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La romancière et journaliste Sophie Loubière revient sur la dérive meurtrière du député Jean-Marie Demange, auteur du féminicide de Karine Albert en 2008

Marie Zafimehy

Un lundi de novembre 2008 au matin, le député UMP et ancien maire de Thionville en Moselle, Jean-Marie Demange, roue de coups son ex-maîtresse, Karine Albert. Les faits se produisent sur un balcon, à la vue des voisins des immeubles environnants qui tentent en vain de raisonner l'homme politique. Mais il traîne Karine Albert à l'intérieur de l'appartement et l'abat de deux coups de feu avant de retourner l'arme contre lui.


Quelques heures après le drame, l'Assemblée nationale observe une minute de silence à sa mémoire, sans mentionner les actes qui se sont produits. Dans les jours qui suivent, les journaux évoquent le "crime passionnel", le "coup de folie" du député-maire et louent les mérites de l'homme avide de pouvoir. Comment expliquer cette dérive meurtrière sans précédent pour un député de la Ve République ? Jean-Marie Demange, avait-il prémédité son passage à l'acte ? Quels en furent les éléments déclencheurs ?

La voix du crime de cet épisode, c'est la romancière et journaliste Sophie Loubière. Au micro de Marie Zafimehy, elle témoigne d'une époque où la société célébrait la mémoire d'un homme politique meurtrier et elle redonne sa juste place à la victime, Karine Albert.