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Romain Grosjean sur RTL : "J'ai pensé à mes enfants et j'ai trouvé la solution"

DOCUMENT RTL - Trois jours après son effroyable accident sur le circuit de Bahreïn, le pilote Franco-Suisse de 34 ans raconte ce qu'il a vécu durant ces 28 secondes dans les flammes, comment il est parvenu à s'en sortir.

Romain Grosjean à Singapour le 22 septembre 2019
Romain Grosjean à Singapour le 22 septembre 2019
Crédit : Mladen ANTONOV / AFP
Romain Grosjean dans RTL Soir avec Thomas Sotto
08:40
Gregory Fortune
Journaliste

Il assure aller "bien". Après (seulement) deux jours et trois nuits d'hospitalisation, Romain Grosjean est sorti de l'hôpital militaire de Bahreïn, mercredi 2 décembre dans la matinée. "C'est une étape importante dans la récupération, savoure le pilote de Formule 1 au micro de RTL. L'hôpital a été extraordinaire et j'ai été traité comme un roi avec des super services. Mais c'est vrai que psychologiquement pouvoir sortir, être à l'air libre, revoir d'autres gens, c'est un grand pas en avant".

De cet effroyable accident du dimanche 29 novembre peu après le départ du Grand Prix de Bahreïn, de quoi se souvient le Franco-Suisse de 34 ans ? "Entre le moment où la voiture part en travers et le rail, il y a tellement peu de temps que je me souviens de freiner. L'impact n'a pas été violent en tant que tel, dévoile-t-il. Ensuite, je me souviens rouvrir les yeux, détacher mes ceintures, vouloir sortir de la voiture, être bloqué en me disant 'bon, je dois être sur le toit, je n'arrive pas à sortir, je vais attendre qu'on vienne m'aider'".

Il se voit alors se "rassoir dans la voiture", puis "regarder du côté gauche et voir une lumière orange, comprendre que c'est du feu qui est en train de brûler les autocollants qui sont sur ma visière, me dire qu'il faut que je sorte. Il y a le feu. Je n'ai pas le temps d'attendre. Essayer à droite, réessayer à gauche, ne pas y arriver, me rasseoir. Penser à Niki Lauda en me disant 'c'est pas possible, je ne peux pas terminer comme ça, ça ne peut pas se passer comme ça". Réessayer. Ne pas y arriver. Me rasseoir. Me dire que je vais mourir, que ça y est, c'est terminé. Penser à mes enfants et trouver la solution".

Jules Bianchi me sauve la vie

Romain Grosjean

Le pilote Haas restera prisonnier des flammes durant 28 secondes. "J'ai l'impression que c'était plus long, mais ce n'était pas long puisque j'étais actif, explique-t-il. J'ai essayé différentes choses. Il a fallu que je décoince mon pied de derrière la pédale de frein (...)  Vous m'auriez dit 'ça a duré 1 minute 30', je vous aurais dit 'ok'. J'ai pensé à tellement de choses. Je pense que c'est des millisecondes à ce moment-là. Le cerveau est en mode survie. Trouver une solution, rester vivant pour les miens, pour mes enfants, parce qu'ils ne peuvent pas perdre leur papa maintenant, là, comme ça, à Bahreïn".

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Romain Grosjean se sent-il miraculé ? "Je ne sais pas si c'est le terme". Le natif de Genève préfère mettre en avant "le travail", "l'évolution de la sécurité", et Jules Bianchi, le Français décédé le 17 juillet 2015 des suites d'un accident au GP du Japon. "Il me sauve la vie grâce à l'introduction du halo (...) Je lui serais éternellement reconnaissant. Il n'est plus là malheureusement et il nous manquera toujours. Pourtant j'étais vraiment l'un des pilotes qui étaient contre le halo au début. Aujourd'hui, je ne me vois pas en aucun cas rouler sans un halo et c'est la meilleure intervention de ces dernières années".

Romain Grosjean veut désormais se tourner vers l'avenir. Pour le moyen terme, il a "le sentiment qu'on peut apprendre de cet accident. Les voitures ne sont plus censées prendre feu et là on avait un énorme feu avec 110 kg d'essence en train de brûler. Pourquoi le rail s'est ouvert ? Qu'est-ce qu'on peut faire de mieux sur les circuits ? Comment on peut améliorer la norme des gants des pilotes ?"

Je me dois d'aller à Abu Dhabi

Romain Grosjean

Et il y a le court terme, le Grand Prix d'Abu Dhabi du dimanche 13 décembre, qui pourrait être la dernière course de sa carrière en F1. "C'est très égoïste (...) mais je me dois d'y aller, de remonter dans la voiture, confie-t-il. J'en ai besoin. Ce n'est pas une option. Évidemment, si ma main (gauche, brûlée, ndlr) ne me le permet pas je ne l'essayerai pas. Mais aujourd'hui c'est clairement l'objectif et je fais tout en terme de guérison pour y arriver". Même si pour cela il ne pourra pas revoir tout de suite sa femme et ses trois enfants, en raison du protocole Covid.

À ses enfants, justement, il souhaite un jour raconter, quand il sera prêt, "cette rencontre avec la mort, qui est quand même quelque chose que je ne souhaite à personne. C'est un des pires sentiments au monde". Romain Grosjean est toujours en vie. Et le dimanche 29 novembre résonne désormais comme sa "deuxième date de naissance", comme le lui ont dit plusieurs personnes. Désormais, "la vie va être très différente". "Et si à Abou Dhabi je suis pris par la panique, la peur, l'angoisse, je ne monterais pas dans la voiture et je m'arrêterais là".

Romain Grosjean le 2 décembre 2020
Romain Grosjean le 2 décembre 2020
Crédit : Frédéric Veille
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