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Langue française : quel est le point commun entre champagne, camping et champignon ?

Ce samedi 21 février, la matinale de RTL était en direct du salon de l’agriculture ; Muriel Gilbert a donc préparé un Bonbon… campagnard.

Illustration camping

Crédit : DOMINIQUE FAGET / AFP

Muriel Gilbert

Un Bonbon agricole, ce matin, amis des mots. Le Salon de l’agriculture, la campagne à Paris, le Bonbon sur la langue ne pouvait pas manquer ça. Au fait, vous êtes-vous jamais demandé d’où vient le mot “campagne” ? Eh bien… du “champagne”, figurez-vous. 

Alors, c’est vrai que quand on dit champagne ou campagne, ce ne sont pas tout à fait les mêmes images qui se présentent à l’esprit : dans un cas une flûte avec des bulles et les soirées de l’ambassadeur, dans l’autre des vaches qui mâchouillent l’herbe verte des pâturages. Vous remarquerez quand même une chose : les deux mots se ressemblent furieusement. Et ça s’explique.

Au départ, il y a le latin, comme souvent, avec le mot campus, qui désigne juste au départ une étendue de terrain plat. En ancien français, on trouve à la fois champaigne et champagne, devenu campaigne ou campagne au XVIe siècle, mot qui donc au commencement désigne une plaine – par opposition aux terres montagneuses. “La campagne par excellence est d’ailleurs la Beauce ou la Champagne”, explique le Dictionnaire historique de la langue française, cette région de Champagne qui a donné son nom à un vin pétillant de notoriété mondiale : le champagne !

Champagne, champion, champignon...

Dans la même famille, on trouve aussi le campagnol, ce rongeur qui vit… à la campagne, eh oui ! Et le champignon, littéralement “produit de la campagne”. Finalement, tous les mots en champ ou en camp, font partie de la famille. En premier lieu le camp, bien entendu, qui lui aussi a d’abord désigné une plaine, comme le champ, les deux mots ayant longtemps coexisté avec le même sens. Puis le champ s’est spécialisé pour définir une étendue de terre propre à la culture. Mais même le champion est un cousin ! Eh oui ! En passant par le champ de course, cet espace où l’on organise des compétitions sportives…

Et n’oublions pas le camping ! Il y a d’abord eu le verbe camper, le fait d’installer des troupes dans un camp, un bivouac en fait. Les Anglais ont piqué le mot au français XVIe siècle, et lui ont rajouté leur fameux ING en faisant de la chose un loisir tout ce qu’il y a de paisible : le camping, donc, terme que les Français ont récupéré en adoptant la pratique britannique… Quelques décennies plus tard naissait le camping à la ferme… bref le camping à la campagne… et la boucle est bouclée !

Faut-il écrire : les carottes rendent aimable ou aimables ?

La question du jour est maraîchère, à base de carottes, envoyée sur l’Instagram du Bonbon sur la langue par Anne, qui habite le Nord, près de Lille. “ Bonjour Muriel, m’écrit-elle, J’ai une question concernant la phrase : les carottes rendent aimable(s). Faut-il mettre un S ou non à aimable ? C’est par rapport au nom d’un traiteur de la métropole lilloise. Son nom d’entreprise est ‘Les carottes rendent aimable’. Au départ, il ne mettait pas de S, et ensuite il en a ajouté un.”

Et vous avez raison d’être surprise, chère Anne, “Les carottes rendent aimable”, c’est bien sans S à aimable, parce que c’est une généralité : on ne dit pas qui elles rendent aimable. En revanche, si j’écris “Les carottes rendent les gens aimables”, ou “les enfants aimables”, ou “les carottes rendent les grognons aimables”, là je mets un S car j’accorde au pluriel avec les enfants, les gens, ou les grognons ! Conseillez donc à votre traiteur de retirer son S… Avec un peu de chance, il ne devrait pas en prendre ombrage, avec toutes les carottes qu’il mange !

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