n'est proche ni de celui de Marine Le Pen, ni de celui de François Fillon

Nicolas Dupont-Aignan dans "La Dépêche"
Partager la citation

Comme l'explique l'AFP, Nicolas Dupont-Aignan a flirté avec la radicale théorie du "Grand remplacement" (les Africains et Maghrébins musulmans prendraient la place des blancs chrétiens dans l'Hexagone, ndlr) en vogue à l'extrême droite et chez des dirigeants Front national... mais rejetée par Marine Le Pen. "Ce grand écart n'empêche pas ce 'gaulliste social' autoproclamé de vanter son visage 'rassembleur' face à une Marine Le Pen 'diviseuse' et au 'dîner de cons' de la primaire à droite". "Il est du style à se dire 'la rencontre entre moi et l'Histoire est programmée'", raille un dirigeant du parti présidé par Marine Le Pen. 

À la question : "Votre projet est-il plus proche de celui de Marine Le Pen ou de celui de François Fillon ?", il indique qu'il "n'est proche d'aucun des deux". "J'ai un programme original. À leur différence, je propose de baisser les impôts quand François Fillon veut augmenter la TVA et Emmanuel Macron veut augmenter la CSG. Je baisserai tous les impôts alors que Marine Le Pen ne les baisse pas autant que moi".

À quelques heures du premier tour, RTL.fr vous propose de découvrir une série de portraits des candidats à l'élection présidentielle. Derrière les partis et les programmes, qui sont-ils vraiment ?

PORTRAITS DE CANDIDATS
La rédaction vous recommande
Lire la suite
Présidentielle 2017 Nicolas Dupont-Aignan Portrait
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7788109185
Nicolas Dupont-Aignan, indépendant et convaincu d'être la "surprise" de 2017
Nicolas Dupont-Aignan, indépendant et convaincu d'être la "surprise" de 2017
PORTRAITS (7/11) - Le candidat Debout la France à l'élection présidentielle flirte sur une ligne à cheval entre celle des Républicains et celle du Front national.
http://www.rtl.fr/actu/politique/nicolas-dupont-aignan-independant-et-convaincu-d-etre-la-surprise-de-2017-7788109185
2017-04-17 13:46:00
http://media.rtl.fr/cache/dOLT8Qua4rYQA2umcSCAYA/330v220-2/online/image/2017/0413/7788109266_nicolas-dupont-aignan-le-21-fevrier-2017.jpg