5 min de lecture Dc Comics

"Aquaman" : une épopée décalée et spectaculaire, qui n'a pas peur du ridicule

NOUS L'AVONS VU - Dans les salles le 19 décembre 2018, le film de James Wan avec Jason Momoa en fait beaucoup trop, mais il pourrait néanmoins trouver son public.

Jason Momoa et Amber Heard dans "Aquaman"
Jason Momoa et Amber Heard dans "Aquaman" Crédit : Warner Bros / DC Comics
Capucine Trollion
Capucine Trollion
Journaliste RTL

Aussi attendus que redoutés, les films DC Comics créent toujours l’événement. Et Aquaman, en salles le 19 décembre 2018, est bien parti pour faire des vagues.

Réalisé par James Wan (Conjuring, SawLa Nonne), Aquaman raconte les origines d'un héros souvent mal-aimé dans les comics. Découvrez Arthur Curry (Jason Momoa), héritier d'un amour interdit entre Tom, gardien de phare (Temuera Morrison) et la reine Atlanna (Nicole Kidman), de la légendaire cité sous-marine d'Atlandide. Arthur grandit ainsi entre terre et mer, depuis le départ précipité de sa mère, pour le protéger.

Rejeté par la Surface (notre monde) et Atlantide, qu'il déteste tout autant, Arthur devra quand même s'y rendre pour sauver les deux mondes. Une guerre est, en effet,  imminente, sous l'impulsion de son demi-frère Orm (Patrick Wilson). Dans cette aventure, Arthur pourra compter sur Mera (Amber Heard), princesse et guerrière, et Vulko (Willem Dafoe) son mentor. Alors, James Wan a-t-il réussi un grand film ou une histoire qui coule à pic ?

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Aquaman - Bande Annonce Officielle 2 (VOST) - Jason Momoa / Amber Heard

Un raz-de-marée de clichés

James Wan a voulu réaliser son film comme il l'entendait et qu'importe si cela flirte avec le nanar. Entre éclats de rires et soupirs, le long-métrage de 2h20 ne manque pas de rebondissements. Le scénario est classique : un héros perdu, rejeté par ses pairs, qui doit faire ses preuves en sauvant le monde, le tout accompagné par Mera, une héroïne bien plus forte que lui, mais sous exploitée.

Les méchants ont le charisme d'une huître : Patrick Wilson et sa coupe de cheveux nous rappellent un certain Drago Malefoy. Si son ambition peut avoir une certaine "noblesse" : faire payer à la Surface la pollution des océans, son ego et sa soif de pouvoirs n'ont rien d'inédit.

Black Manta (Yahya Abdul-Mateen II) a beau avoir une armure atlante ultra-technologique, il est ridicule avec ses gros yeux rouges. Il se fait d'ailleurs expulser de la scène en trois coups de trident. Quant à sa vengeance, on n'y croit pas une seule seconde. Difficile de ressentir de l'empathie pour ce personnage, à la différence d'Erik Killmonger (Michael B. Jordan) dans Black Panther.

Il y a aussi l'histoire d'amour d'Aquaman pour Mera. On aurait préféré que James Wan s'en passe, mais cela fait partie des comics. Alors là, sortez les violons, puisque Mera et Arthur commencent à avoir des sentiments l'un pour l'autre en Sicile. Dans un petit village de carte postale qui rappellera les paysages fantasmés européens d'un Mamma Mia.

La naissance de cet amour est artificielle. Il ne manquerait plus qu'ils se mettent à danser pour être dans une comédie musicale et atteindre le summum du ridicule. Et on vous épargne la scène du baiser en plein milieu du champ de bataille.

L'écume qui pique les yeux (et les oreilles)

Le coucher de soleil typique d'une scène d'émotion est bien trop présent
Le coucher de soleil typique d'une scène d'émotion est bien trop présent Crédit : Warner Bros. Pictures & DC Comics

Si vous avez toujours pensé ne pas avoir l’œil pour repérer les fonds verts et les décors en carton-pâte, Aquaman vous prouvera le contraire. DC semble avoir retrouvé l'usage de la couleur, mais la saturation est telle qu'on a envie de fermer les yeux. Remarquez, on ne pourra pas reprocher à ce film de sortir de l'ambiance "dark" des précédents DC de Zack Snyder (Batman V Superman, Justice LeagueMan of Steel), qui se déroulent généralement sous une pluie battante dans les ruelles sombres de Gotham City.

Mention spéciale à James Wan pour l'arrivée dans la cité de l'Atlantide ou la descente de Mera et Arthur dans le royaume des Trench, ces piranhas géants aux dents acérées. Le réalisateur s'amuse avec toutes les références possibles d'Avatar à Star Wars, sans oublier Le Seigneur des Anneaux et Indiana Jones. On aime ou non, c'est à vous de découvrir ce spectacle.

Côté costumes, la robe méduse de Mera reste la tenue la plus réussie du film. Les gardes atlantes et leurs gros casques en plastique sont ridicules, tout comme la combinaison "impression écailles de poisson" d'Atlanna. Les fans des comics retrouveront quand même avec plaisir la tenue verte et dorée du super-héros. Enfin, la bande originale n'a rien du chant des sirènes. Le remix d'Africa de Toto par Pitbull en plein Sahara tombe à plat.

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Ocean To Ocean - Pitbull feat. Rhea - Aquaman Soundtrack [Official Video]

L'humour trop salé

Depuis Justice League, DC Comics essaye de faire du Marvel : des films épiques et drôles. Mais c'est un flop. Dommage pour Jason Momoa qui maîtrise parfaitement son personnage tantôt héroïque, tantôt je-m'en-foutiste, mais, il n'est pas au niveau du Flash d'Ezra Miller (Justice League) beaucoup plus frais et spontané et à des années-lumières d'un Star-Lord (Les Gardiens de la Galaxie), Iron Man (Avengers) voire de Thor.

Le film tente d'allier une intrigue "sérieuse" : une guerre entre frères, l'histoire d'Atlandide menacée par la pollution, avec des bulles d'air d'humour. Tout le monde est sérieux, conscient du danger imminent de la situation, sauf Aquaman. Mais ses "punchlines" tombent à plat : vous les avez découvertes dans les bandes-annonces. Les autres, vous les verrez venir de loin. 

Un film DC qui ose tout (et qui assume)

Aquaman oscille entre nanar et plaisir coupable. Comme un Sharknado (attaque de requins dans une tempête) avec un gros budget. Loin d'être "rafraîchissant" comme l'annonçaient certaines critiques américaines, ce film joue avec les clichés, assume son ton décalé.

On est très loin de la tension dramatique de Batman V Superman et cela fait du bien. Aquaman baigne (trop) dans la lumière, mais offre tout de même un sacré divertissement. 

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2018-12-19 08:01:00
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