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ÉDITO - Guerre en Ukraine : Lenglet rappelle qu'"il est impossible de remplacer le gaz russe d’un jour à l’autre"

La Russie a annoncé qu’elle cessait ses livraisons de gaz à deux pays de l’Union Européenne : la Pologne et la Bulgarie.

Le logo de Gazprom
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Crédit : INA FASSBENDER / AFP
Si les Russes coupent le gaz au reste de l'Europe, qui sera vraiment touché, et dans quelles proportions?
00:03:57
Si les Russes coupent le gaz au reste de l'Europe, qui sera vraiment touché, et dans quelles proportions?
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François Lenglet - édité par Philippine Rouvière Flamand

C’est le deuxième coup de semonce avec l’arme énergétique dont dispose Moscou. Le premier, avant même le déclenchement de l’invasion de l’Ukraine, lorsque les Russes ont subrepticement réduit leurs livraisons de gaz à l’Europe, ce qui a contribué à faire exploser les prix. Aujourd'hui, le prix du gaz est six fois supérieur à ce qu'il était l'année dernière à la même époque. 

Voici maintenant qu’ils s’en prennent à la Pologne et à la Bulgarie, avec plusieurs objectifs : faire à nouveau monter les prix, qui ont progressé de plus de dix pourcents sur deux jours, montrer les dents, en prévenant ainsi qu’ils sont prêts à utiliser le chantage au gaz, ainsi que provoquer la zizanie chez les 27.

Ce sont deux pays n'ont pas été choisis au hasard par Vladimir Poutine. Ils sont tous deux de l’ex-bloc soviétique et ont refusé la condition imposée par les Russes le mois dernier : acheter le gaz en roubles, la monnaie russe. Les autres pays ont accepté une sorte de compromis : ils payent toujours en euros, et c’est la banque de Gazprom, le fournisseur russe, qui fait la conversion. En apparence, personne ne cède. En réalité, c’est largement symbolique. La Pologne et la Bulgarie ne pèsent que pour 8% des importations européennes de gaz en provenance de Russie. Et la Pologne, très remontée contre son grand voisin, s’organisait déjà pour être complètement indépendante de ses livraisons. C’est plus compliqué pour la Bulgarie qui n’a guère de solution de remplacement à court terme. Ce sont les autres pays européens qui fournissent aux deux victimes le gaz de substitution.

La prochaine étape pour la Russie

Si prochaine étape il y a, ça sera l’interruption des livraisons pour les autres pays, qui pèsent beaucoup plus lourd. Pas tant la France, qui n’importe de Russie que 17% de sa consommation, que l’Italie, et surtout l’Allemagne qui achète toujours à la Russie 40% de son gaz.
 
Il est impossible de remplacer le gaz russe d’un jour à l’autre. Mais la situation est différente d'un pays à l'autre. En France, les ménages ne seraient pas pénalisés avant l’automne, quand les chauffages redémarreront. Mais les entreprises, qui utilisent le gaz toute l’année, seraient probablement contraintes de réduire un peu leur production à cause du rationnement. Dans l’industrie, de nombreuses PME fonctionnent au gaz pour leurs machines : les cabines de peinture par exemple, ou les fours de la boulangerie et de l’agro-alimentaire. Cela impliquerait le retour du chômage partiel. Sans compter que la production d’électricité pourrait, elle aussi, en pâtir. Hier par exemple, la France produisait 10% de son électricité avec des centrales à gaz, autant que celle qui était produite par les barrages d’EDF.

La situation serait pire en Allemagne, car l’industrie y est plus importante qu'en France. Bon nombre d’entreprises se sont d’ailleurs équipées en gaz récemment, pour faire face à l’extinction programmée du nucléaire. La rupture avec Moscou plongerait l’Allemagne dans une récession de 2,2% avec 400.000 emplois détruits, selon les calculs des économistes allemands. Le gouvernement outre Rhin a ressorti du placard un plan d’urgence établi dans les années 70, au moment du choc pétrolier. Il prévoit de nationaliser les infrastructures et de rationner des entreprises en fonction de leur caractère essentiel.

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L’administration allemande est alors assaillie de lettres d’entreprises de la chimie, de l’automobile, expliquant combien elles sont importantes pour l’économie allemande. Quant aux grands groupes comme l’aciériste Thyssen, ils ont établi une liste de sites non vitaux qui pourraient être fermés sans compromettre leur survie.

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