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Affaire Lyhanna : sur RTL, le plus haut procureur de France, Rémy Heitz, reconnaît un "échec collectif" et appelle à "progresser"

Invité du Grand Jury RTL - Public Sénat - Le Figaro - M6 ce dimanche 14 juin, le procureur général près la Cour de cassation reconnaît un "échec collectif" dans le traitement de l'affaire Lyhanna et appelle à "progresser", soulignant toutefois que ces progrès ne dépendent pas uniquement des moyens alloués à la justice.

Le plus haut procureur de France, Rémy Heitz, invité du Grand Jury RTL - Public Sénat - Le Figaro - M6, ce dimanche 14 juin. 2026

Crédit : Nicolas Kovarik -Agence 1827/RTL

Andrea Bescond et Remy Heitz sont les invités du Grand Jury

00:52:31

Laurène Rocheteau

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C'est le constat qui se dégage dans le sillon de l'affaire Lyhanna : la justice peut et doit faire mieux. À la lumière des défaillances judiciaires qui ont conduit à la mort de la petite Lyhanna, 11 ans, Rémy Heitz, le plus haut procureur de France, reconnaît un "échec collectif". Invité du Grand Jury RTL - Public Sénat - Le Figaro - M6 ce dimanche 14 juin, le procureur général près la Cour de cassation appelle à "progresser" afin d'éviter à l'avenir de tels dysfonctionnements. 

"Nous ne sommes pas face à une impuissance publique, nous pouvons progresser. L'urgence, c'est de revoir nos procédures, et de voir comment on peut améliorer les choses", affirme le haut magistrat. Il évoque ainsi un système qui selon lui fonctionne dans la majorité des cas, mais reconnaît que le cas de Lyhanna "a échappé au label de l'urgence". 

Un "rattrapage" en matière de moyens pour la justice

Il revient bien entendu sur le manque de moyens de la justice française, l'une des principales failles pointées du doigt dans l'affaire Lyhanna. S'il reconnaît une hausse des moyens alloués, qui ont augmenté de 54% ces dernières années, il rappelle que la France reste à la traîne en matière de justice. La hausse du budget de la justice les années passées "reste quand même globalement un rattrapage", puisqu'"il y a 3-4 fois plus de procureurs dans les autres pays européens". 

Mais le haut procureur admet qu'une amélioration du traitement judiciaire des dossiers de violences sexuelles, en particulier envers les enfants, ne relève pas seulement d'une question de moyens de la justice. "Il faut voir toute la chaîne, dont les moyens dédiés à la protection de l’enfance", indiquant par exemple que ses "collègues sont souvent très démunis dans la direction d’enquête, parce que les services sont submergés". Des progrès de fond ne peuvent ainsi se faire sans un "travail en réseau". 

Il ne faut "pas attiser la colère"

Alors que l'affaire Lyhanna remet également en question la confiance des Français envers l'institution judiciaire, Rémy Heitz appelle à "ne pas attiser la colère, et ne pas la concentrer sur la seule institution judiciaire". "Il faut que chacun prenne ses responsabilités, il faut le faire dans un esprit de solidarité", affirme-t-il. 

À lire aussi

Depuis l'affaire Lyhanna, la réponse législative s'organise pour empêcher de nouveaux drames. Sébastien Lecornu veut ainsi ajouter des mesures complémentaires au projet de loi sur la protection de l'enfance, tandis que de nombreux députés et associations appellent à l'adoption d'une loi intégrale sur les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants. 

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