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Mediapro/Téléfoot : le championnat de France proche de la banqueroute

Jeudi 22 octobre, la Ligue de football professionnelle va être obligée de souscrire un prêt pour prendre le relais de Médiapro. C'est tout l'équilibre du championnat de France qui est menacé aujourd'hui.

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Mediapro/Téléfoot : le championnat de France proche de la banqueroute Crédit Image : AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Martial You édité par Venantia Petillault

Au niveau économique, on est déjà dans les arrêts de jeu et on attend le but en or. Le péché originel, c'est que la Ligue a signé les yeux fermés les droits télé à Médiapro qui promettait 814 millions d'euros chaque année pendant 4 ans.

Le problème, c'est que Médiapro sortait tout juste du centre de formation et n'avait aucun abonné en France et devait en rassembler 3 millions et demi s'il voulait être rentable. BeIn Sport a mis près de 7 ans pour les atteindre. Même en s'appelant TéléFoot, ça semblait difficile à atteindre en une saison.

Depuis le début de l'année, le championnat joue à huis clos quand il joue. Cela rend la compétition beaucoup moins enthousiasmante et ça déséquilibre l'économie de nos clubs.
Mais, soyons honnête, dès le début, tout le monde savait que 814 millions d'euros pour le championnat (plus des droits annexes payés par d'autres diffuseurs qui faisaient atteindre le milliard), c'était trop. Le championnat français vaut 750 millions. À 1 milliard, c'est surpayé.

Les droits télé, surtout importants pour les petits clubs

Plus vous êtes un petit club et plus c'est important. C'est 30% du budget annuel en moyenne mais ça peut monter jusqu'à 50-60% pour des clubs qui n'ont pas d'ambitions européennes comme Dijon ou le SCO d'Angers par exemple.

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Quand vous ajoutez la billetterie 15 à 20% du chiffre d'affaires des clubs qui tombe à zéro... Vous avez un financement du foot français dans le rouge. Et ça illustre un autre problème pour notre championnat : l'absence de stratégie marketing de nos clubs.

Manchester United a su très tôt transformer son club en marque... En France, à part le PSG, l'OM, vous n'avez pas de marque-clubs qui permettrait d'assurer une part non négligeable de recettes. Pour l'instant, c'est encore marginal.

Vers des faillites de clubs ?

Les clubs de foot pro sont des institutions locales donc je pense qu'il y aura les collectivités locales qui interviendront. Mais il y a deux risques majeurs : la fuite des talents. Si les clubs ne peuvent plus payer le salaire de leurs joueurs, ils deviennent libres de droit. Autrement dit, ils peuvent aller jouer dans un autre club et il n'y aura pas de droit de transferts qui est ce qui coûte le plus cher quand vous recrutez un Messi ou un Mbappé.

Cela n'arrivera sans doute pas. En revanche, c'est en ce moment que les clubs prennent officieusement contact avec les joueurs pour le mercato. Si le championnat de France approche de la banqueroute, nos talents risquent d'avoir envie de partir ailleurs. Et c'est le deuxième risque : un championnat au rabais, qui perd les grands joueurs et qui devient moins intéressant. Autrement dit, qui perd de sa valeur marchande aussi.

Qui peut sauver le championnat ?

À mon avis, il faut que le football dépasse le football pour devenir une stratégie de marque. Il faut que la Chine (qui est l'actionnaire majoritaire de Médiapro) ou le Qatar (actionnaire du PSG et de BeIn)... autrement dit, il faut que ceux qui ont les poches profondes aient envie d'utiliser les footballeurs comme des hommes sandwich. Que le foot serve à valoriser l'image du Qatar ou la stratégie industrielle de la Chine. À ce moment-là, les 814 millions du championnat de foot français seront vus comme un investissement et non comme un puits sans fond.

Le "plus" : Auchan quitte le pays

Le groupe a des problèmes financiers et il vient de céder sa filiale de magasins en Chine pour 3 milliards. Mais ce qui est le plus intéressant, c'est celui qui achète. Car, c'est le géant du e-commerce chinois, Alibaba (le Amazon local) qui met un pied de plus dans la distribution physique.

La Chine qui semble repartir après le Covid

Il faut toujours être prudent avec les chiffres officiels chinois mais ça semble rejoindre le sentiment des entreprises présentes sur le territoire : la croissance du pays a rebondi de 4,9% au 3ème trimestre après une chute de 6,8% au premier trimestre, au moment du confinement et du pic de l'épidémie là-bas.

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