4 min de lecture Présidentielle 2017

Présidentielle 2017 : Jean-Luc Mélenchon, après la colère l'apaisement

PORTRAITS (11/11) - Le candidat de la "France insoumise" a abordé sa campagne sous une nouvelle ère, celle de la sagesse. Une rupture franche avec sa campagne électorale de 2012.

L'hologramme de Jean-Luc Mélenchon, lors de son meeting à Dijon le 18 avril 2017
L'hologramme de Jean-Luc Mélenchon, lors de son meeting à Dijon le 18 avril 2017 Crédit : Frederick FLORIN / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Il s'est finalement imposé dans le quatuor de tête de l'élection présidentielle. Selon notre sondage RTL, Le Figaro, LCI, le candidat de la France insoumise récolterait 18% des intentions de vote. Son envolée est directement liée à la chute de Benoît Hamon. Celui qui s'était aussi présenté à l'élection présidentielle de 2012 bénéficie de soutiens inattendus à trois jours du premier tour de l'élection présidentielle. "Mr Melenchon for President ! S'il vous plaît" : ce message a été tweeté par Pamela Anderson.

Plusieurs intellectuels et artistes américains, dont le philosophe Noam Chomsky ou les comédiens Mark Ruffalo et Danny Glover, ont lancé une pétition pour appeler les électeurs français à s'unir "derrière le candidat de gauche le mieux placé dans les sondages".

Après 2012, la sagesse...

Chez Jean-Luc Mélenchon, le "caractère brûlant" a laissé place à l'apaisement. Le Temps a analysé la transformation du candidat à l'élection présidentielle : "Il y a cinq ans, inévitable cravate rouge en guise de tract, le leader du défunt 'Front de gauche' menait deux duels : le premier contre François Hollande, cet ancien patron du Parti socialiste aux manières de préfet radical; le second contre Marine Le Pen, cette ennemie qu’il rêve de terrasser. Changement d’ambiance depuis le lancement officiel de sa campagne, en février dernier". Ce changement se traduit dans le chant de la Marseillaise et non plus L'Internationale durant ses meetings. "J'ai tiré les leçons de la campagne de 2012, confie-t-il au Journal du DimancheL'âge a son influence sur moi. Je suis plus philosophe que jamais et moins impétueux. La conflictualité a montré ses limites. Aujourd'hui, le 'bruit et la fureur', ce n'est plus l'attente de la société, le pays est excédé. Et Marine Le Pen représente une forme d'aventure violente pour le pays".

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À la question : "Mélenchon, jusqu'à il y a peu, c'était 'le gros rouge qui tache' ; c'est fini, ça ?", Jean-Luc Mélenchon répond : "Gros ? Bon… J'ai 65 ans (...) Ma relation aux médias, par exemple, a évolué. Plutôt que de les affronter, je les contourne avec ma chaîne YouTube. Je peux donc choisir les médias où parler. Enfin, m'élire, c'est reprendre le pouvoir : il y aura une nouvelle Constitution et la possibilité de révoquer un élu, même le président !". Ainsi se pose-t-il en "candidat de l'équilibre". "J'ai toujours pensé que l'équilibre résultait d'un bon système de tensions. Qui pourrait prétendre faire table rase ? Cela n'a jamais été à mon programme. Je ne suis pas Philippe Poutou. Cela dit, quand on regarde son programme et celui de Nathalie Arthaud, ils sont moins radicaux que le Programme commun. C'était bien la peine de nous faire des objections aussi acides à l'époque", explique-t-il. Dans Une Ambition Intime de M6, il indique que ses colères et ses coups de sang "sont étudiés" : "C'est de la communication, ça un nom. Il y a un truc. Et tant que personne ne comprend le truc, ça me donne une main d'avance (...) Ma stratégie révolutionnaire est volontairement, absolument et radicalement pacifique".

Une rupture définitive avec le PS

Jean-Luc Mélenchon ne semble plus croire au Parti socialiste. "Après l'élection de François Mitterrand, en 1981, il est un soutien inconditionnel du nouveau président, bien que représentant 'l'aile gauche' du Parti socialiste de l'époque, celle qui s'oppose aux rocardiens et aux chevènementistes. C'est cette opposition à ce qu'il nomme 'la gauche molle' qui l'amène à créer, en 1988, avec Julien Dray, la Gauche socialiste - un courant du PS qui s'oppose à la politique d'ouverture du deuxième mandat de François Mitterrand, prenant particulièrement à parti Michel Rocard", rappelle TV5Monde

2008 sera l'année de la rupture entre le Parti socialiste et le candidat. "En 2008, alors qu'un nouveau traité équivalent à celui de 2005 a été voté par le PS à l'Assemblée nationale, Jean-Luc Mélenchon s'allie avec Benoît Hamon et Henri Emmanueli. Lors du Congrès du Parti socialiste de novembre, et après de nombreux déchirements, les trois 'dissidents' proposent une motion, déclarée comme étant celle de l'aile gauche du PS. Leur motion arrive en quatrième position du vote du 7 novembre, alors que celle de Ségolène Royal emporte le vote à 80% des suffrages exprimés", ajoute le site.

Sa carrière sera marqué par un "traumatisme", comme il l'explique dans Le Divan sur France 3. "Il y a quelque chose d'injuste, Lionel Jospin ne méritait pas ça (concernant son élimination de l'élection présidentielle de 2002, ndlr) Revoilà les Le Pen. Ils vont finir par me lâcher ceux-là ?! Depuis que je suis enfant, j’ai droit à Le Pen le père, la fille, la petite-fille, allez savoir quoi encore après… Pas un coup de blues. La déprime, c'est plus profond, cela vous atteint entre la chair et l'os".

"Décalé dans sa vie et dans son époque"

Jean-Luc Mélenchon semble également emprunt d'une certaine pudeur. Il "semble tiraillé entre le désir de préserver sa vie privée (chez les gens de gauche, on dit "nous", pas "je") en agitant sa propre marionnette et celui de crier sa vérité intime à la face du monde, au risque de céder à ce narcissisme qui l’a fait accepter de venir ainsi, s’allonger sur le Divan de Fogiel pour n’y parler que de lui. C’est dans cette incapacité de choisir entre pudeur et exhibitionnisme que, me semble-t-il, prend naissance cette rage légendaire à l’égard de tout et de tout le monde qui caractérise le cofondateur du Front de gauche, et qui se manifeste dans 'le bruit et la fureur'. Jean-Luc Mélenchon est un peu décalé dans sa vie et dans son époque, lui qui soudain, nous révèle qu’il est sourd (comme son père) et que ce handicap explique en partie son agressivité à la télévision", analyse Thierry de Cabarrus, chroniqueur politique dans Le Plus.

Le Temps relate la dualité du personnage : "Celui qui, sous le regard énamouré de Karine Lemarchand et devant les caméras de M6, joue au révolutionnaire de salon dans un loft parisien loué pour les besoins de l’émission people ? Ou celui qui avoue à sa biographe relire Danton et Robespierre, ainsi que la 'Révolution française' de Jules Michelet ?".

À quelques heures du premier tour, RTL.fr vous propose de découvrir une série de portraits des candidats à l'élection présidentielle. Derrière les partis et les programmes, qui sont-ils vraiment ?

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2017-04-21 09:36:00
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